Micheline el Housseini Timbrell. L’entrepreneuriat dans les veines
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Micheline el Housseini Timbrell. L’entrepreneuriat dans les veines

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Phi Management Group est une société spécialisée dans le management consulting. Avec un portefeuille impressionnant de clients, elle est considérée comme leader sur le marché libanais et arabe dans l’évaluation des talents et leur développement. Magazine a rencontré Micheline el Housseini Timbrell, fondatrice et managing director de la compagnie.  

Dès son plus jeune âge, Micheline el Housseini Timbrell s’est distinguée par un esprit entrepreneurial. Son rêve était de devenir avocate mais elle opte pour une formation d’assistante sociale à l’Université saint-Joseph. «J’ai toujours aimé travailler sur des problématiques sociales et je me suis tout à fait retrouvée dans ce domaine», confie-t-elle. Elle est la première assistante sociale de l’école Notre-Dame de Jamhour, où on lui confie la création d’un département social. En parallèle, elle enseigne à l’USJ.
Après 7 ans passés à Jamhour, Micheline el Housseini Timbrell opère un changement radical et se lance dans l’hôtellerie et les ressources humaines. «C’était une nouvelle industrie et j’ai décidé de m’orienter dans ce nouveau domaine», dit-elle. Directrice des ressources humaines (RH) de l’hôtel Vendôme Intercontinental, elle est sélectionnée pour suivre un programme intensif de développement de talents pour les exécutifs pendant 18 mois, à l’université Cornell. Les promotions se succèdent. Elle devient Directrice régionale du personnel puis Directrice des RH de l’hôtel Phœnicia puis Directrice régionale des RH dans le même hôtel avec la responsabilité de cinq structures: le Mzar Intercontinental, le Vendôme, le Phœnicia, le Crown Plaza et le Holiday Inn. Elle obtient plusieurs certificats internationaux dans le domaine des ressources humaines, se spécialisant dans l’évaluation des talents et leurs développements. Elle enseigne à la NDU et à l’USJ.

Un nouveau virage

En 2005, Micheline el Housseini Timbrell opère un nouveau virage en fondant sa propre compagnie, Phi Management. Il y a 3 ans, elle a ouvert un bureau à Abou Dhabi pour desservir la région du Moyen-Orient. Entre-temps, elle prend en charge l’Executive MBA à l’Université Américaine de Beyrouth. Son portefeuille de clients est impressionnant et compte parmi les plus grosses entreprises libanaises : Azadea, Holdal, Arab bank, Byblos Bank, Blom bank, Bank Audi, ABC, entre autres.
La compagnie Phi management comporte deux volets. Le premier concerne le développement du capital humain des sociétés. «Nos programmes se font sur mesure. Nous passons beaucoup de temps sur la compréhension de l’industrie, ses symptômes et ses problèmes puis nous proposons des programmes de développement: leadership, strategic thinking, acumen, presentation skills, public speaking, etc. Nous travaillons beaucoup au niveau du comportement et de l’attitude pour aider les cadres à développer des compétences de leadership». Le second volet porte sur la consultation au niveau de l’organisation et de la stratégie. «Nous avons réussi à inventer nos propres solutions avec des outils très avancés  et compétitifs au niveau international».
Son rôle principal consiste à impulser la vision de la compagnie et d’en fixer les stratégies. Elle crée des produits et des solutions qui vont servir le nouveau consommateur pour être compétitif au niveau du coût et de la qualité. Elle gère aussi l’équipe de manière à s’adapter aux nouvelles stratégies. «Mon rôle est de trouver de nouveaux marchés et clients».

Coaching
Hormis son rôle dans le management, Micheline el Housseini Timbrell est aussi coach de public speaking. Dans cette mission très prisée au Liban, surtout de la part d’hommes politiques et de très hauts cadres de différentes industries, elle est accompagnée par une équipe multidisciplinaire qui travaille sur la voix, l’image, la gestuelle, etc. «Je coache sur le contenu, on travaille sur la confiance en soi, le trac, les émotions, la communication, la timidité, l’estime de soi, le regard de l’autre. Une sorte de travail analytique qui se fait sur la personne». Le public speaking opère également sur le cerveau de l’audience et sur sa capacité à rester attentif. Tenue par une obligation de réserve, elle ne peut citer le nom des clients libanais mais estime que le meilleur public speaker de tous les temps demeure… Winston Churchill.  Steve Jobs, le patron d’Apple était aussi un excellent orateur, ainsi que le couple Obama. «Par contre, Hillary Clinton, pourtant très à l’aise dans les débats, est faible en prise de parole publique. Elle donne toujours l’impression de crier malgré de grands efforts faits à ce niveau ».
En tant que femme, Micheline el Housseini Timbrell n’a jamais perçu de discrimination au Liban, qu’il s’agisse de son jeune âge ou de son statut de femme, quoi qu’elle reconnaisse que ce sentiment existe dans les pays de la région. Sa principale satisfaction est ce sentiment «d’achievement», d’avoir créé une compagnie à partir de rien et de l’avoir vu grandir sous ses yeux. «Je me réalise à travers cette société». Passionnée par son métier, elle estime que le travail acharné est une composante principale du succès. «Je suis une éternelle insatisfaite, en quête de perfection, qui se remet tout le temps en cause et se pose toujours des questions». Constamment en quête de qualité, elle estime qu’il faut avoir foi en soi. «Pour réussir, il faut être un brin aventurier, courageux et accepter de prendre des risques».

Joëlle Seif

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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