Yasmine Hamdan. La folle aventure d’Al Jamilat
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Nº 3075 du vendredi 3 mars 2017

Yasmine Hamdan. La folle aventure d’Al Jamilat

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Après Ya Nass, Yasmine Hamdan lance, le 17 mars, son nouvel opus, Al Jamilat, sur le label Crammed Discs. Un album dae compositions originales qu’elle évoque avec Magazine depuis Paris.

New York, Londres, Paris et Beyrouth. C’est entre ces quatre villes que Yasmine Hamdan a enregistré Al Jamilat. Un titre en référence au poème de Mahmoud Darwich, qu’elle met en musique. Le seul morceau qu’elle n’ait pas écrit elle-même. Adepte des reprises d’anciennes chansons du répertoire arabe, qu’elle retravaille dans un processus d’exploration et de dialogue d’autant plus intéressant que ces chansons-là gardent une patte qui lui est étrangère, Yasmine Hamdan a ressenti le besoin de procéder différemment avec cet album.
«J’avais envie d’un mélange de textures, de sons et de rythmes, que j’avais déjà expérimenté par-ci par-là, mais sans l’avoir jamais poussé à l’extrême comme je l’ai fait ici».
Al-Jamilat, qu’elle a elle-même orchestré, tonne comme le plus personnel de sa discographie. «J’ai beaucoup peaufiné cet album, je l’ai pondu lentement, mais sûrement et avec l’aide de beaucoup de gens talentueux». Parmi eux, son ami musicien Steve Shelley (Sonic Youth) qui l’a aidé à organiser une première session d’enregistrement, à New York. Quelques jours vécus de manière très intense, «comme une course contre la montre, comme une grosse fièvre», avec des musiciens qu’elle ne connaissait pas, qui sont donc arrivés sans connaître les démos, jouant les morceaux en toute fraîcheur, puisque cet album s’est fait à 50% avec eux et 50% avec des musiciens qu’elle connaissait. «Je suis retournée à Paris, avec beaucoup de matériel. J’ai commencé à construire, à éditer, à faire des montages... un travail de pré-production très avancé», avant de passer à la phase finale, en retrouvant à Londres, ses deux producteurs anglais, Luke Smith et Leo Abrahams.

Bientôt en tournée
«Les chansons étaient déjà là. Je ne voulais pas prendre le risque de partir dans des endroits que je n’avais pas envie d’aborder. Je l’ai déjà expérimenté, ça fait très mal, ça peut être dangereux de ne pas savoir ce que l’on veut tout en gardant une flexibilité pour permettre à la musique d’évoluer au contact d’autres musiciens et producteurs. C’est un équilibre difficile à trouver, psychologique et émotionnel, comme un bébé qu’on laisse partir à un moment donné». Alors, il a fallu de la chance, beaucoup de stress, d’allers-retours, mais Yasmine n’a aucun regret, soulignant que cette «aventure intense et folle fait partie de la richesse des chansons». La tournée d’Al Jamilat est déjà sur les rails, avec un premier arrêt prévu aux Etats-Unis, puis en France. Aucune date n’est encore prévue pour le Liban, mais cela ne saurait tarder.  Parce qu’au-delà du lancement officiel de l’album, Yasmine Hamdan se prépare à tourner un clip à Beyrouth, après avoir lancé un premier film, La Ba’den, réalisé par le cinéaste Elia Suleiman, qui n’est autre que son mari. Quelle chanson est destinée à Beyrouth? «Ah c’est un secret », dit-elle, surexcitée. On attend...

Nayla Rached

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Éditorial
Cette mafia qui pille l’Etat

Une association secrète de malfaiteurs» ou un «groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts, par toutes sortes de moyens». Ces deux définitions du mot mafia dans le dictionnaire Larousse en ligne illustrent parfaitement le système en place au Liban. Depuis l’indépendance, et bien avant, cette structure n’a pas évolué, seuls les noms de ses opérateurs ont changé.Cette mafia transcende les communautés religieuses et les partis politiques. Elle est implantée partout où sa présence est nécessaire pour couvrir et protéger ses activités douteuses et illégales. Organisée comme une véritable structure criminelle, elle est composée de «consigliere», de «capos» et de soldats, dirigés par des parrains installés directement ou par proxys aux commandes de l’Etat. Parfois, des disputes entre chefs sur la répartition du butin ou le partage des zones d’influence dégénèrent en conflits violents. Lorsque l’un des parrains estime que ses intérêts ne sont pas pris en compte par ses collègues, il menace d’une guerre totale entre les grandes familles, qui prend alors la forme de guerre civile.Cette mafia étend ses réseaux tentaculaires partout où il est possible de réaliser des profits rapides et illégaux. Aucun secteur ne lui échappe. Elle est très influente dans les ports et à l’aéroport, où ses activités feraient perdre à l’Etat, en manque à gagner, des sommes colossales en raison des droits de douanes qui ne seraient pas perçus conformément aux lois. C’est en quelque sorte de la contrebande institutionnalisée, qui permet d’introduire au Liban toutes sortes de marchandises, favorisant des «commerçants» privilégiés, qui pourront casser les prix, à partir du moment qu’ils ne paient pas de droits de douanes ou la TVA.Les grandes familles de la mafia ont instauré un système quasi-monopolistique dans plusieurs secteurs. Elles sont présentes dans l’importation et la distribution des hydrocarbures, de certains produits alimentaires, de produits pharmaceutiques… Elle prélève sa part des profits générés par les générateurs de quartier, qui rapporteraient près d’un milliard de dollars par an, et par les distributeurs de bouquets de chaînes satellitaires, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.Cette mafia, qui dispose de partis-écrans et d’associations de bienfaisance, entretient une clientèle nourrie avec les miettes de l’argent pillé, qui finit dans les poches des parrains, au lieu d’être déposées dans les caisses de l’Etat.La volonté de réforme, qui consiste à transformer la caricature d’Etat en institutions authentiques, existe. Mais elle s’est toujours heurtée aux forces réactionnaires derrière lesquelles se cache la mafia. Pour la vaincre, il faut affaiblir son pouvoir économique, assécher ses sources de financement, qui lui permettent d’entretenir sa vaste clientèle. Il faut opter pour une approche graduelle, procéder secteur par secteur, en jouant les familles les unes contre les autres, et en offrant à celles qui le souhaitent, la possibilité de se repentir.


 Paul Khalifeh
   

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