Magazine Le Mensuel

Nº 2891 du vendredi 5 avril 2013

general

L’or noir au Liban. Un enjeu colossal

Le ministre de l’Energie et de l’Eau du gouvernement démissionnaire, Gebran Bassil, affirme en janvier 2013, au congrès international pour l’énergie renouvelable à Abou Dhabi, que «la présence de gaz et de ressources pétrolières dans nos eaux territoriales est aujourd’hui une réalité». Il a donc invité les importantes sociétés pétrolières internationales à participer au prochain appel d’offres dont les résultats seront annoncés le 2 mai 2013.

«Le Liban est en train de se forger une place parmi les pays producteurs d’énergie. Il possède une importante richesse hydraulique, solaire et éolienne dont il ne profite presque pas», a indiqué le ministre Gebran Bassil.
Entre-temps, le Liban se prépare. La première phase d’inspection de la zone économique exclusive est entièrement achevée et les résultats obtenus sont très encourageants. Plusieurs compagnies nord-américaines, européennes, asiatiques, africaines et arabes ont déjà fait savoir qu’elles s’intéressaient au projet. Si tout va bien et se poursuit sur cette lancée, le Liban pourra, dès 2015, effectuer la première exploration du pétrole.
Le Liban est l’un des pays prometteurs dans le domaine de l’or noir méditerranéen. Malheureusement, d’autres pays comme la Turquie, la Grèce, Chypre, Israël ou la Syrie, sont mieux préparés. Pour être prêt, le Liban devra assurer un cadre législatif bien ficelé, un comité de régulation bien préparé, ainsi qu’une bonne industrie locale.
Le dossier du pétrole commence à intéresser plusieurs pays tant au niveau stratégique qu’au plan de l’investissement. L’Iran, les Etats-Unis, l’Europe et la Russie s’intéressent de près au dossier. Malgré la crise syrienne, qui suscite un intérêt certain des grands pays, le dossier du pétrole occupe une place prépondérante dans les priorités. Des centres arabes de stratégie se penchent sur la zone économique libanaise et de grands investisseurs libanais œuvrent à avoir accès à ce marché. Le ministère de l’Energie avait dévoilé, il y quelques mois, qu’il y aurait cinq grands champs de gaz au nord du Liban, ainsi que quatre puits au Sud. Le Liban prend donc sa place sur la carte pétrolière de la région.
Le 18 avril, les compagnies retenues parmi celles qui ont présenté leurs demandes et appels d’offres pour l’exploration du pétrole et du gaz dans les eaux libanaises devraient être connues. Les permis seront délivrés le 2 mai.
Des informations ont filtré faisant état des noms de grandes compagnies qui seraient éventuellement intéressées par ce dossier. Le Liban a vendu des renseignements à une trentaine de compagnies de 19 pays, pour un total de plus de 110 millions de dollars. Près de 97 ont eu accès au formulaire d’offres à travers le site Internet du ministère de l’Energie.
Selon une étude américaine du US Geological Survey Découverte, les fonds marins libanais abriteraient 3454 milliards de mètres cubes de gaz et 1,7 milliard de barils de pétrole. Plusieurs compagnies américaines seraient intéressées et ont obtenu les renseignements nécessaires. Mais outre les sociétés américaines, des compagnies de plusieurs pays sont en ligne: la Malaisie, le Japon, l’Espagne, la Turquie, la Norvège, le Danemark, l’Autriche, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Hollande, l’Italie, l’Allemagne, le Canada, la Corée du Sud, le Brésil, la Suisse et l’Australie. C’est dire l’importance du dossier.  
Dans les prochaines années, l’exploitation des réserves en gaz et pétrole du Liban pourrait bien devenir l’un des enjeux du pays. Les experts estiment que les revenus de l’exploration de ces réserves au large des côtes libanaises pourraient couvrir dix fois la dette publique nationale. Avec la démission du gouvernement, il est important que le pays poursuive sur la lancée pour être prêt et pouvoir profiter de son or noir le plus tôt possible. Le sera-t-il?

Arlette Kassas

Les compagnies intéressées
Parmi les quarante compagnies qui ont déjà acheté des renseignements sur le dossier: Chevron, Esso exploration, Marathon, Occidental oil, Conoco philipps (Etats-Unis), Petronas (Malaisie), Repsol (Espagne), Tpao (Turquie), JX Nippon, Inpex (Japon), Statoil asa (Norvège), Omv (Autriche), Shell (Hollande), Total SA, GDF (France), Lukoil overseas (Russie), Dong, Maersk oil (Danemark), Cain energy, BP exploration, Premier oil (Grande-Bretagne), Rwe (Allemagne), Talisman energy plc (Canada), Eni Spa, Edison (Italie), Knoc (Corée), Petrobras (Brésil), Woodside energy Ltd. (Australie), Vital SA (Suisse-grande Bretagne).
 

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