Déchets. Le plan B du gouvernement: retour au plan A
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Nº 3043 du vendredi 4 mars 2016

Déchets. Le plan B du gouvernement: retour au plan A

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    Déchets. Le plan B du gouvernement: retour au plan A
    Après l’échec de l’exportation des déchets, le gouvernement a finalement opté pour un retour au plan Chéhayeb, soit la solution des décharges. Cette première option avait pourtant déjà échoué et...
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Après l’échec de l’exportation des déchets, le gouvernement a finalement opté pour un retour au plan Chéhayeb, soit la solution des décharges. Cette première option avait pourtant déjà échoué et justement conduit au fiasco de l’exportation.

Aujourd’hui, comment croire que le plan Chéhayeb pourrait réussir là où il a déjà échoué? Pour Nabil de Freige, ministre d’Etat chargé de la Réforme administrative, le nœud du problème n’était pas de trouver des emplacements pour les décharges, mais uniquement une question politique.
«Nous avons constaté qu’il y a moins de blocage qu’auparavant sur la question des décharges, assure-t-il. Nous prévoyons ainsi de partir sur une période transitoire de 18 mois. Pendant ce temps, les déchets amoncelés dans les rues seront transportés vers des décharges sanitaires qui pourraient, temporairement, accueillir les ordures en attendant que le plan durable se mette en place».
Mais tout le problème du plan Chéhayeb était de trouver des emplacements pour accueillir ces décharges et de convaincre les Libanais de bien vouloir accepter cette option. A cette remarque, Nabil de Freige répète «qu’un déblocage politique serait en cours. Nous avons trouvé entre trois et cinq emplacements, révèle-t-il, mais je ne peux pas encore vous dire où ils se trouvent».
Si le ministre est aussi confiant quant à la résolution de la crise c’est que, selon lui, tous les échecs du gouvernement à la résoudre étaient purement politiques. «Or, aujourd’hui, la priorité n’est plus à l’élection d’un président, mais au maintien du Conseil des ministres et si l’on n’arrive pas à trouver une solution à la crise, il est hors de question que nous restions au pouvoir, nous démissionnerons».

 

«Waste to energy»
A la fin de la période transitoire, les municipalités devront avoir terminé leurs installations, selon le ministre. «Les ordures seront alors transférées des décharges vers ces nouveaux centres de traitement pour certaines municipalités. Pour les grandes agglomérations et Beyrouth, les ordures seront traitées via la technique du «Waste to energy», annonce le ministre, soit «une méthode qui n’a rien à voir avec l’incinération et qui paraît respectueuse de l’environnement».
Ce n’est pas pourtant l’avis d’Olivia Maamari, responsable du programme environnement pour arcenciel. «Le Waste to energy est un procédé consistant à produire de l’énergie à partir des déchets. La méthode proposée par le gouvernement fait partie des Thermal waste to energy technologies, qui englobent l’incinération, la gazéification, la pyrolyse et la torche à plasma. Il s’agit, a priori, donc bien d’incinération».
Selon la spécialiste, cette terminologie peut être trompeuse, car incinérer les déchets au Liban, vu la composition des poubelles, nécessiterait bien plus d’énergie qu’il n’en sera produit.
C’est également l’avis partagé par Antoun Andrea, consultant en développement pour la Fondation Muhanna: «Toutes formes de techniques dites ‘Waste to energy’ impliquent une incinération d’une façon ou d’une autre». «Ces technologies sont par ailleurs émergentes, ajoute Olivia Maamari. Des études poussées doivent encore être effectuées pour évaluer leur faisabilité au Liban».
De son côté, Nabil de Freige justifie la nécessité de recourir à ces techniques par la crainte que les municipalités ne parviennent pas à proposer des solutions au bout de 18 mois. «A l’heure actuelle, nous n’avons toujours aucune proposition des municipalités, il faut trouver un plan B», indique-t-il.
A la question de savoir comment pouvoir faire confiance au gouvernement après ses échecs à répétition, Nabil de Freige répond: «Les citoyens n’ont pas le choix: ou ils acceptent ce qui sera décidé ou ils laissent cette situation perdurer».

Soraya Hamdan
 

La gestion par les municipalités
De nombreuses municipalités n’ont pas attendu le gouvernement pour résoudre ce calvaire sanitaire. «Roumieh en est la parfaite illustration, souligne Antoun Andrea. La municipalité a trouvé avec la société civile une solution à la crise avant la fin de juillet 2015. L’Union des municipalités du Ghareb el-Alaa et du Shahar avait même mis en place un système un an avant le début de la crise». C’est également ce que souligne Olivia Maamari: «Les municipalités ont déjà commencé à mettre en place des solutions locales. Il s’agit de centres de gestion des déchets basiques mais efficaces. Ils sont aménagés ou en cours d’aménagement pour permettre la valorisation des déchets et pour réduire les quantités à éliminer. Certains de ces centres ont été créés en moins d’un mois. Ce qui manque aux municipalités est un texte de loi qui protège leurs décisions d’investir dans un centre de gestion des déchets. La plupart d’entre elles manquent aussi de budget».

