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Nº 3052 du vendredi 6 mai 2016

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Créé en 1956, le groupe Magazine fait partie des groupes de presse les plus anciens et les plus importants du Proche-Orient et du monde arabe. Au cours de sa longue existence, le groupe fut le témoin d'importants événements et traversa la guerre libanaise en affrontant toutes les difficultés. Aujourd'hui, premier groupe francophone, il touche le plus grand évantail de lecteurs de toutes catégories socio-professionnelles et se dote des moyens lui permettant d'espérer un avenir toujours meilleur... Parcourez avec nous l'histoire de notre Groupe:

1956 Lancement de Magazine. Généraliste libanais de langue française, Magazine est une revue hebdomadaire depuis sa fondation jusqu’à septembre 2016. A cette date, elle change de format, de contenu et de périodicité et devient un mensuel d’actualité politique, économique et lifestyle. Plus de la moitié de la publication est consacrée à l’économie, à la finance, à la fiscalité, au commercial, à l’industrie, à l’entrepreneuriat et au management.
Magazine le Mensuel reste une référence dans la perfection éditoriale et la qualité d’impression. Le traitement de l’actualité se fait sans complaisance et dans une indépendance totale.

 

1959 Le groupe édite un nouvel hebdomadaire généraliste en langue arabe: Ousbou Al ArabiDiffusé dans tous les pays arabes sans exception, Ousbou Al Arabi répond aux attentes des lecteurs arabes sur le plan politique et socio-économique. Ousbou Al Arabi a été parmi les premières revues à couvrir l'actualité panarabe et, grâce à sa crédibilité politique, a réussi à pénétrer dans tous les pays arabes. Un véritable exploit dans une région où les dissensions sont la règle.

1986 Le groupe publie, en accord avec le groupe Marie-Claire, la revue

 Marie-Claire Nour à l'intention de la femme arabe. Diffusé dans les pays du Golfe et en Arabie Saoudite, le mensuel est jugé, par les autorités religieuses de ces pays, trop occidental. Malgré une brillante réussite, il est arrêté en 1989.

1987 En partenariat avec Les éditions Larivière, le groupe publie sous licence, une adaptation de la revue mensuelle spécialisée Défense et Armement.

Elle s'adresse plus particulièrement aux cadres et aux responsables militaires du monde arabe, ainsi qu'au public s'intéressant aux stratégies et aux techniques les plus modernes dans le domaine de l'armement. Devant les difficultés de ce marché publicitaire extrêmement pointu, le titre est arrêté en 1993.

1993 Le groupe lance Femme Magazineun mensuel féminin de langue française qui, par ses rubriques diversifiées et par sa qualité rédactionnelle et artistique, a su se démarquer, s'imposer et devenir la référence des mensuels au Liban. Femme Magazine se veut moderne et authentique, engagée agréable et sérieuse.

2000 Inspiré par la réussite de Femme Magazine, Al Mar'a Magazine voit le jour. Un mensuel féminin en langue arabe offrant à la femme arabophone des horizons nouveaux et des conseils dans tous les domaines qui la concernent: famille, enfants, loisirs, conseils de beauté… Il met en valeur les femmes qui réussissent leur vie personnelle et professionnelle.

2000 Déco Magazine. En accord avec Maison Française (Socpresse), Déco Magazine est un trimestriel en langue française. Il traite d'architecture et de décoration et s'adresse à tous ceux pour qui l'art de vivre est un véritable mode de vie. Son objectif est d'allier, dans la perfection de la forme, le bon goût à l'utile. Déco Magazine s'adresse aussi bien aux professionnels qu'au grand public.

