Le Pr Roland Tomb réélu doyen de la faculté de médecine de l’USJ. Une multitude de projets
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Nº 3010 du vendredi 17 juillet 2015

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Le Pr Roland Tomb réélu doyen de la faculté de médecine de l’USJ. Une multitude de projets

 
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    Le Pr Roland Tomb réélu doyen de la faculté de médecine de l’USJ. Une multitude de projets
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Doyen, médecin, homme de culture et de savoir, le professeur Roland Tomb est réélu doyen de la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph. Plaçant l’intérêt de la faculté au centre de ses préoccupations, il revient sur les principales réalisations de son premier mandat et sur celles à venir.
 

Vous avez été réélu doyen de la faculté de médecine. Quel sens donnez-vous à votre engagement?
C’est dans une perspective plus humaniste que j’aimerais placer mon mandat. Vous arrivez dans un campus quasi désert du fait du déroulement du concours d’entrée en médecine. Cette perspective se traduit par le renforcement de l’épreuve de culture générale, à laquelle j’accorde énormément d’importance. En rendant le coefficient de cette épreuve plus important que celui des matières dites scientifiques, j’ai voulu souligner qu’il est indispensable pour un médecin de savoir que la faculté de médecine n’est pas une simple école technique. L’épreuve de culture générale couvre ainsi tous les champs de la connaissance, des champs extra-médicaux, qui vont de l’histoire à la géographie, de la bande dessinée à la littérature, du cinéma à la musique. La faculté de médecine appartient à une université qui transmet du savoir et des connaissances, certes, mais qui apprend aussi à ses étudiants le sens de la citoyenneté, de la liberté et de la responsabilité. Le but de toute université est, non seulement, de transmettre du savoir, mais aussi, de créer du savoir - en développant la recherche - et de servir la société dans laquelle elle vit. C’est ce sens-là que je donne à ma réélection. L’épreuve de culture générale n’est bien sûr qu’un tout petit détail, mais elle est emblématique du cadre dans lequel je place l’introduction de nouvelles matières, en droit, en histoire, en art, en philo, et le renforcement, au niveau de tous les cursus, de disciplines incontournables que sont l’éthique médicale et la bioéthique. Nous avons consacré, cette année, notre congrès annuel, Les Printemps de la faculté, à un seul thème, la bioéthique.

Quelles ont été les réalisations effectuées durant votre premier mandat?  
Nous avons, effectivement, réalisé beaucoup de projets. Nous avons énormément travaillé sur la mise à jour des programmes, dans lesquels de nouvelles disciplines ont été injectées. Nous avons aussi multiplié les conventions et les jumelages avec les universités européennes et américaines, et développé les échanges d’étudiants dans les deux sens. La faculté a aussi capitalisé sur le fait qu’elle est pionnière en matière de pédagogie médicale depuis une vingtaine d’années. Je suis très fier d’affirmer que nous sommes un exemple pour les six autres facultés de médecine du Liban. Avec elles, nous approfondissons les contacts et j’ai d’ailleurs contribué, avec mes collègues, à créer une Conférence des doyens des facultés de médecine pour mettre notre savoir-faire et nos soucis en commun. Personnellement, je crois à l’émulation positive entre nous. Il ne s’agit en aucun cas de concurrence, dans le sens négatif du terme. Nous avons essayé d’améliorer l’environnement et les conditions de vie de nos étudiants. Sur le campus, nous avons rénové nos salles de travail et certains bâtiments qui se sont couverts de tuiles rouges. Nous avons cherché à préserver notre jardin botanique et nous construisons actuellement un parking vert. Ainsi, ce campus redeviendra un grand jardin, rendu à ses usagers et intégralement vide de voitures. Nous avons, dans le même ordre d’idées, réussi à bannir le tabac du campus, y compris à l’extérieur des bâtiments.