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Éditorial
Présidentielle: à la prochaine!

Soixante-dix parlementaires, réunis place de l’Etoile, n’ont pas réussi à assurer un quorum électoral. Les présumés candidats, eux-mêmes, n’y étaient pas. Malgré notre crédulité et notre naïveté, nous avions cru jusqu’au dernier moment au miracle des urnes. Mais il aura fallu moins de quelques petites heures pour que reviennent sur le tapis tous nos problèmes quotidiens. Jusqu’où irons-nous dans notre politique laxiste fondée sur les appels à l’aide des Etats, proches ou plus éloignés, ceux qui nous avaient soutenus et ceux qui nous ont sans cesse ignorés, quels que soient les défis auxquels nous sommes confrontés? C’est avec un souffle de satisfaction que nous avons entendu le ministre de l’Intérieur déplorer qu’on ne mette en avant, dans le conflit avec l’Arabie saoudite, que l’aide financière dont nous pourrions être privés. La communauté européenne, quant à elle, dénonce l’invasion de ses pays par les migrants, mais aussi l’arrivée massive de ces derniers en Jordanie et en Irak, mais à ce jour, nous n’avons entendu aucun média européen, ou autres, déplorer la présence de plus d’un million et demi de réfugiés syriens au Liban, un tiers de la population nationale, vivant sous des tentes de fortune et dans des situations d’hygiène et de misère inhumaines. Quand comprendrons-nous que la négligence dans laquelle nous tiennent, même les pays qui avaient si souvent été à nos côtés, n’est due qu’à la faiblesse et au laxisme qui caractérisent la classe qui «gère» nos destinées? Un ministre démissionnaire pour de bonnes raisons est très vite qualifié de perturbateur… Un autre provocateur de graves entorses à la politique du gouvernement, dont il est membre et porte-parole dans les congrès arabes et internationaux, sévit toujours et sans vergogne au palais Bustros, alors qu’il a gravement porté préjudice aux relations étrangères du Liban, et continue de le faire. Une justice à multiples facettes qui ne se résigne pas à juger un homme qui se reconnaît criminel, mais refuse d’être qualifié de terroriste… Des administrations accusées de corruption, à tort ou à raison, par une grande partie de l’opinion, ne font l’objet d’aucune enquête sérieuse. Quant aux déchets, ils ont vite fait de reprendre le dessus pour perdurer visiblement jusqu’à la résurgence, on ne sait quand, de quel génie de l’imagination.Mais, peu importe, le Liban reste ce qu’il est, gratifié par les étrangers pour son cèdre et son climat et abandonné par ses fils dont plusieurs font la gloire et, même, s’il faut en croire les médias internationaux, la richesse ailleurs. Sans cesse dans les rubriques du monde, revient le nom de plus d’une personnalité libanaise créatrice d’entreprises et d’emplois qu’occupent avec bonheur des étrangers ou des Libanais émigrés.Que de temps perdu pour le pays du Cèdre! Que d’énergies dépensées à vide! Sommes-nous aveugles, sourds ou ignorants pour comprendre que le destin de la nation est entre les mains d’une partie de ses citoyens qui rejettent l’indépendance d’un pays démocratique tel que fut longtemps le statut du Liban malgré des périodes difficiles?Que faut-il encore pour persuader les Libanais que ceux qui, hélas, sont les véritables meneurs du jeu appliquent leur propre politique entraînant le pays au désastre? Comment ne pas tirer la leçon de cette quasi-impossibilité de résoudre le problème des déchets, d’élire un président de la République quelles que soient ses affinités politiques?Tous les appels à la sagesse de la plus haute autorité chrétienne comme ceux des ténors de la communauté tombent dans des oreilles de sourds. Ceux qui ne veulent pas et ne peuvent pas s’entendre sur une même conduite politique peuvent-ils se retrouver autour d’un même projet? Ces appels correspondent aux intérêts nationaux. Il faut être aveugle ou d’un optimisme aggravé pour ne pas comprendre que la situation, qui explose aujourd’hui, se prépare depuis de longues années et se fabrique en douce presque officiellement. Le vide institutionnel remonte loin dans le temps et ouvre la porte à toutes les éventualités, dont la plus évidente est le partage du Liban souhaité par certains. Les dialogues dont les résultats restent confus suffiront-ils à calmer le jeu? Sommes-nous arrivés au point de nous satisfaire de la déclaration: «Il n’y aura pas un nouveau 7 mai»? Mais y aura-t-il un 23 mars?


 Mouna Béchara
   

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