Private banking. Optimiser les rendements grâce à une profonde connaissance des marchés
Logo

Nº 3076 du vendredi 7 avril 2017

Private banking. Optimiser les rendements grâce à une profonde connaissance des marchés

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Private banking. Optimiser les rendements grâce à une profonde connaissance des marchés
    Dans un marché local et international de plus en plus complexe et sophistiqué, les banques d’affaires libanaises sont toujours à la recherche des meilleurs moyens pour optimiser les rendements de...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Dans un marché local et international de plus en plus complexe et sophistiqué, les banques d’affaires libanaises sont toujours à la recherche des meilleurs moyens pour optimiser les rendements de leurs clients.

Pour bien investir, il faut se faire une idée de l’avenir. C’est pour cette raison que les banques d’investissement, les gestionnaires de patrimoine et les entreprises, détestent les changements intempestifs de fiscalité et de réglementations. Aujourd’hui, la conjoncture internationale est marquée par des bouleversements inattendus tels les deux directives du président américain Donald Trump, qui sonnent l’hallali de la règlementation financière élaborée au lendemain de la crise financière internationale de 2008, en l’occurrence la loi Dodd-Frank. Ces directives pourraient avoir de lourdes conséquences en matière bancaire. Toutefois, elles devraient être comprises et analysées dans leur contexte. A ce paysage, sont venus se greffer le Brexit et la préférence claire de la Finlande de se retirer de la zone euro au lieu de payer la dette des autres membres de l’Union européenne. Celle-ci ne souhaite en aucun cas que son économie fasse les frais de l’endettement des autres, d’autant qu’elle est l’un des derniers pays de la zone euro à bénéficier d’une note de crédit triple A, et elle entend se battre pour la conserver. Aussi faut-il souligner la perturbation des bourses et des marchés des pays du Golfe, où les pronostics prévoient un plafond de 55 dollars pour le prix du baril de pétrole, dans le meilleur des scénarios.
Dans ce paysage macroéconomique, les experts lorgnent vers les marchés des commodités où la demande et l’offre pourraient faire fluctuer les prix des marchandises de base. Encore ne faut-il pas oublier les nouvelles normes internationales de fiscalité, que les pays signataires commencent à intégrer dans leurs règlementations, lentement mais sûrement. A ce rythme et dans ces conditions, il est légitime que les investisseurs se montrent prudents et sélectifs. Quant aux gestionnaires de patrimoine, ont-ils changé leurs règles de fonctionnement et de conduite?Est-on devant de nouveaux paradigmes dans la finance?

Phase d’adaptation
Selon M. Toufic Aouad, directeur général d’Audi  Private Bank sal, «les conseillers en investissement doivent toujours s’adapter aux nouvelles régulations et mesurer leur impact sur les marchés financiers, notamment au vu de l’accélération des réformes financières post-crise. Le plan de dérégulation des Etats-Unis n’est pas encore finalisé et ne devrait pas modifier les propositions d’investissement des conseillers. Certains secteurs devraient retrouver les faveurs des investisseurs, bénéficiant d’une plus grande souplesse règlementaire, notamment les valeurs financières. Par ailleurs, nous assistons aujourd’hui à une transition opérée par la politique monétaire qui laisse la place à une politique fiscale plus renforcée dans les pays développés. Les gouvernements se montrent plus prêts à une expansion budgétaire. Dans ce contexte, nous favorisons les secteurs les plus aptes à recevoir ces dépenses additionnelles, notamment les entreprises liées à l’infrastructure et aux matières premières».
Quant à ses recommandations géostratégiques et sectorielles, le chef d’Audi Private Bank a souligné que l’année 2017 devrait être marquée par une bonne santé économique dans les pays développés, au vu des indicateurs macroéconomiques depuis le 2ème semestre de 2016. En revanche, il prévoit une normalisation de la politique monétaire américaine, avec plusieurs hausses des taux directeurs au cours de l’année. Le risque politique reste également présent à l’esprit des investisseurs des deux côtés de l’Atlantique.
Au niveau des classes d’actifs, Audi Private Bank est légèrement positif sur les marchés d’actions, en l’absence de risques de récession, même si les valorisations semblent élevées et devraient entraîner une correction à court terme. «Parmi nos thèmes d’investissement, nous favorisons les financiers et les cycliques, aux valeurs défensives à la fois surévaluées et sensibles aux taux d’intérêt, dit-il, ajoutant qu’«au niveau des obligations, nous préférons investir sur le court terme étant donné que les rendements obligataires devraient repartir à la hausse. Les obligations «corporate» pourraient avoir plus de potentiel de réduction des «spreads» que les souveraines. L’or, valeur toujours refuge, devrait également garder une place de choix dans les portefeuilles, afin de contrer toutes variations brutales des marchés.»
Pour Audi Private Bank, les produits structurés ont toujours fait partie de l’offre d’investissement. Etant donné que le timing reste un élément clé pour ce genre d’investissement, la banque adopte une approche tactique et dynamique dans sa  sélection de ce genre de produits. Les marchés offrent chaque année des opportunités pour construire et proposer ces produits. 2016 n’a pas fait l’exception, tant en début d’année, où les marchés ont fortement décroché, qu’à la suite du vote du Brexit, qui a surpris et provoqué un pic de volatilité.

