Comment financer son mariage
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Comment financer son mariage

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Le marché du mariage ne connaît pas la crise, du moins au Liban. On se marie certes un peu plus tard, mais l’envie de faire la fête demeure, afin de graver dans le marbre ce jour important. Les banques se sont emparées de ce créneau porteur et proposent des facilités de financement aux futurs époux.

Les Libanais aiment partager leur joie avec leurs parents et amis tout en rêvant de rendre leur cérémonie de mariage «inoubliable», et «ostentatoire», avec à la clé, une recherche de sophistication concernant les événements qui marqueront cette journée. De l’aménagement du dîner de noces au spectacle/divertissement, de la robe de mariée – ou des robes puisqu’il est désormais tendance que la future épouse change de tenue au moins deux fois lors de la soirée –, aux cadeaux de retour pour les invités, des photos en 3D et vidéos à la lune de miel dans les lieux les plus insolites et par conséquent les plus chers, etc. les ingrédients ne manquent pas pour pimenter l’événement.

Qui paie quoi?
Il est rare, dans notre pays, que les futurs mariés se limitent au budget fixé au préalable. Les couples ne tolèrent pas de faire les choses à moitié, ils souhaitent organiser des festivités dignes des Mille et une nuits même s’ils n’en ont pas les moyens. «C’est une culture», disent certains psychologues, alors que d’autres parlent de complexe de lutte entre les classes sociales ou d’un besoin de s’affirmer en termes de réussite professionnelle et sociale. Pour le moment, le paradigme social dans notre pays semble être: «plus d’extravagance au cours des festivités est synonyme de plus de réussite dans la vie professionnelle». En un mot comme en mille, tous les Libanais souhaitent montrer leur solidité financière bien que cela ne soit pas forcément le cas.        
Les mœurs ont évolué et changé au Liban. Elles s’occidentalisent forcément. La répartition des achats et des dépenses n’est plus aussi stricte et déterminée. Les frais de la noce se discutent entre les ascendants et descendants directs. Car dans de plus en plus de cas, les temps sont durs pour les finances du couple et de leurs parents rapprochés respectifs. Même si les futurs conjoints ont un peu plus que la trentaine et sont déjà lancés dans leur vie professionnelle, ils ne peuvent qu’apporter une contribution modeste aux coûts de ce grand événement.

Solutions alternatives
Aujourd’hui, les couples ont déjà pas mal de charges financières à assumer en dehors des frais de la fête, comme par exemple le coût de l’appartement où ils vont résider, loué voire acheté à crédit. Le logement, pour une période transitoire, chez les beaux-parents, n’est plus de mise et non négociable.
Au Liban comme partout ailleurs dans le monde, les problèmes de trésorerie sont fréquents. Pourtant, ces difficultés n’ont pas encore levé le tabou du crowdfunding, à titre d’exemple. Avec ce procédé de financement participatif, le couple choisit une plateforme électronique et y lance un appel à contribution à ses proches, voire à des inconnus pour obtenir un financement partiel. Si à San Diego, le processus a fonctionné, il est encore loin de notre culture et de nos traditions libanaises. Un autre moyen, qui s’allie à la tendance actuelle et s’accommode du concept marketing omniprésent dans nos vies au quotidien, est celui de sponsoriser son mariage. L’expérience a déjà eu lieu à Beyrouth lors du mariage du fils d’un ancien ministre et député l’an dernier et a été couronnée de succès. Elle  serait plus facile à concrétiser pour un couple qui travaille dans le marketing et/ou la planification des mariages (event-planners). Disposant des bonnes adresses des traiteurs, des fleuristes, des couturiers, des DJ, le marketeur, l’un ou l’autre partenaire, sort la carte de l’échange commercial de sa manche. Les entreprises qui souhaitent sponsoriser le mariage se voient ainsi promettre en échange une forte visibilité du mariage dans tous les médias qui comptent, mais aussi l’espoir de persuader de nouveaux clients à signer des contrats d’organisation de leur grand événement. On est donc dans une logique de marketing avec des partenariats et des placements de produits. Dans cette catégorie de partenariat, les apports des prestataires seraient partiellement gratuits. Mais le jeu vaut la chandelle puisque cela peut permettre d’économiser jusqu’à la moitié des frais.

