Les créateurs d’Anghami. Un duo de choc
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Nº 3076 du vendredi 7 avril 2017

Les créateurs d’Anghami. Un duo de choc

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    Eddy Maroun et Elie Habib, un duo de choc. A eux deux, ils ont créé l’application mobile Anghami. Lancée en 2011, cette plateforme qui offre un accès à 20 millions...
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Eddy Maroun et Elie Habib, un duo de choc. A eux deux, ils ont créé l’application mobile Anghami. Lancée en 2011, cette plateforme qui offre un accès à 20 millions de chansons, compte aujourd’hui plus de 37 millions d’utilisateurs et génère des millions de dollars de bénéfices.


Tout a commencé à partir d’une nécessité, d’un besoin à combler dans le monde de la musique en streaming, qui a vu le jour en 2008. «Il n’y avait pas de possibilité décente et légale d’obtenir de la musique, on s’est dit que cela allait être un créneau d’avenir», confie Eddy Maroun.
En 2010, l’idée de créer une application mobile est née. Chacun commence le projet à son niveau. Elie Habib, 44 ans, est ingénieur technique tandis qu’Eddy Maroun, 42 ans, possède un solide background musical. L’un travaille sur l’aspect business et musical, alors que l’autre s’occupe du côté technique. En 2011, le premier investissement est signé et la société est créée. «Au départ, nous avions engagé nos propres fonds. Ensuite, nous avons signé des investissements avec MEVP (Middle East Venture Part)». Le premier produit est lancé en novembre 2011.
En 2012, Anghami signe avec le groupe MBC un partenariat stratégique qui assure à l’application mobile une énorme couverture régionale et contribue à la croissance de la compagnie. Anghami est alors intégrée dans les principales émissions musicales de MBC comme Arab Idol et The Voice.
«Dans notre boulot, le facteur temps est très important. L’utilisateur réclame un produit de qualité immédiatement et s’attend à des progrès continus. C’est la raison pour laquelle nous grandissons très vite. Nous y mettons notre cœur et notre âme, nous travaillons avec passion et nous espérons le meilleur», explique Elie Habib.

Un énorme succès
Les chiffres d’Anghami explosent. Dans leur business plan, Eddy Maroun et Elie Habib avaient prévu d’atteindre les 350 000 utilisateurs au bout de la première année, mais la réalité dépasse tous leurs espoirs. En trois mois, Anghami compte déjà 1 million d’utilisateurs. La pression augmente. Il faut agir vite. Les deux jeunes entrepreneurs se souviennent des premiers mois, où ils ne dormaient presque plus. La compagnie grandit petit à petit. Ils ouvrent des bureaux à Dubaï, en Egypte, au Maroc et aux Etats-Unis. Parti avec quatre employés au départ, Anghami emploie aujourd’hui 70 personnes, des jeunes, dont la moyenne d’âge est d’environ 24 ans.
Anghami permet d’accéder à plus de 20 millions de chansons arabes et internationales. De nombreux artistes signent des contrats d’exclusivité avec la plateforme pour le lancement de leurs albums. «Aujourd’hui, toutes les musiques arabes passent en exclusivité sur Anghami». Les publicités et les souscriptions représentent 70% des sources de revenus. En partenariat avec les sociétés de téléphonie mobile, des packages sont proposés aux utilisateurs pour obtenir la version Anghami Plus, qui permet d’écouter de la musique sans publicité, en lisant les paroles, tout en étant en mode offline, sans utiliser une connexion internet. Aujourd’hui, Anghami est l’application la plus utilisée dans le monde arabe et représente le plus grand projet d’application musicale dans la région.

Un pari sur les jeunes
Eddy Maroun et Elie Habib ont remporté le premier prix du World Summit Award 2016 en Autriche. Ils croient fermement en leur pays et misent sur les jeunes. «Sans toute cette équipe qui est là, nous n’aurions pas pu réussir. On croit dans les Libanais. Investissez dans votre pays et misez sur les jeunes». A travers cette application, les deux entrepreneurs essaient de faire parvenir la voix de tous les artistes nouveaux et anciens et participent activement à la promotion de jeunes talents. Au Jazz festival de Dubaï qui s’est tenu récemment, ils ont fait la promotion de 6 nouveaux talents. «On représente la renaissance de la musique au Moyen-Orient à travers cette application gratuite, légale, qui offre une bonne qualité de musique. Nous sommes quelque peu en train de redresser une situation qui s’était détériorée à cause du piratage», confie Eddy Maroun. En 2017, Anghami fourmille de projets, avec la sponsorisation de festivals et de spectacles, dont 12 concerts au Dubaï Mall et la participation de 18 nouveaux talents, principalement des artistes et DJ, à la Step conference de Dubaï.  
Maroun et Habib estiment que si l’on croit fermement en quelque chose on peut le réaliser. «Nous avons mis Anghami sur la feuille de route mondiale de la musique, grâce à notre foi en ce projet». Ils ont tenu à avoir leur siège social à Beyrouth. «Le véritable pétrole du Liban, ce sont les Libanais. Ce sont les gens qui ont contribué à notre succès. Nous avons foi en eux. Ce n’est pas la réussite d’Eddy et Elie mais celle de toute l’équipe. Ici, il n’y a ni politique, ni religion. Tout le monde est pareil», confie Elie Habib. Pour Eddy Maroun, «une idée en laquelle on croit, la passion et l’aptitude nécessaire sont le secret de la réussite». Elie Habib, quant à lui, croit profondément au travail d’équipe. «Je suis pour l’idée de travailler ensemble. Je ne crois pas au concept d’être le premier. Etre le premier veut dire qu’il y a un second. Réussir à être le premier signifie réussir aux dépens de quelqu’un d’autre. A l’école on a toujours cultivé le culte de la compétition et j’y suis tout à fait opposé. Pour réussir, il faut travailler en groupe. C’est cela qui fait défaut au Liban».

