Nadia Cheaib. Celle qui veut vaincre les maladies
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Nº 3075 du vendredi 3 mars 2017

Nadia Cheaib. Celle qui veut vaincre les maladies

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Présidente et fondatrice de la société ClinGroup Holding International, dont fait partie ClinServ International, une entreprise de recherche médicale, le Dr Nadia Cheaib figure parmi les 100 femmes arabes les plus puissantes pour l’année 2016 selon le magazine Forbes.

Après un bac obtenu chez les Sœurs Antonines à Nabatié, au Liban-Sud, c’est en France que le Dr Nadia Cheaib poursuit ses études. Elle y obtient deux doctorats en Pharmacie et Sciences médicales spécialisée en recherche biomédicale ainsi qu’un diplôme de Pharmacie vétérinaire. «ClinServ est la première société que j’ai fondée alors que j’étais encore étudiante à Paris. J’avais obtenu mon premier doctorat et je préparais le second. Mais entretemps, j’avais acquis de l’expérience dans le domaine de la recherche clinique en France et en Angleterre», explique le Dr Cheaib à Magazine.
Clinserv est la «sœur aînée» de la famille ClinGroup, une holding de six entités, chacune spécialisée dans un savoir-faire différent, visant à développer le secteur de la santé au Liban, au Moyen-Orient et en Afrique. Cette société dirige des programmes de recherche pharmaceutique et biomédicale sous haute surveillance ministérielle américaine et européenne. «A ce jour, ClinServ a dirigé plus de 350 programmes de recherche dans la région méditerranéenne, arabe et européenne, qui ont contribué au lancement de 35 médicaments sur le marché mondial, faisant bénéficier des milliers de patients au quotidien. Elle s’agrandit dans la région depuis 2007, avec des activités qui couvrent aujourd’hui tous les pays arabes, et commence à s’étendre en Afrique, d’où mes missions en ce moment en Egypte et en Afrique», souligne Dr Cheaib.

La bataille contre le cancer
Le Dr Nadia Cheaib est très impliquée dans le traitement des maladies liées au cancer, avec l’immunothérapie, qui semble aujourd’hui apporter un nouvel espoir aux malades. «L’immunothérapie est un concept fabuleux qui vise à soigner le patient, en harmonie avec son propre organisme. C’est très logique et cela va dans le sens du respect du corps et des cellules saines. C’est exactement comme si les cellules cancéreuses étaient l’ennemi et l’immunité du corps, l’armée. La meilleure façon de lutter contre l’ennemi est de le repousser hors des frontières en renforçant l’armée. L’immunothérapie, dans le traitement du cancer, est exactement pareille. On cherche à renforcer les capacités des cellules immunitaires, en l’occurrence les macrophages, qui deviennent de plus en plus capables et sélectives pour détruire les cellules cancéreuses et les éliminer. C’est dans ce sens que nous conduisons beaucoup de recherches internationales, pour de nombreux types de cancer, avec cette philosophie, et les résultats sont plutôt très prometteurs, grâce à Dieu». Peut-on parler d’un nouvel espoir pour les malades du cancer? «Absolument, l’espoir est grand. Ces trente dernières années, la recherche de nouvelles thérapies anticancéreuses a permis de maîtriser plus de 50% des cas, ce sont des pas de géants. Toutefois, la prévalence (proportion de nouveaux cas annuels) du cancer augmente aussi énormément, et ceci est dû à notre mode de vie. C’est la raison pour laquelle j’invite tout le monde à la prévention, qui est loin d’être négligeable dans les maladies liées au cancer», estime le Dr Cheaib.
Loin du médical, c’est dans l’association à but non lucratif Hope Mohamad Cheaib Foundation que Nadia Cheaib retrouve son énergie et se ressource. Hope MCF a été fondée en 2010, sur les mêmes principes de bonne gestion des entreprises que ClinGroup. «Comme les affaires liées à la santé occupent mon cerveau, ainsi Hope occupe mon cœur. Je ne la perçois pas comme un devoir mais comme une passion… Je me dois de remercier tous ceux qui me donnent l’opportunité de les aider à travers Hope, car cela me procure un sentiment de bonheur immense qui donne un vrai sens à ma vie.  Pour moi, le plus grand exploit de ClinGroup ce n’est pas son chiffre d’affaires mais plutôt sa contribution aux malades qui bénéficient de nos recherches et du développement des soins» confie-t-elle.
Financée par les profits de ClinGroup, Hope MCF s’occupe essentiellement de l’éducation, des soins de santé et de la femme. «Nous travaillons selon des programmes que nous mettons au point, sur tout le territoire libanais. Sans oublier nos partenariats avec d’autres fondations, car nous croyons que l’union fait la force». Sa réaction après avoir été élue par Forbes, parmi les 100 femmes les plus puissantes du monde arabe en 2016? «J’ai déjà été nommée à deux reprises en 2014 et 2016 et je l’en remercie. J’espère pouvoir en faire bon usage, et apporter une influence positive grâce à mes efforts et mes valeurs. Notre monde a vraiment besoin de bons exemples aujourd’hui. J’espère que mon histoire servira de motivation et d’inspiration aux jeunes générations. Le chemin est toujours semé d’obstacles quotidiens, leur fréquence ne diminue pas avec les titres ou le succès. Tout est question d’affirmation, de persévérance, de beaucoup d’investissement, de force et d’énergie, tout cela, encadré par une foi inébranlable».