Éditorial
Les anomalies d’une nation décapitée

La présidentielle est rangée dans les tiroirs place de l’Etoile, ou carrément mise au rancart, en attendant que les principaux ténors, dont on attend le feu vert, aient pris conscience du danger réel que court le pays: citoyens, entreprises, économie, autonomie… Chacun va d’un projet, taillé à sa mesure, allant jusqu’à contrevenir à la Constitution par des propositions anticonstitutionnelles, dépassant toute logique; à titre d’exemple celle d’un président de la République élu pour un mandat de deux ans. La nation poursuit son cours vers la dérive que rien n’arrête. Le peuple reste impuissant, malgré ses tentatives d’envahir les rues en signe de protestation. Mais ne suivra-t-il pas, encore une fois, ceux qui le mènent au désastre depuis des décennies.Les gens du «pouvoir» ont trouvé la parade en organisant tant bien que mal des municipales, toujours problématiques, à quelques jours de leur déroulement. Les appels pressants des candidats aux électeurs des municipales seront-ils entendus? Se heurteront-ils à des oreilles assourdies par de vaines promesses? Les citoyens éclairés se laisseront-ils une fois de plus berner, convaincus à juste titre de remplir leur devoir national? La baguette magique peut-elle opérer quand elle est manipulée par les mêmes «chorégraphes sur une même musique»?Quant à l’élection parlementaire, dont le sujet revient sur le tapis par à-coups, elle est, de toute évidence, renvoyée aux calendes grecques. Il serait inimaginable et un rêve trop beau de croire que le paysage sous la coupole puisse changer. Qu’une nouvelle génération prenne la relève dans un Parlement, dont les membres, confortablement installés dans leurs privilèges, ne se réunissent que pour voter la majoration de leurs émoluments, encaisser leurs chèques ou reconduire leurs mandats.Nos députés sont incapables ou ont-ils des raisons cachées de ne pas voter un budget depuis 2005? Pourront-ils encore le faire avant la fin de cette décennie? Où sont nos économistes chevronnés, professeurs des grandes universités nationales et d’ailleurs? Ne sont-ils pas écoutés ou ne veut-on pas les entendre? Alors que l’Arabie saoudite présente déjà son budget de 2030 en prévision d’un avenir improbable du pétrole, nos caisses résonnent dans le vide et l’Etat plonge dans la détresse de la faillite.Contrairement au proverbe qui veut qu’un problème en chasse un autre, au Liban ils s’accumulent et ne sont pas résolus. Ainsi, les déchets reviennent au galop, toujours sans aucune solution de longue haleine, mais on n’en parle plus ou presque. L’impression qui prédomine est que les Libanais s’y sont habitués ou désespèrent de les voir disparaître.Comble d’ironie, même si celle-ci paraît cynique, il est demandé aux Libanais de fournir l’électricité et l’eau aux réfugiés syriens, sous leurs tentes, alors qu’elles leur sont rationnées ou qu’ils en sont privés; depuis des années, ils paient le prix fort d’une double électricité et d’une eau desservie dans des citernes dont on ignore l’origine. Il est vrai que la situation de ces réfugiés n’est pas enviable, mais les pays riches se font forts de prendre des mesures drastiques pour empêcher ces caravanes de migrants de franchir leurs frontières. Le président français a fait l’ultime geste de générosité en invitant deux familles à rejoindre la France. Ne nous est-il pas permis de protester contre une situation aussi grotesque et minable?A l’occasion de cette semaine, marquée par la deuxième résurrection du Seigneur célébrée par la communauté grecque-orthodoxe, on ne peut que déplorer les divergences entre les Eglises chrétiennes qui, hélas, peinent à s’unir autour d’une même liturgie.Enfin, et cela n’est pas le moindre problème qui resurgit à chaque occasion: les rixes qui opposent des jeunes au nom de leurs héros respectifs. C’est ainsi qu’hélas, les étudiants de l’AUB, membres du Parti syrien national social, se sont confrontés à leurs compagnons de cours du parti Kataëb en raison des insultes que les premiers ont proférées contre le président martyr Bachir Gemayel dont le souvenir est toujours dans la mémoire de tous les Libanais.A ce sombre tableau on pourrait ajouter d’autres sinistres titres, mais on n’en finirait plus. Le seul espoir est qu’un messie tombe d’on ne sait quelle planète pour sauver un pays dont l’Histoire et la civilisation remontent si loin dans le temps.


 Mouna Béchara
   

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