Magazine Le Mensuel

Nº 3071 du vendredi 4 novembre 2016

Confidences sécurité

Confidences sécurité

Mad max look pour le Hezbollah
La participation du Hezbollah au conflit en Syrie lui a permis d’accumuler une grande expérience dans la guerre offensive, une évolution qui inquiète les Israéliens. Le parti a aussi adapté son matériel militaire aux conditions géographiques et climatiques de son terrain d’intervention. Après le développement du missile Bourkan (Volcan), d’une portée de quelques kilomètres seulement, mais avec une charge explosive pouvant aller jusqu’à 600 kg, les responsables de l’armement du parti ont renforcé le blindage des véhicules militaires et les ont repeints aux couleurs du désert syrien. Un attaché militaire en poste à Beyrouth a commenté en déclarant que le Hezbollah se met au look de Mad Max.

Le passage de Joussié rouvert
Le point de passage frontalier de Joussié, entre le Liban et la Syrie, qui relie le Hermel à Homs, a été rouvert après quatre ans de fermeture à cause de la guerre. Les travaux de réhabilitation des installations, endommagées par les combats, ont duré deux mois. Joussié a une capacité de traitement de 3 000 formalités par jour, ce qui permettra de désengorger le passage de Masnaa.

Ali Mamlouk très courtisé
La visite au Caire, à la mi-octobre, du patron des services de sécurité syriens, le général Ali Mamlouk, a été interprétée, par des observateurs, comme la fin de l’ostracisme qui frappe le régime de Damas depuis plus de cinq ans. Mais des sources bien informées révèlent que les rencontres entre cet officier baassiste sunnite et des homologues étrangers ont repris depuis un certain temps. Ali Mamlouk reçoit fréquemment, à Damas, des émissaires de SR arabes et européens. Ce sont surtout les Italiens qui le voient le plus souvent, et une visite de M. Mamlouk à Rome a même été envisagée. Le Liban ne déroge pas à la règle. Tous les deux mois, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, se rend à Damas, mandaté par les autorités libanaises, pour un tour d’horizon de la situation sécuritaire.   

850
soldats et officiers des forces spéciales russes seraient déployés au sol dans la région d’Alep pour superviser directement les opérations militaires, croient savoir des sources libanaises bien informées. Ce contingent est surtout chargé de l’élaboration des plans de bataille et de l’encadrement des troupes régulières syriennes. Un autre contingent russe non moins important serait déployé dans et autour de la cité antique de Palmyre, pour empêcher le retour de Daech.

Combats fratricides
Une source proche de l’opposition syrienne à Beyrouth a rapporté que des combats ont opposé, début octobre, l'armée syrienne à une milice locale chiite soutenue par le Hezbollah, dans la localité d’Oum Haratein, près de l’autoroute Homs-Tartous. A l’origine de ces affrontements, selon la même source, l’arrestation par les forces du régime d’un contrebandier protégé par le Hezbollah. Les combats, qui ont duré des heures, ont fait des victimes des deux côtés.  

La bombe de Chuck Grassley
Des sources juridiques à Beyrouth affirment qu’un groupe d’avocats libanais s’apprête à réclamer la réouverture de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, après les propos du sénateur de l’Iowa, Chuck Grassley (82 ans), qui préside la Commission juridique du Sénat.
Dans une interview accordée à la revue Politico, en octobre, l’élu américain, qui siège au Sénat depuis 1981, avait accusé Israël d’avoir assassiné Rafic Hariri avec la participation active de l’Arabie saoudite.

Le scénario du pire: La disparition du Liban
Une étude sur les réfugiés syriens, élaborée par le think tank d’une grande école à Beyrouth, met en évidence des chiffres effrayants qui devraient inciter le gouvernement libanais à faire de cette question une urgence nationale absolue. Selon l’Organisation mondiale du travail (OIT), la durée moyenne de l’hébergement des réfugiés par le pays d’accueil s’élève à dix-sept ans. Plus grave encore, une autre étude du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) montre que 30 à 35% des réfugiés finissent par s’installer définitivement dans le pays d’accueil. Ces données signifient que le Liban est appelé à accueillir sur son sol, d’une manière définitive, 450 000 réfugiés syriens, un scénario qui provoquera forcément l’effondrement du modèle social libanais et, par conséquent, la disparition du Liban tel que nous le connaissons.  

450 agents de la CIA au Liban
Des sources bien informées affirment que 450 agents de la CIA se trouvent en permanence au Liban, ce qui fait de l’antenne de l’agence du renseignement américain au pays du Cèdre la plus importante de la région. Ces sources indiquent que cette armée d’agents secrets supervise, à partir du Liban, les opérations de la CIA en Syrie, en Irak et dans d’autres pays de la région.
Rappelons que les Etats-Unis ont commencé la construction d’un immense complexe à Naccache pour abriter leur nouvelle ambassade. Le coût du projet s’élève à un milliard de dollars. Le complexe abritera le siège régional de la CIA et une annexe du Pentagone.
Ces sources indiquent que l’installation au Liban de cette plateforme sécuritaire à vocation régionale est l’une des principales raisons pour lesquelles Washington souhaite que la stabilité du pays soit préservée.

Dix cellules démantelées en un mois
Selon une source de sécurité, les opérations préventives menées par les services concernés ont permis de démanteler dix cellules terroristes entre le 15 septembre et le 15 octobre, l’arrestation d’une vingtaine de suspects et la saisie d’armes, d’explosifs et de matériel militaire. La source précitée croit savoir que le groupe Etat islamique et le Front al-Nosra ne disposent pratiquement plus de cellules dormantes au Liban, grâce à la stratégie de «harcèlement sécuritaire», qui les empêche de se réorganiser. Ces résultats probants sont à mettre sur le compte de la coopération étroite entre les trois principaux services de sécurité libanais.  

Qui protège Bassam el-Tarras?
Des milieux ministériels se disent étonnés de la poursuite des pressions politiques et religieuses sur la justice militaire pour la libération du cheikh Bassam el-Tarras, malgré les fortes présomptions de connivence avec des groupes terroristes qui planent sur lui. Le dignitaire religieux sunnite est suspecté de liens avec la cellule responsable de plusieurs attentats à l’explosif dans la Békaa. Le cheikh Tarras aurait avoué, aux enquêteurs du service de renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI), qu’il avait rencontré des membres d’une organisation terroriste, qui lui ont fourni une clé USB codée pour crypter leurs échanges.

20 morts en octobre à Alep
Le Hezbollah a perdu 20 combattants en un seul mois, lors des combats qui se sont déroulés dans et autour de la ville septentrionale d’Alep. Parmi les morts, figure le commandant Hatem Hamadé (Abou Alaa), l’un des plus haut gradés du parti tombés en Syrie. Une soixantaine d’autres combattants ont été blessés en octobre. Selon diverses sources, le Hezbollah aurait perdu, en Syrie, depuis le printemps 2013, près de 1 200 combattants, dont une vingtaine de ses plus hauts commandants, y compris son chef militaire suprême, Moustafa Badreddine.    

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