Bouchra Boustany. La passion est la clé du succès
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Bouchra Boustany. La passion est la clé du succès

 
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    Conseillère en communication et évènementiel pour marque de luxe, Bouchra Boustany est la fondatrice et propriétaire de la plateforme Bouchra Consultancy.    Dans ce bureau, en plein cœur d’Achrafié, où elle...
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Conseillère en communication et évènementiel pour marque de luxe, Bouchra Boustany est la fondatrice et propriétaire de la plateforme Bouchra Consultancy.   

Dans ce bureau, en plein cœur d’Achrafié, où elle s’est installée il y a plus d’un an et qu’elle aménage petit à petit, tout est le fruit de son propre travail. Avec beaucoup de soin, Bouchra Boustany a choisi chaque pièce, du canapé, à la gravure jusqu’aux meubles. C’est là qu’elle nous reçoit et revient sur son parcours.
Après avoir vécu 15 ans à Paris pendant la guerre, elle est rentrée au Liban où elle a fait des études en Gestion et Management à l’université Saint-Joseph. «Mon rêve était de repartir tout de suite après en France mais mes parents m’ont convaincue de rester et de tenter ma chance ici», se souvient-elle. C’est ainsi qu’elle est acceptée pour un stage chez Aïshti dans le magazine de l’entreprise. Deux ans plus tard, la carrière de Bouchra Boustany évolue. «A 23 ans, je me suis retrouvée responsable du département marketing, événementiel et relations publiques du groupe, sous la direction directe du CEO Tony Salamé». Son souhait de partir en France est vite oublié. «Cette expérience m’a beaucoup appris à tous les niveaux. J’ai développé une passion pour mon travail, et c’est grâce à cette expérience que je me trouve là où je suis aujourd’hui».

Nouveau départ
Au bout de neuf ans et demi, Bouchra Boustany décide de partir pour faire autre chose. «Je ne savais pas encore exactement ce que je voulais faire donc j’ai accepté de travailler sur des missions ponctuelles en communication». L’architecte Nabil Dada fait appel à elle pour le lancement de son dernier projet, le cinéma de Beirut Souk et le Yacht Club. L’Atelier blanc la sollicite pour l’organisation de la célébration de son 5ème anniversaire. «A l’époque, j’étais seule, sans équipe. Malgré tout, je me suis lancée et j’ai décidé de relever le défi. Et voilà comment, quatre ans et demi plus tard, je me retrouve là». Grâce au bouche-à-oreille, Bouchra Consultancy commence à se développer et son portefeuille de clients s’épaissit.
Malgré son succès, Bouchra Boustany ne dort pas sur ses lauriers et estime qu’il lui reste encore beaucoup à faire. «Nous sommes une agence boutique où le service est très personnalisé et s’adapte aux besoins de chaque client. Celui-ci se sent privilégié». Cette passion pour son travail, elle tente de la transmettre à son tour à son équipe. «La passion est la clef du succès. Je transmets aussi à mon équipe le sens de l’engagement, la recherche du détail. Je souhaite toujours mettre mes clients en avant, jamais moi-même ou ma structure. La réussite de mes clients fait le succès de ma plateforme».
La concurrence ne fait pas peur à Bouchra Boustany qui croit fermement qu’il y a de la place pour tout le monde sur le marché. Lorsque ses idées sont copiées, elle répond tout simplement: «Nous définissons de nouvelles tendances».
Malgré tous les problèmes auxquels le Liban est confronté, le pays reste l’endroit qui permet de se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat plus facilement qu’un autre, affirme Bouchra Boustany. «A partir d’ici, je peux desservir le monde entier. Je suis convaincue que cela n’aurait pas été plus facile si j’étais basée à Paris ou à Dubaï », conclut-elle.

Joëlle Seif
Photos Milad Ayoub

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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