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Nº 3015 du vendredi 21 août 2015

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Interview

Abdel-Majid Saleh, député de Tyr. «Rien ne peut porter atteinte au dialogue»

L’arrestation à l’Aéroport international de Beyrouth du cheikh Ahmad el-Assir, l’imam salafiste de la mosquée de Abra, alors qu’il tentait de s’enfuir sous une fausse identité au Nigeria, en passant par l’Egypte, a été au centre d’un entretien avec le député de Tyr et membre du bloc parlementaire du Développement et de la Libération, Abdel-Majid Saleh.

Que pensez-vous de l’arrestation d’Ahmad el-Assir?
C’est un jour de joie et de bonheur pour tous les Libanais et, en particulier, pour les familles des martyrs de l’Armée libanaise. Cette arrestation a eu des effets positifs sur la classe politique, ainsi qu’auprès des citoyens. La joie est proportionnelle à l’ampleur des crimes commis par Ahmad el-Assir et sa bande qui ont assassiné des soldats de l’armée. Il a également tenté d’instaurer un émirat islamique et de semer la discorde entre sunnites et chiites. C’était un voyou, un homme de la rue dont le comportement et l’attitude ne reflètent en rien l’honorable communauté sunnite à laquelle il appartient et qui n’a rien à voir avec ses agissements.

Pourtant, certains voient que son arrestation peut creuser encore plus le clivage sunnite-chiite…
La communauté chiite a été copieusement insultée et agressée par Assir, mais aucun chiite n’a attaqué un sunnite, car ils savent parfaitement qu’Ahmad el-Assir ne représente pas la communauté sunnite. Cet homme était une bombe à retardement qui a été désamorcée. Toutes les réactions enregistrées visant à créer un environnement favorable au cheikh salafiste ne servent à rien. Rien ne portera atteinte ou mettra un frein au dialogue qui a lieu entre le Courant du futur et le Hezbollah et aucune réaction ne va envenimer les relations entre sunnites et chiites. C’est peut-être le souhait de quelques-uns d’exacerber les tensions entre les deux communautés, mais j’estime qu’il y a suffisamment de prise de conscience des deux côtés pour éviter tout dérapage. Ahmad el-Assir ne représente pas les sunnites. La coordination entre les différents services de sécurité coupera court à tout terrorisme. Chaque main qui a été levée sur l’armée va être punie. Le terrorisme est aveugle. Il ne fait aucune distinction entre sunnite, chiite et chrétien. Toutes les tentatives pour créer un environnement favorable au terrorisme pour importer au Liban Daech et ses semblables ont échoué.

Pourrait-on assister à une répétition du scénario de Chadi Maoulawi?
Saad Hariri a félicité les services de sécurité pour cette opération. Ce scénario ne se répètera pas. Nous avons tous participé aux obsèques des martyrs et personne ne peut accepter l’idée d’un compromis. Au nom de la coexistence et du vivre-ensemble, il faut que ce terroriste paie le prix de ses crimes.

Qui protégeait Ahmad el-Assir et comment a-t-il pu se déplacer sans être inquiété?
Il ne faut pas devancer les investigations. Assir va tout révéler durant son interrogatoire et, en particulier, qui lui a fourni l’aide et l’assistance financières et militaires.

Certaines rumeurs parlent du Courant du futur…
L’investigation vient de commencer. Assir avait un financement local et international qui lui a fourni les armes nécessaires et l’a aidé à faire circuler celles-ci. Son rêve était de créer un émirat islamique. Avant de se prononcer et de lancer des accusations à tort et à travers, attendons la fin de l’interrogatoire. Il faut lire la position de Saad Hariri qui a félicité les services de sécurité pour leur exploit. Je considère l’arrestation d’Ahmad el-Assir comme une pêche très précieuse.

Vous attendez-vous à des révélations fracassantes?
Personne ne va accepter aujourd’hui des demi-vérités. Tout le monde veut savoir l’histoire entière. Il y a des parties internationales qui ont participé au phénomène Ahmad el-Assir et qui, pour cela, ont joué sur la fibre sentimentale et confessionnelle. Le démantèlement des réseaux terroristes montre une étroite collaboration entre les différents services de sécurité.
 

Propos recueillis par Joëlle Seif

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