Tony Khalifé. Un journaliste qui n’a pas froid aux yeux
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

Tony Khalifé. Un journaliste qui n’a pas froid aux yeux

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    Tony Khalifé. Un journaliste qui n’a pas froid aux yeux
    Il a fait ses débuts à la LBCI comme journaliste-reporter, puis présentateur du journal télévisé et, enfin, animateur de jeux et de talk-shows. Sa renommée a depuis longtemps dépassé le...
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Il a fait ses débuts à la LBCI comme journaliste-reporter, puis présentateur du journal télévisé et, enfin, animateur de jeux et de talk-shows. Sa renommée a depuis longtemps dépassé le Liban pour atteindre l’Egypte, où il est une véritable star.

Tony Khalifé a le défaut de ses qualités. «Je suis un homme franc et c’est la raison pour laquelle beaucoup de personnes ne m’aiment pas. Les gens aiment ceux qui leur mentent, ceux qui leur disent ce qu’ils ont envie d’entendre. Je n’appartiens pas à cette école, je ne sais pas flatter. Et c’est de là que venaient tous mes problèmes pendant les dix-sept années que j’ai passées à la LBCI. Durant toute cette période, ce sont mes compétences qui m’ont permis de rester en place, alors qu’à chaque fois que je me lançais dans un nouveau programme, on attendait que j’échoue», dit-il.
Contrairement à ce que les gens croient, c’est à force de travail et d’acharnement que Tony Khalifé a tracé son chemin. «J’ai réussi grâce à mes compétences. Mes programmes étaient toujours à budget très modeste comparé aux autres». Alors que certains présentateurs ont commencé leur carrière en recevant de grandes stars, Tony Khalifé réussissait ses émissions avec de petits moyens, même quand il interrogeait le sans-abri au coin de la rue. «Pour participer à une émission, les stars réclament de gros cachets et leur présence même fait de l’émission un véritable succès sans que le présentateur n’ait aucun mérite». Aujourd’hui, Tony Khalifé ne fait pas ce genre d’émission. «Je n’ai pas le carnet d’adresses nécessaire pour cela. J’estime avoir réussi là où d’autres ont échoué et c’est la raison pour laquelle je suis encore là, 25 ans après», dit-il.

Salaire modeste
C’est à la LBCI que l’animateur a fait ses débuts. «J’avais le sentiment d’avoir un potentiel mais les responsables de la chaîne voulaient me confiner dans le même registre». Son départ, après 17 ans, était «une décision courageuse», commente-t-il. Son salaire était modeste mais son émission Li man yajro’ fakat (Pour ceux qui osent seulement), dont le budget avoisinait les 10 000 dollars, a réussi à concurrencer Star Academy, qui coûtait 300 000 dollars par épisode. «Des pressions ont été exercées pour m’écarter et me ramener à la présentation de jeux. A cet instant, j’ai pris la décision de partir et d’accepter l’offre proposée par la NTV».
Tony Khalifé estime avoir jeté les bases de plusieurs nouvelles écoles. Avec son émission Li man yajro’ fakat, il sort des clichés où les stars étaient adulées, mises sur un piédestal et revenaient à leur état brut, avant qu’elles n’aient subi des «transformations». «Certains ont considéré le fait de demander à une star si elle a subi des interventions de chirurgie plastique comme un scandale, alors que cette question est tout à fait légitime en Europe. Le comble, c’est que les questions que je posais étaient préparées par des gens qui m’ont accusé, plus tard, de faire partie de la presse à sensation».

Libéré de l’audimat
Avec son émission Lil nacher (A publier), Tony Khalifé crée un nouveau concept, qui sera copié par bien d’autres et duquel il se désistera en faveur de la NTV. D’ailleurs, cette émission a conservé son nom et continué dans le même esprit mais avec un nouveau présentateur. «Beaucoup ont tenté de suivre mais n’ont pas réussi. C’est comme une sauce dont j’étais le seul à détenir la recette. Ils ont tenté de l’imiter mais sans succès».
Il assure ne pas être  l’esclave de l’audimat. «Celui-ci ne reflète pas vraiment la réalité, il existe beaucoup de complaisance dans ce domaine. Personne n’accepte d’en débattre et malheureusement nous sommes évalués par ce fameux audimat».
Lorsqu’on lui dit qu’il a changé de créneau et s’est éloigné du sensationnel, Tony Khalifé estime que c’est injuste. «J’ai 25 ans de carrière dans ce domaine. Limiter mon parcours à une ou deux émissions est tout à fait injuste à mon égard. J’ai été  journaliste, reporter, présentateur du journal télévisé, puis animateur de jeux et de talk-shows. Je n’ai jamais fait de la presse à sensation. Je ne faisais que rapporter ce que cette presse racontait. J’ai été victime de ce genre de presse et c’est moi qui en ait le plus souffert».
Dans son émission Al ain bil ain (Œil pour œil), présentée actuellement sur la NTV, prévue initialement pour treize épisodes, il en est déjà à son 43ème passage. «Al ain bil ain est la version libanaise des talk-shows en Egypte, dont j’ai libanisé le format et le contenu».
Après le Ramadan, Tony Khalifé reviendra avec une nouvelle version de son fameux Sa’a bi ourb al habib (Une heure aux côtés de l’aimé). Si au Liban nous n’avons pas eu l’occasion de voir Tony Khalifé dans des émissions à caractère politique, en revanche, son émission Zaman el ekhwan (Le temps des frères), présentée en Egypte sur une chaîne locale, a connu un immense succès et était classée numéro 1. «J’ai fait de la politique en Egypte. J’étais Libanais, chrétien, libre de toute attache politique. Je pouvais dire des choses que peut-être personne d’autre n’aurait pu dire. Cette émission a eu un tel succès que je ne sais plus rien faire d’autre», conclut-il avec le sourire.


En chiffres
25
L’âge de sa carrière dans les médias.

17
Le nombre d’années passées à la LBCI.

8
Le nombre d’années en Egypte.

9
La durée de vie de son émission Lil nacher.

30
Le nombre d’émissions différentes au cours de sa carrière.

Joëlle Seif

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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