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Nº 3046 du vendredi 25 mars 2016

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DOSSIERS

Une stratégie gagnant-gagnant. Un cercle vertueux pour de meilleures pratiques

Soutenue au niveau mondial par le Global Compact des Nations unies, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) fait de plus en plus d’émules, y compris au Liban où les grandes entreprises ont intégré ce concept dans leurs stratégies.

«Aujourd’hui, le Pacte mondial constitue la plus importante initiative au monde dans le domaine de l’entreprise. Il a poussé les entreprises à adopter des principes universels et à s’associer avec l’Onu pour s’attaquer aux grands problèmes. Il est devenu synonyme de responsabilité des entreprises». Cette déclaration du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, formulée, en janvier 2009, au Forum économique mondial de Davos, montre, s’il en était encore besoin, l’importance prise par la responsabilité sociale aujourd’hui.
Lancé au Forum de Davos, en 1999, par son prédécesseur, Kofi Annan, le Pacte mondial, ou United Nations Global Compact, invite les entreprises à adopter, soutenir et appliquer dans leurs sphères d’influence un ensemble de dix valeurs fondamentales. Celles-ci touchent principalement les droits de l’homme, les normes de travail et de l’environnement ou, encore, la lutte contre la corruption. L’initiative devient opérationnelle un an plus tard. La Fondation pour le Pacte mondial sera créée ensuite le 20 avril 2006. Y siègent plusieurs groupes représentatifs du monde de l’entreprise: vingt leaders issus des milieux d’affaires, du monde syndical et de la société civile. Aujourd’hui, ce sont des centaines de sociétés et d’organisations internationales du travail ou de la société qui participent au Pacte mondial.
Une adhésion à ce pacte n’est pas à prendre à la légère ou juste pour se donner bonne conscience. Car elle induit un certain nombre de devoirs et de comptes rendus de la part des entreprises qui s’engagent. Et ce, chaque année. Quelle que soit la taille de l’entreprise, celle-ci doit intégrer la responsabilité sociale au sein de sa stratégie et donc de son activité. Toutes ses parties prenantes employés, managers, patrons, fournisseurs, clients, doivent être informées afin qu’elles puissent, elles aussi, appliquer les principes du Pacte mondial. Chaque année, des objectifs mesurables doivent être mis en place et une communication associée, sous forme de rapport, transmise à la Fondation du Pacte mondial. En bref, il s’agit pour l’entreprise de démontrer sa volonté et son implication à mettre en œuvre de bonnes pratiques.
 

Réseaux dans 70 pays
Par ailleurs, des réseaux locaux, aujourd’hui étendus dans plus de 70 pays et régions, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe et en Amérique, rassemblent les entreprises participantes pour promouvoir le Pacte mondial. Le rôle des réseaux locaux est d’abord d’aider les entreprises (aussi bien les sociétés locales que les filiales de sociétés étrangères) à appliquer les dix principes et de promouvoir les projets de partenariat et les initiatives collectives. Les réseaux contribuent aussi à l’apprentissage en organisant des activités et des manifestations et en faisant connaître aux participants les grands objectifs des Nations unies.
En plus de cela, des réunions et ateliers sont organisés dans le monde entier sur des problématiques précises touchant à la mondialisation ou au civisme social. Parmi les thèmes abordés, le rôle du secteur privé dans les zones de conflit, dans les entreprises et le développement durable ou, encore, la lutte contre la discrimination et la promotion de l’égalité au travail.
Chaque année, depuis 2003, les entreprises signataires doivent présenter une communication sur le progrès. Cette disposition demande aux sociétés participantes de communiquer avec leurs parties prenantes (consommateurs, employés, syndicats, actionnaires, médias, pouvoirs publics, etc.), chaque année, sur les progrès accomplis dans l’intégration des principes du Pacte mondial. La communication doit être incluse dans les rapports de l’entreprise (rapport annuel ou rapport sur l’activité de l’entreprise du point de vue du développement durable). Preuve que ce rapport est important, si les entreprises ne le présentent pas, elles peuvent être rayées de la liste des participants au pacte.

