Partenariat public-privé. La transparence, est un must
Logo

Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Partenariat public-privé. La transparence, est un must

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Partenariat public-privé. La transparence, est un must
    Un tiers des fonds promis par la communauté internationale lors de la conférence de Paris iront à des projets confiés au secteur privé.   Alors que CEDRE, la conférence internationale de...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Un tiers des fonds promis par la communauté internationale lors de la conférence de Paris iront à des projets confiés au secteur privé.
 

Alors que CEDRE, la conférence internationale de soutien au Liban organisée le 6 avril à Paris, a permis au pays de récolter 11,5 milliards de dollars en prêts et dons, un tiers de ces fonds doivent être alloués à de grands projets d’infrastructure sous forme de partenariats public-privé (PPP).
Le Capital Investment Program (CIP) présenté par le gouvernement libanais le mois dernier dans la capitale française aux bailleurs de fonds étrangers s’étend sur douze années avec un coût estimé à 23 milliards de dollars.
L’investissement de la première phase de ce plan (4 ans) est lui, évalué à 10,1 milliards de dollars, soit un peu moins que le montant obtenu par Beyrouth auprès de la communauté internationale.
Près de 3,5 milliards de dollars serviront à financer des ouvrages publics d’envergure sous forme de partenariats public-privé. Les premiers chantiers devraient être lancés d’ici deux ans.
En transférant ces investissements au secteur privé, l’Etat évite ainsi d’alourdir une dette de 80,4 milliards de dollars.
Quatre projets ont déjà présentés le 28 mars dernier par le Haut conseil pour la privatisation et les partenariats (HCPP) aux entreprises. Il s’agit de l’agrandissement de l’aéroport de Beyrouth, de la construction de l’autoroute Khaldé-Nahr Ibrahim (avec péage), de la construction de deux centrales électriques et de la création d’un centre national de données.
Si les sommes conséquentes promises à Paris refont souffler un vent d’optimisme quant à l’aboutissement de ces nombreux chantiers – 250 projets au total –, nombre d’observateurs ont émis de sérieuses réserves sur la capacité des décideurs politiques à assurer les conditions favorables à la réussite de ces projets.
Lors d’une conférence organisé à la Suliman S. Olayan School of Business (AUB) trois jours avant la réunion de Paris et intitulée Vers des PPP transparents et responsables, le secrétaire général du HCPP, Ziad Hayek, a rappelé l’importance de la transparence dans la conclusion de ces partenariats entre l’Etat et les entreprises.
Artisan de la loi sur les PPP adoptée en août dernier, Ziad Hayek est longtemps revenu sur ce concept que la nouvelle législation en vigueur – qui prévoit la consultation de toutes les parties prenantes à chaque étape du projet – est désormais censée garantir.
«On ne peut pas faire de PPP sans transparence. S’il y a de la corruption, qu’elle soit réelle ou perçue, alors le projet ne pourra être mis en place ou, s’il est mis à exécution, il rencontrera des difficultés. Or, le Liban a un historique en matière de non respect de la loi», a martelé l’artisan de la loi sur les PPP. Réclamée depuis dix ans par le monde des affaires, la nouvelle législation prône la consultation de toutes les parties prenantes (ministères, municipalités, société civile, etc.) à chaque étape d’un projet. «La question est de savoir si le gouvernement actuel et les prochains appliqueront la loi sur les PPP ou s’ils continueront à conclure des contrats entre ministères sans qu’il y ait de partage de la responsabilité et des informations. Cela est désormais entre les mains des politiciens». 

Attirer les étrangers
Avec ce nouveau cadre, le pays espère attirer les investissements étrangers sur lesquels il mise pour financer une partie de ses travaux de modernisation.
«Le fait que le pays se soit doté d’une loi sur les PPP est définitivement une valeur ajoutée qui devrait susciter l’appétit des investisseurs au Liban», a reconnu Saad Sabra de la Société financière internationale (Banque mondiale). «Mais il y a d’autres considérations à prendre en compte comme l’amélioration du profil de crédit propre à ces projets. La baisse du risque peut se faire en mettant en place un pool de fonds spécifiques qui faciliterait leur concrétisation, ou à travers l’instauration de nouvelles garanties», a poursuivi Saad Sabra. «C’est l’essence de la conférence CEDRE qui vise à provoquer l’appétit du secteur privé à travers des mécanismes incitatifs. Il s’agit même à plus long terme de transférer le risque du secteur public vers le secteur privé, et de ne pas se contenter de la seule amélioration de la réglementation».
Relégué à la 133e place sur 190 pays au classement 2018 du rapport Doing business de la Banque mondiale, le Liban pâtit de la détérioration de son climat des affaires ces dernières années.
Le dernier investissement direct étranger réel remonte à la présence au Liban de Cadbury Adams, qui produisait le chewing-gum Chiclets jusqu’à la fermeture de son usine de Zouk Mikhael en 2013.
«Dans le passé, on pouvait attirer des investisseurs qui venaient et prenaient en charge un secteur entier de l’économie, comme celui de la Poste. Aujourd’hui, ceux-ci sont très réticents à s’engager avec le gouvernement libanais. Il y a beaucoup de PPP que nous n’avons pas été en mesure de remporter. Certains ont été remportés et n’ont pu être achevés», a déploré Ziad Hayek.
S’il veut renouer avec les Investissements directs étrangers (IDE), le Liban devra enfin mettre en place la série de réformes structurelles destinées à relancer la compétitivité de ses entreprises. Parmi elles, le budget 2018 a été adopté in extremis, le 29 mars dernier, soit une semaine avant la rencontre du Liban avec les bailleurs internationaux à Paris.

Philippine de Clermont-Tonnerre

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

Santé

La migraine. Bientôt un nouveau traitement
Définie comme étant un état de sensibilité excessive du corps aux stimulations ou aux changements d’environnement intérieurs ou extérieurs, la…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved