Chalets au Liban. Un marché à créer?
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

Chalets au Liban. Un marché à créer?

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Au Liban, les résidences secondaires pour les vacances à la mer ou à la montagne – les «chalets» –,  connaissent aujourd’hui la même crise que le marché  immobilier traditionnel. Le secteur doit se réinventer pour exister.

Et si vous passiez vos vacances au Liban? La location d’un chalet peut paraître des plus séduisantes pour souffler un peu hors de Beyrouth. Seulement voilà, le marché est encore complètement déstructuré. Il n’existe toujours pas au Liban de vrai marché pour la location d’appartements à la semaine ou sur de courtes durées.

Manque de flexibilité
«Aujourd’hui, le segment des résidences secondaires, représente un marché presque insignifiant, estime Joe Kanaan, le président de Sodeco Gestion. La demande est en très forte baisse par rapport à ce qu’elle était il y a encore cinq ans, avant la crise économique qui a touché le pays». Les loyers des biens immobiliers ont baissé de 25% ces dernières années, le professionnel avance une baisse similaire pour les résidences secondaires. «Pourtant, les prix étaient élevés auparavant. Dans des régions comme Faqra, on ne trouvait rien en dessous de 40 000 dollars par an».
Aujourd’hui, c’est le calme plat sur le marché locatif des chalets, d’autant que les propriétaires rechignent à s’adapter à la nouvelle donne. «Ils ne souhaitent pas louer leurs biens à la semaine, comme l’exige la demande, explique Joe Kanaan, alors que la clientèle potentielle, locale ou celle issue de la diaspora, ne souhaite pas louer pour de longues durées». Pourtant si le chalet n’est pas loué en début de saison, il restera vide tout l’été. En termes de ventes, ce n’est guère mieux. Avec la crise économique, la priorité des ménages est d’acquérir une résidence principale plutôt qu’un chalet qui, en plus, sera très difficile à revendre.
«Nos ventes de chalets ne sont pas très significatives, admet Joe Kanaan. Il s’agit de transactions au coup par coup, mais rien de très important, reconnaît le professionnel. Le problème est que les prix affichés sont encore très élevés en comparaison avec la conjoncture actuelle. Les propriétaires ne veulent rien lâcher: ils ont acquis leurs biens à un certain prix et n’étant pas dans une situation d’urgence ne souhaitent pas revoir leurs prix à la baisse. Certains chalets peuvent rester jusqu’à cinq ans en vente sur le marché».

Projets en cours
Un secteur à la traîne, qui ne refroidit pourtant pas les promoteurs qui misent sur le dynamisme retrouvé de certaines régions comme Zaarour. Charbel Abou Jaoudé a fait le pari de lancer plusieurs projets dans cette zone en plein développement.
Depuis 2012, plus de 500 chalets ont été construits à Zaarour. Selon le promoteur, 80% d’entre eux ont été vendus. «Je ne pense pas que ce segment soit en crise car il reste encore une clientèle privilégiée en quête de produits de luxe et la résidence secondaire en fait partie», considère-t-il. «Il s’agit d’un secteur de niche et c’est pour cette raison que nous avons choisi de nous positionner sur du haut de gamme».
Charbel Abou Jaoudé travaille actuellement sur un nouveau projet d’appartements baptisé «Les Chalets du Lac» pour un investissement de 2,5 millions de dollars avec 15 maisons d’une superficie variant entre 73 et 140 m2. Elles sont vendues entre 2 800 et 3 100 dollars le mètre carré. Le projet, dont le promoteur estime avoir déjà vendu 40% de son stock, sera livré en août 2018.
«Les acquéreurs sont des Libanais qui souhaitent un bien pour skier l’hiver ou passer l’été au frais. En général, ils n’achètent pas en vue de relouer mais pour leur propre usage». Charbel Abou Jaoudé ne compte pas s’arrêter là. «Nous allons construire d’autres chalets à Zaarour car la zone est en ébullition et nous croyons au potentiel du secteur ».
C’est aussi l’opinion d’Alain Dibo, directeur général de DEMCO Properties. Il travaille actuellement sur un projet de 200 chalets,  «Redrock», situé à Faqra et affirme avoir vendu 70% de son stock pour un prix de 2 700 dollars le mètre carré. «Nous avons investi dans ce secteur car nous pensons qu’il existe une opportunité. Les Libanais désirent un mode de vie plus sain, ce qui implique de se rapprocher de la nature, en s’éloignant des villes».

Un potentiel inexploité
«Ce marché de l’immobilier représente un potentiel mais a besoin d’être structuré, insiste Joe Kanaan. Il faut que les propriétaires qui souhaitent louer s’adaptent à la nouvelle réalité: proposer leurs biens en location sur de courtes durées. Il faudrait aussi créer des agences spécialisées dans ce secteur».
Selon ce professionnel du secteur, le marché reste aujourd’hui à créer. «On ne peut pas démarcher la clientèle si nous ne disposons pas de produits adaptés, explique-t-il. Si les propriétaires s’y mettent et acceptent de jouer le jeu avec nous, il existe tout un marché qui pourrait séduire la clientèle locale et la diaspora».

Soraya Hamdan

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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