Magazine Le Mensuel

Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Combien ça coûte

Le lancement d’une start-up

A la base de toute création d’entreprise, un montant bien spécifique est nécessairement requis. D’après Antoine Bitar, directeur de Smart ESA, un Business plan «n’est finalement que le plan pour réussir son business. Les étapes à suivre pour l’élaboration d’une telle feuille de route sont toujours les mêmes: quel objectif cherche-t-on à atteindre? Quelle stratégie adopter pour y parvenir? Quels procédés d’exécution pour réussir?». M. Bitar assure qu’«il n’y a pas de règle générale ou de solution-miracle». Pour réussir son marketing, il faut bien connaître ses utilisateurs ainsi que leurs motivations.
 
Frais et budgets. «Fonder une société au Liban à moins de 5 000 $ serait une illusion», indique M. Bitar. L’essentiel repose davantage sur le capital requis que sur l’aspect légal qui, lui aussi, nécessite une part des frais. Il est, impératif d’avoir à sa disposition une somme suffisante d’argent pour tenir jusqu’à l’«arrivée» d’investisseurs intéressés par le projet. Nombre de jeunes entrepreneurs peinent à démarrer sans au moins 20 000 $, même s’ils font preuve de beaucoup de créativité et obtiennent des services gratuitement. Les dépenses varient surtout selon la «spécialisation» de la start-up. Un marketplace qui a peu misé sur le R&D (Recherche et Développement) aura surtout besoin d’un bon plan marketing.
Dans le cas contraire, une start-up spécialisée dans l’innovation technologique devra entreprendre un énorme travail de recherche. Toutefois, dans presque tous les cas, la première ligne de dépenses consiste dans le recrutement de talents.
Toute création d’entreprise ou de société nécessite d’abord l’accomplissement de diverses formalités administratives. Le coût des démarches légales n’étant pas important pour le lancement de toute start-up, il n’en demeure pas moins qu’un dépôt des statuts de la société et l’enregistrement aux registres concernés pour l’activité en question sont cruciaux. Une fois l’idée développée, il faudra bien installer les locaux quelque part. Les jeunes entrepreneurs optent souvent pour leur domicile. D’autres préfèrent louer un bureau. Il faudra donc compter entre 300 et 500$ par mois selon l’espace nécessaire. A ne pas négliger aussi, l’acquisition d’un matériel de bureaux et d’un budget dédié à la promotion de l’entreprise. Ainsi, cartes de visites, flyers et autres objets promotionnels destinés à accroître la notoriété de la jeune entreprise peuvent avoisiner les 500$. Quant au salaire des premiers embauchés, il devrait tourner autour des 1 000$ selon la spécialisation.

Les démarches
D’après des études américaines, 85% des startups échouent au bout de 5 ans. Autant dire qu’il faut vraiment y croire et accepter le risque de «perdre». Pour réussir, au-delà d’une bonne idée, il faut pouvoir compter sur une bonne équipe pour exécuter le projet, de l’argent pour durer et un bon timing. Il faut au moins 3 ans pour qu’une start-up commence à gagner de l’argent. L’USJ avait soutenu, il y a quelques années, la création de Berytech, même si celle-ci fonctionne indépendamment de l’université. Avec Smart ESA, l’ESA a été la première université à lancer son incubateur intégré. L’AUB vient d’annoncer le sien. Des incubateurs privés existent aussi comme Speed, UK Tech Hub ou Alt City. Tous sont complémentaires et sont soutenus par la Banque centrale du Liban, qui a créé une véritable dynamique grâce à sa circulaire 331.

Natasha Metni

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