Vos perspectives?
Nous sommes en plein chantier d’accréditation: c’est le processus incontournable pour toutes les grandes facultés, afin que la nôtre soit reconnue, comme elle le mérite, par les autorités universitaires du monde. Nous menons cette accréditation en collaboration avec les autres facultés du Liban, dont celle de l’AUB. Notre faculté est l’une des plus vieilles du Proche-Orient et nous nous devons de rester des pionniers… Nous venons ainsi de donner le coup d’envoi, cet été, pour la construction d’un grand hôpital virtuel, un centre de simulation de très haute sophistication, digne de ceux qui existent en Europe ou aux Etats-Unis. Nous le bâtissons en collaboration avec l’Université de Montréal. Cet hôpital virtuel servira à l’entraînement des futurs médecins et chirurgiens avec pour devise: «Jamais sur le patient la première fois». Par ailleurs, nous avons renoué avec la tradition des dissections anatomiques que nous avions abandonnées pendant de nombreuses années. Nous les effectuons aujourd’hui en collaboration avec des organisations éducatives américaines et l’Université de Nice avec laquelle nous entretenons des échanges d’enseignants et d’étudiants. Si transmettre le savoir, avec les moyens les plus modernes, constitue l’un des objectifs de la faculté, créer le savoir l’est aussi. Développer la recherche est un impératif catégorique. C’est pour cette raison que nous avons installé nos laboratoires de recherches dans notre nouveau Campus de l’innovation, situé non loin de notre campus centenaire. Il s’agit fondamentalement d’une dizaine de laboratoires de recherches traitant de domaines aussi variés que la génétique, les cellules souches, la biomécanique,  la physiologie cardiaque, les neurosciences, le cancer ou la microchirurgie.  Pour cela, nous recommandons vivement à nos étudiants de doubler leur cursus normal par un cursus de recherche, aboutissant au master et, dans certains cas, au doctorat en sciences. A côté de la recherche fondamentale, nous ne négligeons pas, bien entendu, la recherche clinique: la faculté de médecine est en passe d’inaugurer très prochainement un grand centre de recherche clinique à l’Hôtel-Dieu de France, qui aura pour mission de stimuler la recherche au sein de l’hôpital.

 

Propos recueillis par Natasha Metni

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Éditorial
Liberté (centri)fugueuse

Les fanfarons et autres prétentieux nous envahissent déjà pour analyser l’accord sur le nucléaire iranien et imaginer ses éventuelles répercussions sur les graves crises qui secouent notre région. Chacun sort sa grille de lecture pour désigner le vainqueur et le vaincu. Pour les uns, l’Iran, exsangue et meurtri par une décennie de sanctions internationales, a capitulé devant un Occident conquérant et victorieux. Pour les autres, la République islamique a résisté à toutes les menaces et intimidations, contraignant les Etats-Unis à l’accepter dans le club très fermé des puissances nucléaires. Les plus chevronnés optent pour la prudence, préférant parler de ni vainqueur ni vaincu, ou de «win-win situation». Fouad Siniora en fait partie. L’ancien Premier ministre dénonce le fourvoiement de ceux qui évoquent «des pertes ou des profits» en conséquence de l’accord de Vienne.Certains, comme Samir Geagea, se veulent rassurants. Le chef des Forces libanaises affirme qu’en dépit des largesses iraniennes, qui pourraient décupler après l’accord, l’influence du Hezbollah au Liban n’augmenterait pas, car le parti de Hassan Nasrallah a atteint, selon lui, sa dimension maximale. Au-delà, c’est l’explosion garantie.Les plus zélés voient déjà l’étendard de Bachar el-Assad flotter de nouveau sur Raqqa, Palmyre et Jisr el-Choughour, et le drapeau irakien planté sur le minaret de la grande mosquée de Mossoul, là où Abou Bakr el-Baghdadi s’est autoproclamé Calife des musulmans, le 29 juin 2014.Walid Joumblatt, lui, est très alarmiste. Il commence par la fin, prévoyant, avec un brin d’amertume, la disparition du Moyen-Orient tel qu’on l’a connu et, avec lui, les frontières de Sykes-Picot, aspirées par les centrifugeuses iraniennes.Les Libanais normaux - en espérant qu’il en existe encore après toutes les inepties qu’ils ont pu voir ou entendre ces derniers jours - se soucient, surtout, de savoir si l’enrichissement de l’uranium iranien à 3,67%, plutôt qu’à 5,5%, améliorera leur quotidien. Ils voudraient comprendre comment le maintien de 5060 centrifugeuses, au lieu de 19000, sur le site de Natanz, dans le centre de l’Iran, relancera l’économie, ramènera les touristes et boostera la consommation au Liban. Ils espèrent qu’il existe une relation de cause à effet entre la reconnexion du système bancaire iranien aux places financières internationales et le volume de leur porte-monnaie.Les questions se bousculent, mais les réponses se font rares, malgré la pléthore de pseudo-experts, qui nous abreuvent d’analyses en continu. Toutefois, un aspect, qui nous semble primordial, est ignoré par la plupart des soi-disant spécialistes. L’accord de Vienne, quelle que soit l’appréciation que l’on puisse en avoir, consacre la victoire de la diplomatie sur la guerre. Cet accord a prouvé que les conflits les plus complexes, doublés d’enjeux géostratégiques susceptibles d’avoir des conséquences à l’échelle planétaire, peuvent être réglés par la négociation, du moment que la volonté existe.C’est cette volonté qui fait justement défaut chez les dirigeants libanais, qui ne parviennent pas à s’entendre sur des questions infiniment plus simples que le dossier nucléaire, comme l’ouverture d’une session parlementaire extraordinaire, le mécanisme de prise de décision en Conseil des ministres, les nominations aux postes militaires et, enfin, l’élection d’un président de la République.Mais point de volonté sans liberté. Et la liberté, les Libanais en parlent beaucoup mais en possèdent peu.


 Paul Khalifeh
   
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