Concurrence bancaire
Lorsqu’il s’agit de financement, les banques tentent immanquablement de s’impliquer. Elles n’ont donc pas laissé passer l’occasion d’explorer «ce créneau porteur» que représente le financement de l’organisation d’un mariage. La concurrence bat son plein entre les agents créditeurs. Quant aux tourtereaux, ils ne manquent pas de comparer les tarifs et de peser les avantages et les inconvénients des propositions de prêt ou de l’ouverture d’un compte d’épargne.
Dans les faits, le concept du cadeau de mariage a évolué, ces dernières années. Plus pragmatiques que leurs aïeux, les nouveaux couples réfléchissent à se décharger un tant soit peu des frais de ce jour. Les produits bancaires dédiés aux nouveaux couples sont nombreux mais se trouvent toujours en concurrence avec les listes de mariages déposées dans des magasins d’électroménager, décoration ou maison, présentées comme «utiles aux ménages»….Toujours est-il que la règle d’or est de prendre le temps nécessaire pour ajuster ses comptes à ses moyens et ne pas dépenser plus que ce que l’on pourra rembourser. Sinon, les mois ou années à venir risquent d’être difficiles à gérer sur le plan financier. Le plus important est de rester alerte et de ne pas se ruiner.
Contracter un prêt personnel ou un crédit à la consommation n’est pas une chose à prendre à la légère puisqu’il engage sur une longue période. D’autant que l’on doit ajouter au montant emprunté, les intérêts de l’établissement financier qui prodigue le prêt. D’où l’importance de s’attarder à des opérations de calcul minutieuses pour comparer les taux d’intérêt, les délais d’échelonnement des versements, les frais de dossier, etc. S’il convient d’être vigilant, il est vrai que le recours à un établissement bancaire permet de jouir instantanément de la trésorerie nécessaire au paiement des différents prestataires de l’événement à venir. Par ailleurs, il ne faut pas hésiter à rembourser son crédit par anticipation ou même à régler de plus grosses sommes des mensualités, si les invités au mariage s’avèrent généreux sur le plan des cadeaux.

Epargne participative
Choisir d’ouvrir un compte d’épargne bancaire participatif peut être une possibilité. Cette option représente la grande tendance chez les couples libanais. Dans ce cas de figure, les invités facilitent la vie aux futurs époux en y apportant chacun leur contribution auprès d’un seul compte d’épargne conjoint aux noms des mariés, ouvert dans les agences d’une seule enseigne bancaire. Le couple a les coudées franches et peut ainsi décider à tête reposée quoi faire de l’argent collecté. Il peut aussi y avoir accès à tout moment.
Lorsque les banques sont concernées, la concurrence entre elles joue à plein régime. Les bonus et prestations gratuites associées sont multiples et les établissements de crédit à ce niveau ne manquent pas d’esprit créatif et d’innovation. Les banques proposent, dans cet esprit, leurs propres cadeaux de mariage au couple. La liste est longue et les idées variées. La banque peut par exemple s’engager à financer des billet
d’avion pour deux personnes vers des destinations précises.
Certains établissements proposent une période de grâce pour le  remboursement des mensualités du prêt bancaire, ou encore un taux d’intérêt débiteur généreux si l’argent collecté dans le compte bancaire d’épargne est maintenu … Parallèlement, dans l’objectif ultime de faciliter la nouvelle vie de couple, certaines banques établissent des liens de commerce électronique avec des points de vente prestigieux permettant ainsi d’associer la liste de mariage des futurs époux à leur compte bancaire en indiquant les postes de dépenses.
Un mariage se prépare, surtout si l’on n’a pas d’épargne. Il est très important de bien réfléchir à son financement, car, en effet, il ne s’agit là que d’une journée! Certains n’imaginent même pas dépenser autant d’argent pour un si court moment alors que d’autres économisent toute leur vie pour se faire plaisir.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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