Beyrouth. Une destination prisée?
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

Beyrouth. Une destination prisée?

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    Beyrouth. Une destination prisée?
    Si pendant longtemps Beyrouth était considéré comme l’hôpital du Moyen-Orient et la capitale de la chirurgie esthétique, les choses ont bien changé depuis 2011. La crise syrienne et la baisse...
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Si pendant longtemps Beyrouth était considéré comme l’hôpital du Moyen-Orient et la capitale de la chirurgie esthétique, les choses ont bien changé depuis 2011. La crise syrienne et la baisse du tourisme sont passés par là. Le talent des médecins libanais suffira-t-il à faire revenir la manne que constituent les patients étrangers?


Des agences de voyages spécialisées, des forfaits incluant visites touristiques du pays, opérations esthétiques et séjours de remise en forme... Il y a encore quelques années, une frénésie s’emparait du Liban qui se rêvait déjà capitale régionale du tourisme esthétique.
Il faut dire que le potentiel était énorme: des médecins qualifiés, trilingues, un pays touristique unique dans la région avec une vie nocturne et une gastronomie parmi les plus réputées de la planète, sans oublier les tarifs très compétitifs des interventions esthétiques. Autant dire que Beyrouth avait presque tout les atouts pour rivaliser avec les plus grandes destinations internationales, en matière de tourisme médical.
«La réputation des chirurgiens libanais rayonne dans le monde entier, confirme le Dr Elias Chammas, le directeur général du HIMC, une clinique spécialisée établie à Hazmieh. A cela, s’ajoutent les tarifs de nos prestations, extrêmement compétitifs. Une opération de chirurgie esthétique revient, en moyenne, à moitié moins chère au Liban que dans les pays du Golfe. A titre d’exemple, une rhinoplastie pratiquée à Abou Dhabi coûtera entre 6 000 et 8 000 dollars, au Liban, il suffit de débourser environ 3 000 dollars», indique-t-il.
Preuve des espoirs portés par le tourisme médical au niveau national, un comité regroupant l’ensemble des acteurs, avait même été créé par le ministère du Tourisme. Objectif annoncé? Faire de ce secteur un véritable moteur de l’économie libanaise. Mais aujourd’hui la situation a bien changé.

L’impact du conflit syrien

«Il nous manque le plus important, regrette le Dr Chammas: les touristes! «Comment voulez-vous attirer des visiteurs étrangers lorsque défilent sur tous les écrans de télévision, des images de Beyrouth croulant sous les poubelles, sans même parler de l’instabilité sécuritaire?», s’exclame le praticien. «Le Liban a besoin d’électricité, de routes, de services publics et d’infrastructures adéquates pour accueillir ces touristes. Sinon, il peut toujours continuer à rêver de cette Mecque de la chirurgie esthétique qu’il aurait pu être».
Depuis la guerre en Syrie, le Dr Elias Chammas a constaté un recul de 25% de son activité. «Heureusement que les Libanais restent de bons clients, sans eux on aurait mis la clé sous la porte. Avant 2011, nous avions débuté plusieurs partenariats avec des tours opérateurs, des hôtels, avec le ministère du Tourisme... Rien n’a vraiment pu se développer, tout simplement à cause de l’absence de touristes».
Un constat confirmé par Juliana Khoury, la responsable du marketing et de la communication au HIMC. Pour les patients de la clinique qui viennent de l’étranger, elle organise le séjour presque entièrement: de l’envoi d’un taxi à l’aéroport pour les récupérer, jusqu’à la réservation d’une chambre d’hôtel, une proposition d’activités touristiques, voire même la réservation d’une nourrice pour les parents voyageant avec leurs enfants. La professionnelle confirme avoir vu sa clientèle étrangère changer de profil ces dernières années. «En 2010, la moitié des clients étaient des touristes arabes, aujourd’hui il n’y en a plus aucun. Avec le boycott des pays du Golfe à l’encontre du Liban, nous avons dû prospecter de nouveaux clients. Nous avons donc commencé à nous faire connaître auprès d’autres pays comme l’Australie, la Suède, l’Europe... La plupart du temps, ce sont des expatriés de la diaspora ou des étrangers connaissant un Libanais qui se laissent tenter par un séjour esthétique ici».

Concurrence internationale
L’absence de touristes ne suffit pourtant pas à expliquer le retard du Liban dans le développement de ce secteur. Pour Nada Sardouk, la directrice générale du Ministère du Tourisme, «il est clair que Beyrouth n’est plus la Mecque du tourisme esthétique», mais pour d’autres raisons. «Tout a changé, explique-t-elle. Aujourd’hui, il existe une véritable concurrence mondiale et régionale dans la course pour devenir la capitale du tourisme esthétique. Il est vrai qu’historiquement nous avons été considéré comme l’hôpital du Moyen-Orient, il est vrai que nous comptons parmi les meilleurs médecins au monde, les meilleures prestations, les meilleurs services hospitaliers mais malheureusement, cela n’est plus suffisant. Pour être un pôle touristique, il nous faut plus de lits, augmenter la capacité d’accueil dans nos hôpitaux, construire les infrastructures adéquates... Des pays comme la Jordanie, la Malaisie ou l’Inde ont édifié des villes entières dédiées au tourisme médical. Aujourd’hui, le Liban ne peut pas accueillir autant de touristes qu’il le voudrait».

Soraya Hamdan

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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