Joëlle Seif

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Éditorial
Saturation et indécence

Les interprétations optimistes des indicateurs économiques et les déclarations rassurantes des dirigeants ne cachent pas la réalité: l’économie tarde à prendre son envol. Les pronostics des institutions financières internationales et des cabinets d’études restent d’ailleurs assez modestes, même s’ils prévoient une légère amélioration. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 2% en 2017, Business Monitor International (BMI, Grande-Bretagne) prévoit un taux de 2,2% et le fournisseur de données indépendant, Economena Analytics, pense que la croissance s’établira autour de 2,5%.Comment pourrait-il en être autrement lorsque les moteurs de croissance traditionnels du Liban, que sont le tourisme, l’immobilier et la construction, «ont subi des revers», comme le souligne le FMI dans son rapport sur le pays du Cèdre.Il n’y a d’ailleurs nul besoin de lire ce rapport pour mesurer l’étendue du marasme économique. Rien ou presque n’encourage les Libanais à reprendre la consommation, et ce ne sont pas les quelques milliers de clients des restaurants – ce sont les mêmes qui tournent d’un établissement à l’autre –, qui démentiront cette réalité.      Certes, l’approbation du projet de budget 2017 par le gouvernement, le vote des décrets sur le pétrole et le gaz, les propositions de loi pour lutter contre la corruption au sein de l’administration publique et pour protéger les lanceurs d’alertes, le plan de réforme du secteur de l’électricité… sont des mesures louables. Mais il y a tellement à faire dans tous les domaines, que tous les efforts entrepris jusqu’à présent, semblent insuffisants pour que redémarre l’économie.Et même si des réformes structurelles étaient lancées tous azimuts, le Liban continuera à traîner un énorme boulet, celui des réfugiés syriens, qui représentent plus d’un tiers de la population. Cela «est éprouvant pour les communautés locales, créant de la pauvreté, du chômage, et ajoutant de la pression sur les infrastructures et les finances publiques déjà fragilisées», souligne le FMI. Selon l’institution internationale, le coût indirect de la présence des réfugiés syriens aurait dépassé les 2,5 milliards de dollars en termes de dégradation des services publics.Les conséquences de la présence de ce nombre de réfugiés sont encore plus pernicieuses. L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) dénonce la compétition déloyale des Syriens installés au Liban pour les sociétés, les entreprises, les petites entreprises, les usines et les divers chantiers. L’ACB évoque un «cycle économique syrien qui prospère et se développe à l’intérieur de l’économie libanaise» et à ses dépens. «Même si tous les touristes du monde venaient au Liban, cela ne règlerait pas la crise car nous sommes confrontés à un problème structurel provoqué par la concurrence faite à l’économie libanaise par une autre économie», prévient l’ACB.Le Liban a donc atteint le point de saturation aussi bien au plan démographique qu’économique. La situation est d’autant plus grave que la communauté internationale n’a jamais tenu ses engagements financiers, ce qui a poussé le FMI à l’interpeler, en estimant qu’elle «doit jouer un rôle-clé pour répondre à la crise des réfugiés». «Le Liban a besoin et mérite un appui important», indique le rapport de l’institution financière internationale.A défaut d’une aide directe au Liban, qui pourrait ne jamais arriver, les agences de l’Onu et autres ONG devraient au moins avoir la décence d’acheter sur le marché libanais et aux entreprises locales les produits alimentaires, médicaux et autres, fournis aux réfugiés, au lieu d’aller s’approvisionner sur les marchés extérieurs. Cela permettrait de remplir quelques lignes dans les carnets de commandes, désespérément vides, de l’industrie libanaise.


 Paul Khalifeh
   

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