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Nº 3086 du vendredi 2 février 2018

Polices en ligne. Une entrée timide sur le marché local
L’assurance en ligne fait une entrée timide sur le marché local. Le concept est encore flou chez de nombreux Libanais. Sa promotion publicitaire est encore marginale. S’agit-il de portails électroniques…
Nassib Ghobril économiste en chef de Byblos bank. «Les derniers chiffres des comptes nationaux remontent à 2015»
L’économiste et chef du département des recherches à Byblos Bank, Nassib Ghobril, ne mâche pas ses mots. Il confirme que le Liban officiel manque de données, chiffres et statistiques de…
La face cachée de la présence syrienne. Des effets positifs ignorés?
Malgré les nombreuses voix qui appellent au retour des réfugiés syriens chez eux, quelques études estiment au contraire que leur départ imminent fragiliserait encore plus l’économie libanaise. Certains experts avancent…
R.P. Georges Hobeika. Un érudit à la tête de l’USEK
Depuis septembre 2016, le Révérend Père Professeur Georges Hobeika est le recteur de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK). Détenteur d’un doctorat en philosophie allemande, il parle couramment quatre langues: le…
Sami Kleib. Un journaliste chevronné
Correspondant de guerre, reporter, analyste politique, animateur de talk-shows, auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier en date est le livre le plus vendu dans le monde arabe. En une…
Ouzville. Parce que nous sommes Libanais
Avec Ouzville, son projet pilote vibrant de couleurs, l’ancien homme d’affaires libanais, Ayad Nasser, porte une vision et une parole ancrées dans l’amour du Liban. Parce que nous nous devons…
Hawaïenne indienne et autres. La tendance ethnique débarque à Beyrouth
L’offre en matière de restauration se diversifie. Après les sushis, tacos, ou encore burgers, des spécialités originales s’invitent sur le marché libanais. Il est aujourd’hui possible de déguster des cuisines…
Abou el-Ghadab, de Joe Kodeih. Pour qu’éclate notre volonté de vivre
Avec son dernier one-man show, Abou el-Ghadab, Joe Kodeih, «fils du théâtre», «élève de Jalal Khoury», nous emmène dans les recoins sombres d’un passé de guerre, qu’il éclaire d’un rire…
Al-Beyt. «C’est important, de voler»
Caroline Hatem présente sa première mise en scène avec Al-Beyt, une pièce de Arzé Khodr, sur les planches du théâtre Monnot, à partir du 15 février, après avoir effectué une…
Éditorial
Des chiffres introuvables

La catégorie de Libanais qui peinent à boucler leurs fins de mois grossit à vue d’œil. Sciemment ou inconsciemment, de plus en plus de familles éliminent du panier de la ménagère des produits devenus trop coûteux. Avant d’en arriver là, elles ont réduit, progressivement, leur train de vie, reportant le remplacement d’une voiture, espaçant leurs voyages, ajournant le renouvellement d’un salon ou d’un appareil électroménager. Les gens consomment moins et moins cher. Tous les mois, des familles voient leur statut socioéconomique se détériorer, passant de la classe moyenne aux couches les plus défavorisées et démunies de la société.   Les acteurs économiques et sociaux se renvoient la balle et échangent les accusations. Chacun propose des solutions partielles, à travers le seul prisme de ses intérêts étroits et sectoriels. Les syndicats réclament une augmentation du Smic, sans s’interroger sur les possibles implications d’une telle mesure sur l’ensemble de l’économie (voir page 38). Le patronat ne se soucie que de ses marges de gains et du poids des charges sociales qui pèsent sur ses comptes. Tous rejettent la faute sur l’emploi de la main-d’œuvre syrienne, qualifiée ou sans qualifications, qui envahit des pans entiers de l’économie.L’Etat, premier concerné par les grands choix stratégiques, régulateur en chef et principal catalyseur de l’activité économique, aussi bien dans les secteurs public que privé, est inscrit aux abonnés absents. Il faut dire que les dirigeants ont d’autres chats à fouetter en ce moment. A quelques mois des élections législatives, ils sont occupés à s’écharper, tantôt pour un décret de promotion d’officiers, tantôt pour des réformes de la loi électorale. Ils sont surtout motivés par l’obsession de perdre un peu de leur influence.Mais à quoi sert cette influence sinon à protéger leurs intérêts immédiats, souvent au détriment de ceux de l’Etat et du bien général? Et même si les dirigeants étaient réellement soucieux de freiner la chute vers les abysses de la pauvreté d’une grande partie de la classe moyenne, ils n’ont ni les compétences ni les outils nécessaires pour le faire. Pour arrêter des choix stratégiques et établir des plans intégrés de relance de l’économie, il faudrait disposer de données précises et de chiffres exacts. Tous les Etats qui se respectent sont capables de fournir, en temps réel, le nombre de chômeurs. Ici au Liban, le pourcentage de personnes sans emploi est une «opinion». Qui est capable de nous dire combien de Libanais sont au chômage? Hier encore, le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, affirmait que 30% de la population active est sans travail. Si tel est le cas, nous sommes déjà au fond de l’abysse sans le savoir.La situation n’est guère plus reluisante pour toutes les autres données et chiffres fondamentaux et indispensables pour établir des plans. Ceux dont nous disposons, concernant notamment les comptes de l’Etat, remontent à 2015.Tout compte fait, avoir des chiffres exacts c’est peut-être trop demander à un Etat qui n’a pas procédé à un recensement de la population depuis 1932.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

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