La Biennale de Venise. L’art comme repère spatio-temporel
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

La Biennale de Venise. L’art comme repère spatio-temporel

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    «Viva Arte Viva», c’est sous ce thème que se déroule la 57e édition de la Biennale de Venise, jusqu’au 26 novembre. Retour sur l’une des plus anciennes manifestations artistiques de...
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«Viva Arte Viva», c’est sous ce thème que se déroule la 57e édition de la Biennale de Venise, jusqu’au 26 novembre. Retour sur l’une des plus anciennes manifestations artistiques de tous les temps.

Pour la troisième fois de son histoire, le Liban dispose de son pavillon national à la Biennale de Venise. La première participation du pays remonte à 2007, dans une ancienne brasserie, sur l’île de Guidecca, où une exposition collective rassemblait le travail de Fouad el-Khoury, Lamia Joreige, Walid Sadek, Mounira el-Solh et Akram Zaatari. Pour sa deuxième participation, non consécutive, puisqu’elle a lieu en 2013, c’est le vidéaste Akram Zaatari, qui exposera son installation Letter to a refusing pilot.
Le Liban est de retour, cette année, représenté par le plasticien et musicien Zad Moultaka, avec l’installation ŠamaŠ, soleil noir soleil, un projet «qui unit architecture visuelle et composition sonore. Il associe les recherches musicales et plastiques de l’artiste dans une synergie de formes, de matières et de sons».
Le parcours du Liban à la Biennale de Venise a été rappelé, une semaine avant l’inauguration de l’événement, le 13 mai, en quelques dates et explications, par Antonio d’Avossa, professeur d’Histoire d’art contemporain à l’Académie des Beaux-arts de Brera. C’était lors d’une soirée un peu particulière, qui a eu lieu le vendredi 5 mai à la Villa Italia, la résidence de l’ambassadeur d’Italie au Liban, Massimo Marroti. Un «Espresso time Decaf» qui a rassemblé une cinquantaine de personnalités du monde de l’art au Liban, pour revenir justement sur l’historique et l’importance de la Biennale de Venise. De discussions en rencontres, les convives se sont réunis autour du Pr. d’Avossa, aux propos teintés d’humour, pour découvrir «l’Histoire et les histoires» de la Biennale, depuis sa création jusqu’au succès de ses scandales.

Péripéties à l’italienne
Nous voilà en 1895, sous le règne du roi Umberto et de la reine Marguerite de Savoie. Cette dernière, très active, explique Antonio d’Avossa, veut créer en Italie une exposition sur le modèle des expositions universelles de Londres et Paris, qui implique donc la notion de pavillon. En maître conférencier parfait, tenant son public en haleine, Antonio d’Avosso, nous fait suivre les péripéties de cette aventure, de la chute du campanile de l’église Saint-Marc jusqu’à l’installation de la Biennale dans les jardins, Giardini, et l’éclosion, au fil du temps, des pavillons dans différents endroits, un palais, une église, une brasserie...
Dans sa première édition, la Biennale accueille 100 000 visiteurs, un chiffre très important à l’époque. L’importance de cette manifestation réside notamment dans le repère artistique qu’elle constitue puisqu’elle accueille tous les «événements» qui ont agité l’art contemporain et l’ont marqué du succès des scandales. La Biennale demeure bien le lieu où le scandale éclot, de Picasso à Giacomo Grosso en passant par Modigliani, jusqu’à «l’invasion américaine» du «pop-art» en 1964. Mais aussi la révolution de mai 68 qui s’invite à l’exposition avec ses artistes qui, dès l’apparition de la police, retournent leurs toiles: «La Biennale est fasciste», écrit l’un d’eux sur le revers de son tableau.
Avec le temps, la relation avec le public se transforme également. Jusque dans les années 70, l’exposition attirait essentiellement des spécialistes, mais l’art se démocratisant de plus en plus, le nombre de visiteurs, tout public, s’accroît d’édition en édition. La Biennale de Venise, insiste Antonio d’Avossa, est «un miroir des changements de la vie, de la géographie, de la politique». Mais au-delà de tout, l’art c’est surtout ça: «un message pour la vie».

Nayla Rached

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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