Projet pilote à Beyrouth. Une centrale solaire unique au monde
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Nº 2985 du vendredi 23 janvier 2015

Projet pilote à Beyrouth. Une centrale solaire unique au monde

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    Projet pilote à Beyrouth. Une centrale solaire unique au monde
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Le premier projet pilote d’électricité solaire pour la ville de Beyrouth, baptisé Beirut river solar snake (BRSS), a vu le jour. L’idée de cette ambitieuse initiative relève du Centre libanais pour la conservation de l’énergie, connu sous le nom de LCEC, affilié au ministère de l’Energie et de l’Eau.

Depuis quelques mois, les Libanais assistent à la progression des travaux au-dessus du fleuve de Beyrouth. Une infrastructure métallique, recouverte de panneaux solaires. C’est ainsi que les différentes étapes du projet Beirut river solar snake (BRSS) sont en train d’être achevées progressivement. Pierre Khoury, directeur général du LCEC, explique ce projet, unique au Liban et même dans le monde.
«Le LCEC a proposé en 2013 ce projet au ministère de l’Energie et de l’Eau qui l’a approuvé et a alloué quatre millions de dollars pour la construction d’un mégawatt, l’idée initiale étant de construire 10 mégawatts. Les besoins du Liban en électricité sont de 2 500 mégawatts», explique Pierre Khoury. Le système coûte 3 100 000 de dollars. «Nous avons réussi à économiser 900 000 dollars qui seront alloués à l’opération et à la maintenance du système». Démarrés en juin 2014, la fin des travaux de construction est prévue pour mars 2015. «L’électricité générée par ce champ photovoltaïque serait exportée sur le réseau national de l’EDL. Nous collaborons avec l’EDL pour que la quantité d’électricité produite par cette centrale solaire soit redistribuée aux habitants de Bourj Hammoud afin de les sensibiliser et de leur donner un sentiment d’appartenance à la conservation de ce projet environnemental», précise Pierre Khoury.

 

Créer un marché
La particularité du BRSS réside surtout dans le fait que les projets de ce genre, reliés à l’énergie solaire, sont généralement réalisés en dehors des villes en raison du prix des terrains. «Le fleuve de Beyrouth est une parcelle qui appartient au ministère de l’Electricité et de l’Eau, nous n’avons pas eu à la payer, autrement l’exécution du projet aurait été très coûteuse. Nous avons utilisé cette parcelle, négligée depuis 1968, pour la construction d’une centrale énergétique sans affecter négativement l’eau du fleuve. Nous sommes en train de travailler au-dessus de celui-ci». Le BRSS est unique au monde, car c’est le seul projet solaire construit au-dessus d’un fleuve. «Cela n’existe nulle part ailleurs».
L’objectif de cette initiative est de créer un marché et d’encourager les sociétés privées à investir dans la construction de centrales solaires similaires au BRSS. «Ce projet pilote a eu un impact très positif et en tant que LCEC, nous sommes le bras technique de la Banque du Liban pour tous les prêts bancaires concernant l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Grâce au BRSS, les prêts pour la création de systèmes d’énergies renouvelables ont dépassé les 250 millions de dollars à la fin de l’année 2014. Nous estimons qu’en 2015, ils dépasseront les 400 millions de dollars. Ceci est un indicateur du développement du marché, ainsi que l’initiative Neerea de la Banque centrale qui octroie des prêts subventionnés à 0,6% d’intérêt encourageant l’investissement dans ce secteur».
 

Un consortium
Le but ultime serait d’assurer 12% des besoins énergétiques du Liban par les énergies renouvelables dont l’énergie solaire fait partie. «L’énergie solaire ne représente pas une énergie de base, mais de support. C’est une complémentarité entre les différentes énergies renouvelables». Même dans les pays européens où l’énergie renouvelable est très développée, le but est d’atteindre 20% des besoins énergétiques. Ils ont d’ailleurs adopté le slogan 20% en 2020.
Le projet BRSS a été exécuté par un consortium de cinq entreprises spécialisées dans ce domaine, dont quatre libanaises et une internationale. Le fournisseur chinois Yingli, numéro 1 mondial dans la fabrication de panneaux solaires, deux sociétés libanaises, Phoenix et Asaco sont spécialisées dans les énergies renouvelables, PPB Structure Darwiche Haddad dans la structure en béton et Dalal dans les structures métalliques. Quant à la consultation en génie civil, elle est confiée à Khatib et Alamé.
La construction d’un mégawatt est destinée à produire un million six cent cinquante mille kilowattheures (KWh). «Cette quantité d’électricité est suffisante pour les besoins de 1 000 maisons libanaises pendant un an». La construction de ce mégawatt est d’une superficie de 10 000 mètres carrés à peu près. «Elle couvre 300 mètres de la longueur du fleuve, sachant que sa largeur est de 32 mètres».
Bien que l’objectif initial soit la construction de 10 mégawatts, après le succès qu’a enregistré le premier mégawatt, il n’est plus utile de continuer. «Notre but est atteint et le marché privé est lancé. Nous n’avons plus besoin d’exécuter les autres phases du projet, car il a déjà accompli le but pour lequel il a été conçu». Selon le directeur du LCEC, le coût d’un projet pareil serait beaucoup plus bas s’il était réalisé dans des régions éloignées tel le Akkar, où le coût du terrain est très bas. Actuellement, le prix des centrales solaires a diminué les rendant accessibles à beaucoup plus de gens et d’entreprises». Le prochain projet du LCEC est la construction d’un mégawatt dans les centrales pétrolières de Zahrani. «Ce projet a été lancé en septembre 2014 et le contrat devrait être signé très bientôt. L’initiation des travaux est prévue pour février 2015».

Joëlle Seif

Un marché qui promet
L’énergie solaire représente un marché très prometteur au Liban, grâce aux multiples initiatives et plans d’action initiés par le ministère de l’Energie et de l’Eau et par le LCEC. «Le Liban a fait des progrès impressionnants dans l’installation des chauffe-eau solaires. En 2012, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a classé le Liban parmi les dix premiers pays au monde dans le développement du marché des chauffe-eau solaires».

Un mécanisme de financement
Neerea (National energy efficiency and renewable energy action) est un mécanisme de financement des projets d’efficacité énergétique, d’énergies renouvelables, d’éco-constructions et de développement durable. Né de la collaboration du ministère de l’Energie et de l’Eau avec la Banque du Liban, ce programme propose des prêts à taux symbolique de 0,6% sur une période allant jusqu’à 14 ans. Le gouvernement libanais poursuit son objectif, celui d’atteindre une part de 12% d’énergies renouvelables dans sa production électrique et de réduire de 1% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Les différents acteurs de ce secteur ont compris l’importance de la maîtrise de l’énergie et de la production d’énergie verte par le secteur privé pour parvenir à ces objectifs. En 2010, le bilan de la campagne d’audits énergétiques lancée en 2005 par le LCEC est celui d’un potentiel peu exploité: sur 120 audits réalisés, qui établissent un taux moyen d’économies de 20% de la facture énergétique annuelle, seules 15% des mesures préconisées ont été réalisées. «Neerea vise à encourager la mise en œuvre de ces mesures en dégageant des fonds bancaires et à pérenniser le secteur de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables au Liban», souligne Pierre Khoury.

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Éditorial
La riposte du Hezbollah

Le raid aérien israélien de Qoneitra est un développement inhabituel qui vient briser la routine macabre de la guerre syrienne. Il peut être classé dans la catégorie des événements exceptionnels, dans la mesure où il pourrait avoir de graves conséquences géostratégiques, car il montre que le Hezbollah a étendu son champ d’action jusqu’au Golan occupé et parce qu’un général des Gardiens de la Révolution iraniens figure parmi les victimes. Sous l’emprise de considérations électorales, Benyamin Netanyahu n’a pas bien mesuré, sans doute, la portée géopolitique de ce raid. Pour en atténuer les conséquences, des «milieux sécuritaires» israéliens, s’adressant sous couvert d’anonymat à des agences de presse internationales, ont indiqué qu’Israël n’était pas au courant de la présence d’un officier iranien dans le convoi, ni de l’importance des cibles visées. Washington a, pour sa part, nié toute implication dans cette attaque, en affirmant n’avoir pas été informé au préalable des intentions de Tel-Aviv. Ces précisions post-attaques s’expliquent par le fait qu’une action de ce type traduit normalement, de la part de celui qui l’a initiée - en l’occurrence Israël -, une volonté de modifier les règles du jeu. Une telle décision peut avoir des conséquences incalculables dans le cadre du conflit en Syrie, où les acteurs mènent un combat existentiel dans un contexte complexe, régi par de délicats équilibres. Il est évident que l’Iran et le Hezbollah ne resteront pas passifs face à ce qu’ils interprètent comme une tentative de changer les règles du jeu. La riposte est donc inévitable, il y va non seulement de la crédibilité et de la réputation du Hezbollah, mais aussi des rapports de force sur le terrain syrien et, par conséquent, sur la scène régionale. Le parti avait d’ailleurs répliqué à des attaques de moindre envergure, comme le raid contre un convoi du Hezbollah à Janta, en février 2014, et l’assassinat du résistant Hassan Haïdar, à Adloun au Liban-Sud, en octobre de la même année. La riposte à ce meurtre, venue sous la forme d’une attaque à l’explosif contre un blindé israélien dans les fermes occupées de Chebaa, avait été revendiquée par sayyed Hassan Nasrallah en personne. La riposte au raid de Qoneitra est inéluctable, mais elle sera étudiée, bien dosée et à la mesure de l’attaque israélienne. Le Hezbollah n’a pas l’habitude d’agir sous l’emprise de la colère, il l’a prouvé tout au long de son combat avec Israël. Même lorsque son commandant militaire suprême, Imad Moughnié, qui fait figure de légende, a été assassiné à Damas en 2008, il a gardé son sang-froid. Il ne prendra pas le risque de provoquer un conflit généralisé avec Israël au Liban, alors qu’une partie de ses effectifs est engagée en Syrie. Il ripostera dans le Golan, dans les fermes de Chebaa, à l’intérieur même d’Israël ou contre une cible inattendue, quelque part dans le monde. C’est plutôt de Benyamin Netanyahu qu’il faut s’inquiéter. Les agissements du Premier ministre israélien sont empreints d’arrogance et d’irrationnel. On a vu comment il s’est imposé en invité indésirable lors de la manifestation de la République, en France, ou comme il a enfreint toutes les règles du protocole en omettant d’informer la Maison-Blanche de sa visite au Congrès américain, en février prochain. On a vu aussi qu’il n’hésitait pas à entraîner son pays dans la guerre, sans avoir défini au préalable des objectifs bien précis, comme cela s’est passé à Gaza, l’été dernier.


 Paul Khalifeh
   
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