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Nº 3038 du vendredi 29 janvier 2016

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    Riyad Ne’mah Portrait Jusqu’au 30 janvier, à la galerie Art on 56th. 
 A travers des toiles quelque peu étranges, Riyad Ne’mah raconte l’histoire de son pays, l’Irak, en pleine guerre et situation politique...
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Riyad Ne’mah
Portrait
Jusqu’au 30 janvier, à la galerie Art on 56th.

A travers des toiles quelque peu étranges, Riyad Ne’mah raconte l’histoire de son pays, l’Irak, en pleine guerre et situation politique imprécise. Ne’mah fait partie de ces artistes qui ont exprimé leurs émotions en couleurs avec la peur et la souffrance au ventre et au cœur de remous politiques. Il a débuté son parcours artistique avec la montée du régime de Saddam Hussein. Il a subi l’oppression et la haine qui étaient pratiquées envers ceux qui s’opposaient au régime.
Riyad Ne’mah est né en 1968 à Bagdad. En 1992, il  décroche une licence en beaux-arts avec une spécialisation en peinture. Il a exposé en Jordanie, en Syrie, au Liban, en Irak, aux Emirats arabes unis et au Koweït.

C.T.D.

Marwan Rechmaoui
Fortress in a corner, bishop takes over
Jusqu’au 7 mai, à la galerie Sfeir-Semler

Les œuvres de Marwan Rechmaoui traitent du développement urbain et social. Beyrouth, son histoire et sa géographie sont au centre de son travail. Cet artiste, au talent certain, s’intéresse à «la dynamique de l’espace urbain, sa transformation à travers le temps et les problèmes de la vie civile, la migration, les frontières et la démographie». Rechmaoui est aussi célèbre pour ses sculptures reproduisant les bâtiments et la topographie de la ville. Il compte dans son répertoire sa célèbre Beyrouth caoutchouc (2004), une grande carte au sol de la ville en caoutchouc. Marwan Rechmaoui est né en 1964. Il poursuit ses études en peinture et sculpture aux Etats-Unis. Depuis 1996, il expose aux quatre coins du monde. Sa carrière a été jalonnée de prix. Une exposition intéressante.

C.T.D.
 

Agenda

Dorothy Salhab Kazimi. Céramiques.
Jusqu’au 26 février, à la galerie Alice Mogabgab.

Jamil Molaeb. New York-New York.
Jusqu’au 5 février, à la galerie Janine Rubeiz.

Exposure 2015: Mobility.
Jusqu’au 29 janvier, au Beirut Art Center.

L’espace de la feuille.
Jusqu’au 29 janvier, à la galerie Tanit.

Phi.
Jusqu’au 30 janvier, à la galerie Art Factum.

Accrochage collectif.
Jusqu’au 30 janvier, à la galerie Aïda Cherfan.

Oussama Baalbaki. Spectres of the real.
Jusqu’au 6 février, à la galerie Agial.



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Éditorial
Tous coupables

Nous, citoyens libanais sans exception, sommes tous coupables et méritons la classe, dite dirigeante, que nous avons élue et réélue. Nous sommes coupables d’avoir attendu si longtemps, que cela soit devenu trop tard, pour leur réclamer des comptes que nous n’avons d’ailleurs pas obtenus. Il est vrai qu’une partie de la population a hurlé sa colère, au nom d’une majorité silencieuse, et lancé contre la caste politicienne des accusations de pollution aussi bien morale que politique. A quoi cela a-t-il servi? A des déchets qui s’amoncellent de plus en plus à tous les coins de rues, accompagnés de promesses mensongères, de solutions reportées de mois en mois et même d’année en année, dans un tourbillon de coûts faramineux qui valsent sans cesse laissant, encore une fois, planer des soupçons de magouilles.A des candidats à la présidence, affichés ou potentiels, l’un chassant l’autre, avec autant de succès annoncés pour les uns ou les autres. Et autant d’échecs garantis laissant la place vide. De «l’initiative» de Saad Hariri, laquelle, dit-on, mettait le général Michel Aoun sur le chemin du palais présidentiel, au même Saad Hariri qui, soudain, prenait sous ses ailes le leader des Marada, petit-fils de l’ancien président Sleiman Frangié, la réaction immédiate, et certainement calculée, de Samir Geagea a fait prendre le chemin de Maarab au général Aoun, accompagné cette fois de toute sa smala politique, pour sabler le champagne de la rencontre interchrétienne et à la gloire du supposé futur chef de l’Etat… Dans cet imbroglio, chacun puise ce qu’il veut. Même si les doutes ont la dent dure, tous les souhaits vont vers une réelle réconciliation des deux pôles maronites politiques que rien ne semblait, il n’y a pas si longtemps, devoir rapprocher. Quelles seront les relations futures de Michel Aoun et des principales composantes du 8 mars? A-t-il le feu, sinon vert, du moins orange, de la coalition à laquelle il est allié pour se lancer dans cette aventure? Comme on ne peut pas croire que Samir Geagea se soit passé d’un assentiment, aussi discret qu’il puisse être, de ses alliés du 14 mars. A ce sujet, les démentis vont bon train, chacun assurant sauvegarder ses affinités politiques, ce qu’on peut difficilement croire et, peut-être surtout, se faire accepter par les alliés de l’un ou l’autre. Tout cela en attendant qu’émerge de la manche d’on ne sait quel courant, un troisième prétendant à un fauteuil qui n’est pas près d’être occupé. Rares sont les optimistes, les plus crédules, qui y croient encore, du moins à court terme.Certains ont jubilé devant le spectacle des larges sourires de la réconciliation de deux leaders que les tendances politiques séparaient depuis une trentaine d’années. Il aura fallu la crise aiguë que vit le pays pour croiser les chemins parallèles de deux adversaires de très longue date. Rien ne nous fera croire, malgré notre ingénuité politique, que l’Esprit saint a éclairé soudain les anciens rivaux et les a fait se retrouver en nouveaux complices sinon en amis.Mais la faiblesse du pouvoir, pour ne pas dire son absence quasi totale, ne peut qu’avoir des répercussions nocives sur tous les secteurs. Le Conseil des ministres censé, selon la Constitution, gouverner en l’absence du chef de l’Etat, est lui-même paralysé par ses contradictions internes.Ne resterait-il à nos «ténors» qu’à se tourner vers l’étranger le plus influent? La Syrie étant hors circuit, il fallait trouver un autre parrain. Est-ce la France de Hollande? N’a-t-elle pas d’autres chats à fouetter? Est-ce l’Iran avec son clair parti pris? Le général Aoun sera-t-il encore un privilégié du camp du 8 mars? Est-il déclassé par Sleiman Frangié? N’y a-t-il pas dans la course à la présidence d’autres candidats au moins aussi valables que les deux chevaux actuellement en piste?Le fait est que, chaque fois qu’un nom est mis en avant, tous les pronostics misent sur un autre gagnant. Et tout est remis en question. Les médias, presse et télévisions, toutes tendances confondues, prévoient et annoncent un report prolongé d’une élection tant disputée. Reste, qui sait, le miracle qui viendrait de la rencontre au Vatican du patriarche maronite et du chef de l’Eglise catholique.Y aurait-il, enfin, de nouvelles coalitions imprévisibles? Les pronostics sont difficiles, mais vont bon train.


 Mouna Béchara
   
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