Changement d’approche
Autre son de cloche du côté de la Banque Libano-Française (BLF), dont le directeur de la banque privée, Charles Salem, a estimé que depuis la crise de 2008, les conseillers en investissements ont changé d’approche car le secteur financier a subi une avalanche de régulations (Dodd-Frank/Volker rule, Bâle 3, Mifid 1 et 2, PRIIPs…) qui les a touchés de plein fouet directement ou indirectement. A la suite du développement d’instruments financiers complexes, le régulateur a voulu renforcer de façon significative la protection des clients en matière de transparence, de gouvernance de produits, d’encadrement de la vente (Appropriateness & Suitability) et, surtout, du devoir de conseil. Les régulations portant sur plus de transparence fiscale (Fatca, CRS) ont aussi apporté un changement dans l’approche des conseillers en investissements en renforçant la due diligence sur la résidence fiscale ou la nationalité et l’origine ainsi que la source des fonds des clients.
Pour ce qui est des recommandations géostratégiques et sectorielles, le chef de la banque privée à la BLF, a mis l’accent sur le fait que son établissement accorde beaucoup d’importance à l’allocation d’actifs et à la diversification, qui est le socle de la préservation et la croissance du capital des clients. La banque a une  préférence pour les actions américaines dans une perspective moyenne de long terme, surtout dans le cadre d’une future politique budgétaire expansionniste. Par contre, il s’attend à plus de volatilité sur la zone euro (à cause de l’incertitude politique: élections, discussions sur les modalités du Brexit, dette grecque…) malgré les résultats des entreprises en croissance et une BCE toujours accommodante. «Sur les taux, BLF a une approche total return, véhiculée par notre fonds maison ‘BLF Total Return Bond Fund’, qui a une gestion active et une excellente performance en 2016 de 6.33%, explique-t-il. Ce fonds représente la partie principale de notre allocation obligataire, car il nous permet d’avoir accès aux marchés obligataires globaux avec une stratégie qui optimise le couple rendement /risque, sur nos investissements tactiques nous privilégions en ce moment des durées courtes et nous restons à l’écart des obligations souveraines». Charles Salem a déclaré par ailleurs que «la BLF maintient une allocation stratégique sur l’or, qui constitue une assurance dans les moments de forte volatilité sur les marchés. 2016 a été une année riche en initiative au sein de la BLF et a permis de promouvoir plusieurs produits innovants autour de nos thématiques d’investissements pour nos clients. Cette dynamique se poursuit en 2017 avec des lancements prévus tout au long de l’année selon les conditions du marché et surtout des niveaux des taux et de la volatilité. A titre d’exemple, nos équipes d’Advisory, en charge des produits structurés au sein de la Libano-Française Finance, ont lancé en 2016 SELECTO ALPHA 2019, un dépôt structuré en dollars lié à la surperformance d’un panier d’actions européennes. En 2017, un nouveau dépôt structuré à 3 ans en dollars, Stable Return Plus 2020, qui offre un rendement régulier garanti et une indexation à un fonds multi-produits performant. Dans la gestion d’actifs, nous avons complété notre gamme obligataire par le lancement du Lebanon Income Fund, qui a pour objectif d’assurer des revenus fixes de façon continue tout en cherchant à améliorer la rentabilité à travers une gestion de portefeuille prudente et active.»
Le fond est investi en produits obligataires et monétaires locaux en dollars et en livres libanaises (pour une allocation maximale de 15%). Il peut maintenir une portion de ses actifs en liquidités. Lebanon Income Fund (USD) convient à des investisseurs institutionnels et individuels. La performance du fonds s’établit à fin février 2017 à 2,21%.

