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Nº 3021 du vendredi 2 octobre 2015

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Ghazi Youssef, député du Futur. «La Syrie risque la partition»

Dans une interview accordée à Magazine, le député de Beyrouth, Ghazi Youssef, considère que la situation en Syrie n’est pas encore claire, que tous les scénarios sont plausibles même celui de la partition. Dans un autre registre, il a assuré que le Courant du futur n’acceptera les promotions qu’à la condition que le gouvernement redevienne productif.

Aujourd’hui, les développements en Syrie s’accélèrent. Il semble que la Russie y joue désormais un rôle prépondérant avec l’aval des grandes puissances. Comment expliquez-vous ce revirement de la communauté internationale qui ne rejette plus catégoriquement l’idée de travailler avec Bacher el-Assad pour une période transitoire?
En effet, la situation en Syrie se complique de plus en plus et la Russie semble devenir un acteur principal sur la scène du Moyen-Orient. Mais les choses ne sont pas aussi claires qu’il n’y paraît. Nous avons entendu des déclarations contradictoires à l’Onu, à la récente réunion à New York. Certes, Vladimir Poutine campe sur ses positions et insiste pour maintenir en place le régime syrien sous prétexte de lutter contre les islamistes, mais le président français, François Hollande, a assuré, haut et fort, qu’Assad ne peut pas faire partie d’une solution politique au conflit, puisqu’il est responsable du chaos qui y sévit. La position des Américains reste incertaine, bien que le président Barack Obama ait qualifié Assad de tyran. Au cours de cette Assemblée générale des Nations unies, il y a eu aussi une confrontation entre Obama et Poutine sur ce sujet, ne l’oublions pas… Attendons de voir dans quel sens vont évoluer les événements.

Croyez-vous en cette période de transition dont on entend parler? Sortira-t-elle le pays de la guerre?
Après le flot de migrants qui se sont rendus en Europe, la communauté internationale s’active pour trouver une solution en Syrie. L’important est que cette solution ne se fasse pas aux dépens du peuple syrien qui souffre et se bat pour sa liberté et sa dignité. L’essentiel est que les grandes puissances ne s’empressent pas de raccommoder les choses à l’aveuglette, au risque de le payer, plus tard, en réglant à la va-vite le problème des migrants. Dans le pire des cas, nous risquons de voir Bachar el-Assad rester au pouvoir. Dans le meilleur des cas, le conflit sera réglé indépendamment du président syrien qui sera mis de côté.

Quelles sont les répercussions de la nouvelle donne sur le Liban?
Un nouveau flot de réfugiés arrivera certainement au Liban, du fait des déplacements inquiétants de population.

Certains observateurs voient dans ces déplacements de population la partition en Syrie. Ce scénario est-il plausible?
Tout à fait. La Syrie risque la partition.

Vladimir Poutine a non seulement défendu Bachar el-Assad, mais il a proposé la formation d’une coalition Russie-Iran-Irak-Syrie pour combattre l’Etat islamique, affichant clairement son harmonie avec le président iranien, Hassan Rohani. Qu’en pensez-vous?
Cette coalition que vous évoquez n’a pas encore vu le jour. Si elle se réalise, ce sera extrêmement dangereux pour toute la région. Nous assisterons à la mise en place d’un nouvel ordre. De nouveaux rapports de force seront établis, notamment entre l’Iran et les pays arabes qui ne verront pas d’un bon œil les ingérences perses dans leur région.

Dans son dernier discours, sayyed Hassan Nasrallah a laissé entendre que le Liban restera dans une situation d’attentisme pour le moment. Partagez-vous son avis?
Non. Nous souhaitons et espérons qu’un président de la République soit très bientôt élu. Le Liban ne peut pas rester en suspens, en attendant les solutions régionales qui peuvent tarder plus qu’on ne le croit.

Le Courant du futur a empêché les nominations militaires. Saad Hariri n’y opposerait pas de veto, mais Fouad Siniora préfère mettre des bâtons dans les roues. Comment justifiez-vous cette attitude?
Au Futur, les avis sont unanimes. Il n’y aura de nomination qu’à une seule condition: activer le rôle du gouvernement.

Propos recueillis par Danièle Gergès

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