L’histoire de la région par les Jésuites. Un passé recomposé
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

L’histoire de la région par les Jésuites. Un passé recomposé

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    L’histoire de la région par les Jésuites. Un passé recomposé
    C’est un véritable trésor qui est entreposé à la Bibliothèque Orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ). Près de 120 000 documents photographiques réalisés par des pères Jésuites entre la fin...
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C’est un véritable trésor qui est entreposé à la Bibliothèque Orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ). Près de 120 000 documents photographiques réalisés par des pères Jésuites entre la fin du XIXe siècle et 1960 attendent d’être exploités.


En 1998, l’archéologue libanais Lévon Nordiguian décide de prendre en charge une collection de photographies tombées dans l’oubli. Prises par les pères Jésuites depuis la fin du XIXe siècle jusqu’en 1960 au Liban et au Proche-Orient, ces photos constituent un réel trésor pour le patrimoine libanais. Entre les premières expositions consacrées aux travaux de quelques pères Jésuites (depuis l’an 2000) et la création de la photothèque, seize ans se sont écoulés. Inaugurée en juin 2016 dans la même bâtisse que celle de la Bibliothèque Orientale, la photothèque a été financée par la fondation Boghossian (qui date de 1992 et dont les objectifs prioritaires concernent la formation et l’éducation). «J’ai élaboré la proposition de mise en place d’une véritable photothèque pourvue de moyens de conservation scientifique, afin de pouvoir procéder aux travaux de numérisation et d’agencement des photos dont nous disposons», explique Lévon Nordiguian.

Intérêt géographique et ethnographique
Les Jésuites de l’époque n’étaient évidemment pas des spécialistes du reportage photo. Les clichés qu’ils ont pris s’inscrivent dans le cadre de leur mission religieuse, pour une meilleure documentation des travaux accomplis au fil des années. Se déplaçant à dos de mulet, ils ont rendu éternelles certaines tranches de l’Histoire grâce à leurs outils photographiques. L’exemple d’Antoine Poidebard, pionnier de la photographie aérienne en archéologie, est très parlant. Missionnaire jésuite et explorateur, il s’établit à Beyrouth en 1925 et effectue des milliers d’heures de vol au-dessus de la Syrie, du Liban et d’autres pays du Proche-Orient. Avec des procédés techniques innovants pour l’époque, Poidebard parvient à établir des procédures rigoureuses qui permettront à l'archéologie aérienne de révéler scientifiquement des vestiges qui, normalement, ne sont pas visibles au sol. Pris à partir de l’avion selon une incidence rasante de la lumière, certains microreliefs apparaissent uniquement sur les photos. En comparant les images exposées à la photothèque à la réalité géographique actuelle, on prend conscience de l’«évolution» (l’est-elle vraiment?) du paysage libanais. Avec aussi une compréhension de l’instrumentalisation idéologique de l’archéologie au cours des dernières décennies. D’un point de vue ethnographique, l’image perd de sa valeur uniquement illustrative pour revendiquer une fonction démonstrative. La photographie ethnographique des Jésuites atteste donc du vécu et remplit une fonction d’abord descriptive, aidant à mieux objectiver le réel en enregistrant les données sans les sélectionner. L’image devient donc un outil d’investigation à part entière, en rendant visible les actions, les gestes et les modes de vie les plus anodins.

Gardien de l’Histoire
Les photographies étant extrêmement sensibles à la lumière et à l’humidité, des conditions de conservation s’imposent. Les tirages papier, plaques de verre et négatifs sont entreposés dans une «chambre froide» dont la température varie entre 18 et 20 degrés celsius et dont le taux d’humidité ne dépasse pas les 44%. Une fois «nettoyées», les photos sont rangées dans des enveloppes et dans des boîtes sans acide, avant d’être placées sur les grandes étagères de la pièce climatisée. «Une fois la numérisation achevée, nous procédons à la conception de l’inventaire qui comprend les dimensions, le format, le type des photos et le contexte dans lequel elles s’inscrivent. Une base de données est ainsi établie grâce à un moteur de recherche spécifique», indique Lévon Nordiguian. Un petit musée qui constitue une réelle richesse pour le Liban et pour son Histoire.

Natasha Metni

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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