Private Equity à la carte
BlomInvest Bank fait montre d’innovation. Georges Abboud, directeur général adjoint et chef de la Banque privée à la BlomInvest, mentionne deux produits structurés pour répondre à la demande de ses clients. En 2016, le premier consistait en une note émise sur le marché local pour répondre à une demande récurrente de sa clientèle qui désirait recevoir un revenu fixe. L’investisseur à travers la note achetait des actions Blom à un prix prédéterminé (10,5 $ en octobre 2016) et devait recevoir un coupon de 2% tous les 3 mois, sur une durée de 45 mois. L’action Blom vaut aujourd’hui plus de 12,65 $, donc les clients ont non seulement un cash-flow garanti de 8% par an mais ont aussi réalisé une plus-value de presque 20% depuis l’émission de cette note. Le deuxième produit a été structuré pour répondre à un autre besoin, celui d’investir dans de l’immobilier en Europe. «Les taux de changes étant très avantageux par rapport au dollar et les taux d’intérêt étant historiquement très bas, le timing était idéal, précise M. Abboud. Nous avons donc mis en place un mandat qui nous a permis, grâce à un excellent gérant en la matière (Marc Manastersky, en charge du pôle immobilier chez Quilvest), d’investir entre autres dans un complexe de bureaux à Madrid, dans un portefeuille d’hôtels de luxe en Europe, ou dans un immeuble de bureaux à Francfort… Nous allons finaliser le déploiement des investissements d’ici la fin 2017 et espérons des retours sur investissement entre 10% et 12% annualisé». «Par ailleurs, a encore indiqué le chef de la banque privée à BlomInvest, la dernière nouveauté consiste en la possibilité de s’associer avec un nouveau gérant de Private Equity, qui donnera la possibilité à notre clientèle professionnelle de choisir au cas par cas les compagnies dans lesquelles elle désire investir. Du Private Equity à la carte en quelque sorte avec des minimums d’investissements très acceptables.
En dehors du Liban, Blominvest concentre ses investissements aux Etats-Unis et en Europe. Pour l’instant, le marché américain se porte bien et l’Europe pourrait surprendre à la hausse. Avec des marchés boursiers
ayant atteint des plus hauts historiques, Blominvest recommande tout de même de diversifier les portefeuilles dans des stratégies alternatives, qui sont en général décorellées des indices actions, telles celles spécialisées dans le «event driven», le «long/short» ou bien sur l’immobilier. Enfin, pour sortir des sentiers battus, la banque privée de BlomInvest rajouterait à sa sélection de fonds un certificat couvrant un thème très porteur, la bionique, qui inclut toutes les technologies relatives aux organes artificiels, robots médicaux, appareils intelligents portables (wearable medical devices), etc…