Joëlle Seif

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Éditorial
Cette mafia qui pille l’Etat

Une association secrète de malfaiteurs» ou un «groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts, par toutes sortes de moyens». Ces deux définitions du mot mafia dans le dictionnaire Larousse en ligne illustrent parfaitement le système en place au Liban. Depuis l’indépendance, et bien avant, cette structure n’a pas évolué, seuls les noms de ses opérateurs ont changé.Cette mafia transcende les communautés religieuses et les partis politiques. Elle est implantée partout où sa présence est nécessaire pour couvrir et protéger ses activités douteuses et illégales. Organisée comme une véritable structure criminelle, elle est composée de «consigliere», de «capos» et de soldats, dirigés par des parrains installés directement ou par proxys aux commandes de l’Etat. Parfois, des disputes entre chefs sur la répartition du butin ou le partage des zones d’influence dégénèrent en conflits violents. Lorsque l’un des parrains estime que ses intérêts ne sont pas pris en compte par ses collègues, il menace d’une guerre totale entre les grandes familles, qui prend alors la forme de guerre civile.Cette mafia étend ses réseaux tentaculaires partout où il est possible de réaliser des profits rapides et illégaux. Aucun secteur ne lui échappe. Elle est très influente dans les ports et à l’aéroport, où ses activités feraient perdre à l’Etat, en manque à gagner, des sommes colossales en raison des droits de douanes qui ne seraient pas perçus conformément aux lois. C’est en quelque sorte de la contrebande institutionnalisée, qui permet d’introduire au Liban toutes sortes de marchandises, favorisant des «commerçants» privilégiés, qui pourront casser les prix, à partir du moment qu’ils ne paient pas de droits de douanes ou la TVA.Les grandes familles de la mafia ont instauré un système quasi-monopolistique dans plusieurs secteurs. Elles sont présentes dans l’importation et la distribution des hydrocarbures, de certains produits alimentaires, de produits pharmaceutiques… Elle prélève sa part des profits générés par les générateurs de quartier, qui rapporteraient près d’un milliard de dollars par an, et par les distributeurs de bouquets de chaînes satellitaires, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.Cette mafia, qui dispose de partis-écrans et d’associations de bienfaisance, entretient une clientèle nourrie avec les miettes de l’argent pillé, qui finit dans les poches des parrains, au lieu d’être déposées dans les caisses de l’Etat.La volonté de réforme, qui consiste à transformer la caricature d’Etat en institutions authentiques, existe. Mais elle s’est toujours heurtée aux forces réactionnaires derrière lesquelles se cache la mafia. Pour la vaincre, il faut affaiblir son pouvoir économique, assécher ses sources de financement, qui lui permettent d’entretenir sa vaste clientèle. Il faut opter pour une approche graduelle, procéder secteur par secteur, en jouant les familles les unes contre les autres, et en offrant à celles qui le souhaitent, la possibilité de se repentir.


 Paul Khalifeh
   

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