 

Question de réputation
Au Liban, de plus en plus d’entreprises intègrent la responsabilité sociale dans leurs stratégies de développement. Les banques en tête mais pas seulement. Car la responsabilité sociale, si elle est bien appliquée, produit un cercle vertueux. Certaines banques stipulent dans leurs contrats une clause relative aux principes du Pacte mondial et demandent à leurs clients ou partenaires de respecter, eux aussi, ces principes. Une banque, par exemple, pourra refuser de négocier un contrat avec une entreprise qui emploie des enfants ou qui ne respecte pas, dans ses pratiques, l’environnement. Si cette entreprise souhaite obtenir son contrat, elle devra se plier à cette nouvelle exigence éthique.
En devenant responsables socialement et en communiquant sur leurs actions, il est bien évident que les banques ou autres acteurs économiques jouissent de fait d’une meilleure réputation auprès du grand public. Ils montrent qu’ils s’engagent auprès de la communauté, pour le bien du pays. Ce n’est pas tout. Car une réelle stratégie de responsabilité sociale peut être, aussi, génératrice de profits, pour l’entreprise impliquée. L’analyse de l’empreinte carbone et la prise de mesures pour réduire la facture énergétique feront, certes, du bien à l’environnement, mais auront aussi pour effet de réduire les coûts pour l’entreprise. C’est donc souvent une stratégie gagnant-gagnant. Par ailleurs, le fait d’être socialement responsable permet aussi de mieux s’exporter à l’international. L’attribution de marchés internationaux prend en effet de plus en plus en compte, surtout en Europe ou sur le continent nord-américain, des bonnes pratiques commerciales. De grandes institutions comme la Banque mondiale, les Nations unies, l’Union européenne ou même certains Etats privilégient désormais les entreprises qui appliquent leurs pratiques de RSE.
Les consommateurs, mieux informés aujourd’hui, font également attention à l’image des entreprises. En 2013, un sondage effectué par l’agence américaine Cone Communications et Echo Research révélait que 90% des sondés sont prêts à boycotter une marque aux pratiques jugées irresponsables. Le récent scandale du diesel qui a touché la marque automobile allemande Volkswagen est là pour le rappeler. Une entreprise qui aura construit sa réputation durant de longues années peut voir ses efforts anéantis du jour au lendemain, en quelques minutes. Avec non seulement une crise d’image auprès du public, mais aussi des pertes financières lourdes, avec des titres cotés en Bourse qui peuvent s’effondrer.
Bien évidemment, les entreprises cherchent également leur profit. Elles ne font pas du bénévolat ni de la charité. Il s’agit donc pour elles de trouver un équilibre entre recherche de profits et de croissance et instauration de bonnes pratiques. Ce qui change donc ici, c’est non pas la recherche du profit, mais plutôt la manière de le générer. Pour certaines, il s’agira de revoir toute son empreinte carbone pour réduire sa facture énergétique, en investissant dans les énergies renouvelables. Il peut s’agir, aussi, de traiter différemment son personnel, en appliquant strictement les droits de l’homme, les droits de l’enfant et en favorisant la mixité tant sociale que homme-femme, dans l’entreprise. Les entreprises gagneront, par exemple, des employés plus motivés et impliqués dans la vie de l’entreprise.

Jenny Saleh
 

Les dix principes du Pacte mondial
Les dix valeurs essentielles ont été inspirées par la Déclaration universelle des droits de l’homme, la déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail, l’Organisation internationale du travail, la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement et, enfin, la Convention des Nations unies contre la corruption.
Droits de l’homme Les entreprises sont invitées à promouvoir et à respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’homme dans leurs sphères d’influence et à veiller à ce que leurs propres compagnies ne se rendent pas complices de violations des droits de l’homme.
Normes du travail Sont concernées la liberté d’association, reconnaître le droit de négociation collective, l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire, l’abolition du travail des enfants, l’élimination de la discrimination en matière d’emploi.
Environnement Les entreprises sont appelées à entreprendre des initiatives et des pratiques plus responsables et respectueuses de l’environnement. Elles doivent favoriser et diffuser des technologies respectueuses de l’environnement.
Lutte contre la corruption Les entreprises sont invitées à agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris l’extorsion de fonds et les pots-de-vin. En somme, miser sur plus de transparence.

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