Liliane Mokbel

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Saturation et indécence

Les interprétations optimistes des indicateurs économiques et les déclarations rassurantes des dirigeants ne cachent pas la réalité: l’économie tarde à prendre son envol. Les pronostics des institutions financières internationales et des cabinets d’études restent d’ailleurs assez modestes, même s’ils prévoient une légère amélioration. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 2% en 2017, Business Monitor International (BMI, Grande-Bretagne) prévoit un taux de 2,2% et le fournisseur de données indépendant, Economena Analytics, pense que la croissance s’établira autour de 2,5%.Comment pourrait-il en être autrement lorsque les moteurs de croissance traditionnels du Liban, que sont le tourisme, l’immobilier et la construction, «ont subi des revers», comme le souligne le FMI dans son rapport sur le pays du Cèdre.Il n’y a d’ailleurs nul besoin de lire ce rapport pour mesurer l’étendue du marasme économique. Rien ou presque n’encourage les Libanais à reprendre la consommation, et ce ne sont pas les quelques milliers de clients des restaurants – ce sont les mêmes qui tournent d’un établissement à l’autre –, qui démentiront cette réalité.      Certes, l’approbation du projet de budget 2017 par le gouvernement, le vote des décrets sur le pétrole et le gaz, les propositions de loi pour lutter contre la corruption au sein de l’administration publique et pour protéger les lanceurs d’alertes, le plan de réforme du secteur de l’électricité… sont des mesures louables. Mais il y a tellement à faire dans tous les domaines, que tous les efforts entrepris jusqu’à présent, semblent insuffisants pour que redémarre l’économie.Et même si des réformes structurelles étaient lancées tous azimuts, le Liban continuera à traîner un énorme boulet, celui des réfugiés syriens, qui représentent plus d’un tiers de la population. Cela «est éprouvant pour les communautés locales, créant de la pauvreté, du chômage, et ajoutant de la pression sur les infrastructures et les finances publiques déjà fragilisées», souligne le FMI. Selon l’institution internationale, le coût indirect de la présence des réfugiés syriens aurait dépassé les 2,5 milliards de dollars en termes de dégradation des services publics.Les conséquences de la présence de ce nombre de réfugiés sont encore plus pernicieuses. L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) dénonce la compétition déloyale des Syriens installés au Liban pour les sociétés, les entreprises, les petites entreprises, les usines et les divers chantiers. L’ACB évoque un «cycle économique syrien qui prospère et se développe à l’intérieur de l’économie libanaise» et à ses dépens. «Même si tous les touristes du monde venaient au Liban, cela ne règlerait pas la crise car nous sommes confrontés à un problème structurel provoqué par la concurrence faite à l’économie libanaise par une autre économie», prévient l’ACB.Le Liban a donc atteint le point de saturation aussi bien au plan démographique qu’économique. La situation est d’autant plus grave que la communauté internationale n’a jamais tenu ses engagements financiers, ce qui a poussé le FMI à l’interpeler, en estimant qu’elle «doit jouer un rôle-clé pour répondre à la crise des réfugiés». «Le Liban a besoin et mérite un appui important», indique le rapport de l’institution financière internationale.A défaut d’une aide directe au Liban, qui pourrait ne jamais arriver, les agences de l’Onu et autres ONG devraient au moins avoir la décence d’acheter sur le marché libanais et aux entreprises locales les produits alimentaires, médicaux et autres, fournis aux réfugiés, au lieu d’aller s’approvisionner sur les marchés extérieurs. Cela permettrait de remplir quelques lignes dans les carnets de commandes, désespérément vides, de l’industrie libanaise.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

Hôpitaux: pas assez de lits
Entre 2005 et 2015, le nombre de patients admis dans les hôpitaux privés est passé de 550 000 à 850 000 par an. Cette progression est tributaire de plusieurs facteurs, dont celui…

Combien ça coûte

Le permis de conduire
En théorie, le permis de conduire coûte 268 000 L.L., soit 179 dollars. En passant par les bons soins d'une auto-école, ce coût peut grimper jusqu'à 450 000 L.L.. «C’est le prix…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved