Hôpitaux: pas assez de lits
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Nº 3076 du vendredi 7 avril 2017

Hôpitaux: pas assez de lits

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    Hôpitaux: pas assez de lits
    Entre 2005 et 2015, le nombre de patients admis dans les hôpitaux privés est passé de 550 000 à 850 000 par an. Cette progression est tributaire de plusieurs facteurs, dont celui...
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Entre 2005 et 2015, le nombre de patients admis dans les hôpitaux privés est passé de 550 000 à 850 000 par an. Cette progression est tributaire de plusieurs facteurs, dont celui de la longévité des Libanais. A ceci s’ajoute l’accueil, en 2015, de 65 000 malades syriens et de près de 15 000 Irakiens. Sur la même période, l’augmentation des capacités d’accueil des hôpitaux n’a enregistré qu’une légère hausse, avec un accroissement du nombre de lits de 5%. A cela, deux explications: le manque d’attrait des investisseurs pour ce secteur et l’hésitation des propriétaires de ces établissements de faire un quelconque placement.


Trésorerie défaillante
Le président du syndicat des propriétaires d’hôpitaux privés, Sleiman Haroun, a considéré que la plupart des problèmes du syndicat sont tributaires de la multitude des entités assureurs tierces parties, alors que ce rôle aurait dû être confié exclusivement au ministère de la Santé. D’après lui, chaque entité a son propre mécanisme de paiement et de couverture. Elles ont en commun un problème, celui de la faiblesse de leur trésorerie.

Hospitalisation: Tarifs inchangés
Certains tarifs de soins hospitaliers sont restés inchangés depuis 2000 malgré le taux cumulé de l’inflation depuis 17 ans, se plaignent les directeurs d’hôpitaux    

Ministère de la Santé: Déficit  
Le ministère de la Santé a accusé un déficit du poste des crédits alloués à l’hospitalisation de 200 milliards de L.L., entre 2012 et 2015.

Arriérés FSI
Les arriérés des frais hospitaliers impayés se rapportant aux seules FSI totalisent près de 90 milliards de L.L. pour 2015.




Santé: Chaos  sur le marché de l’emploi
Le ministère de la Santé a accordé des permis de travail à 1 400 médecins, 3 518 infirmiers et 1 453 pharmaciens. Ces permis ont été délivrés en l’absence d’une étude sur les besoins réels en termes d’emploi du secteur de la santé. Ce qui signifie qu’une grande partie de ces personnes qualifiées devront prendre le chemin de l’émigration ou du chômage. En revanche, le secteur industriel peut accueillir des diplômés, à condition que l’Etat l’aide à se moderniser.

Amélioration du secteur extérieur en 2016
Le secteur extérieur a connu en 2016 une amélioration significative de son activité véhiculée par la croissance des flux de fonds, entraînant un excédent de 1,2 milliards de dollars de la balance des paiements, pour la 1ère fois depuis 2010. La croissance des flux d’argent a enregistré 44,2% en 2016 contre une contraction de 25,4% en 2015, passant ainsi de 11,8 milliards de dollars en 2015 à 17 milliards de dollars l’an dernier.

2 365 938 m2
La surface des biens-fonds publics occupés légalement par des agents privés s’élèverait à 2 365 938 m2. Depuis 1992, l’Etat a promulgué 73 décrets portant sur des permis d’occupation de biens fonds-publics maritimes.   

-17%
L’activité de la Bourse de Beyrouth a poursuivi sa tendance baissière en 2017. Le volume des opérations traitées au cours des deux premiers mois de 2017 sur une base cumulative a régressé de 17,38%, s’élevant à 67,28 millions de dollars.

467
Saviez-vous que la promulgation de plusieurs législations financières dans les années 50, y compris la loi sur le secret bancaire, aurait contribué à une progression des dépôts bancaires de 467% entre 1950 et 1961 et à une hausse du nombre d’établissements de crédits de 31 en 1955, à 72 en 1968? L’augmentation des dépôts s’est poursuivie pendant la guerre jusqu’en 2015, lorsque son rythme a commencé à se ralentir.

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Éditorial
Saturation et indécence

Les interprétations optimistes des indicateurs économiques et les déclarations rassurantes des dirigeants ne cachent pas la réalité: l’économie tarde à prendre son envol. Les pronostics des institutions financières internationales et des cabinets d’études restent d’ailleurs assez modestes, même s’ils prévoient une légère amélioration. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 2% en 2017, Business Monitor International (BMI, Grande-Bretagne) prévoit un taux de 2,2% et le fournisseur de données indépendant, Economena Analytics, pense que la croissance s’établira autour de 2,5%.Comment pourrait-il en être autrement lorsque les moteurs de croissance traditionnels du Liban, que sont le tourisme, l’immobilier et la construction, «ont subi des revers», comme le souligne le FMI dans son rapport sur le pays du Cèdre.Il n’y a d’ailleurs nul besoin de lire ce rapport pour mesurer l’étendue du marasme économique. Rien ou presque n’encourage les Libanais à reprendre la consommation, et ce ne sont pas les quelques milliers de clients des restaurants – ce sont les mêmes qui tournent d’un établissement à l’autre –, qui démentiront cette réalité.      Certes, l’approbation du projet de budget 2017 par le gouvernement, le vote des décrets sur le pétrole et le gaz, les propositions de loi pour lutter contre la corruption au sein de l’administration publique et pour protéger les lanceurs d’alertes, le plan de réforme du secteur de l’électricité… sont des mesures louables. Mais il y a tellement à faire dans tous les domaines, que tous les efforts entrepris jusqu’à présent, semblent insuffisants pour que redémarre l’économie.Et même si des réformes structurelles étaient lancées tous azimuts, le Liban continuera à traîner un énorme boulet, celui des réfugiés syriens, qui représentent plus d’un tiers de la population. Cela «est éprouvant pour les communautés locales, créant de la pauvreté, du chômage, et ajoutant de la pression sur les infrastructures et les finances publiques déjà fragilisées», souligne le FMI. Selon l’institution internationale, le coût indirect de la présence des réfugiés syriens aurait dépassé les 2,5 milliards de dollars en termes de dégradation des services publics.Les conséquences de la présence de ce nombre de réfugiés sont encore plus pernicieuses. L’Association des commerçants de Beyrouth (ACB) dénonce la compétition déloyale des Syriens installés au Liban pour les sociétés, les entreprises, les petites entreprises, les usines et les divers chantiers. L’ACB évoque un «cycle économique syrien qui prospère et se développe à l’intérieur de l’économie libanaise» et à ses dépens. «Même si tous les touristes du monde venaient au Liban, cela ne règlerait pas la crise car nous sommes confrontés à un problème structurel provoqué par la concurrence faite à l’économie libanaise par une autre économie», prévient l’ACB.Le Liban a donc atteint le point de saturation aussi bien au plan démographique qu’économique. La situation est d’autant plus grave que la communauté internationale n’a jamais tenu ses engagements financiers, ce qui a poussé le FMI à l’interpeler, en estimant qu’elle «doit jouer un rôle-clé pour répondre à la crise des réfugiés». «Le Liban a besoin et mérite un appui important», indique le rapport de l’institution financière internationale.A défaut d’une aide directe au Liban, qui pourrait ne jamais arriver, les agences de l’Onu et autres ONG devraient au moins avoir la décence d’acheter sur le marché libanais et aux entreprises locales les produits alimentaires, médicaux et autres, fournis aux réfugiés, au lieu d’aller s’approvisionner sur les marchés extérieurs. Cela permettrait de remplir quelques lignes dans les carnets de commandes, désespérément vides, de l’industrie libanaise.


 Paul Khalifeh
   

LES CHIFFRES

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