Joumana Salamé: «The sky is the limit»
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Nº 3078 du vendredi 2 juin 2017

Joumana Salamé: «The sky is the limit»

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Joumana Salamé est Managing director de la société Hospitality services, fondée avec son père, Nouhad Dammous, en 1993. Son nom est désormais lié aux plus grands salons organisés au Liban et qui sont devenus des rendez-vous annuels, chaudement attendus par les professionnels et le grand public.

Après une formation en marketing, Joumana Salamé envisage une carrière dans l’hôtellerie. Malgré les conseils prodigués par son père, qui estimait que ce n’était pas un métier pour femme, elle s’envole pour les Etats-Unis, où elle travaille à l’hôtel Hyatt à Washington D.C. «Une fois sur place, j’ai compris ce que mon père voulait dire. Je suis revenue convaincue que ce n’était pas ce que je voulais».
En s’intéressant de plus près au travail de son père, directeur de l’école hôtelière, Joumana Salamé réalise qu’il n’existait pas au Liban un lieu d’échange entre les hôteliers et les restaurateurs. Elle n’a que 23 ans mais elle fonde avec ses parents la société Hospitality services. «Mon père a toujours été le consultant, le mentor et ma mère la femme de l’ombre, qui n’a jamais voulu apparaître». C’est ainsi que naît l’idée du fameux salon Horeca, qui fêtera l’année prochaine ses 25 ans. «Au départ, Horeca était un lieu de rencontre, mais petit à petit, ce salon a évolué pour couvrir toutes les facettes de l’hôtellerie et des métiers de bouche». Aujourd’hui, durant l’exposition, des ateliers de travail sont organisés ainsi que des compétitions couvrant plusieurs aspects de ce large domaine. Au fil des ans, Horeca ne cesse de grandir: 350 exposants, 18 000 visiteurs annuels ainsi que plus de huit compétitions, des conférences et des ateliers de travail tout le temps.
Désireuse de créer d’autres outils, la jeune entrepreneuse développe Hospitality news, un magazine spécialisé destiné aux hôteliers et restaurateurs. Des franchises Horeca sont aussi accordées pour l’Arabie saoudite, le Koweït et la Jordanie.

Au-delà des frontières

Joumana Salamé ne s’endort pas sur ses lauriers. Dix ans après le succès remporté par Horeca, elle estime avoir fait le tour de la question. Secondée par une équipe composée d’une trentaine de personnes, elle se lance dans une nouvelle aventure et organise le Garden show. Contrairement à Horeca, qui s’adresse aux professionnels, le Garden show cible le grand public et porte sur l’art de vivre. Elle ne s’arrête pas là. Viennent ensuite le Salon du Chocolat, Whisky Live et le Beirut Restaurant Festival, organisé avec le Syndicat des restaurateurs. Ses activités dépassent vite les frontières. Mme Salamé lance, pour le compte du ministère de l’Agriculture, le Lebanese wine day, à New York City. «Tous ces événements ont été organisés à la demande des amateurs et des passionnés de cuisine et d’art de vivre, qui se sont intéressés aux métiers de bouche», indique-t-elle.
Dans le même temps, Joumana Salamé développe également des magazines spécialisés dans le tourisme, la cuisine et l’art de vivre tels que Taste and flavors, et Lebanon traveler.   
Mariée à Malek Salamé, cette mère de trois enfants, Yasmina, Nadim et Lama, dont elle est particulièrement fière, a toujours été guidée par la passion et adore son métier. «Mon père m’a toujours dit de faire un métier qui m’amuse et c’est ce que je fais. J’aime créer, organiser des événements qui peuvent servir la profession. Puis, au fur et à mesure, on corrige, on adapte. J’aime rêver de ce que l’on va encore faire. J’ai toujours l’impression que «the sky is the limit». Je suis une fonceuse et j’ai la chance d’être secondée par une équipe passionnée et enthousiaste».
Aujourd’hui, Joumana Salamé accompagne le marché. «Nous évoluons naturellement avec tous les acteurs. Nous avons mis en place des mini-comités pour chaque activité. A chaque événement nous avons des comités consultatifs composés de gens qui veulent faire évoluer la profession».
Le plus grand challenge auquel elle fait face? La sécurité. «Un salon est le premier touché en  cas d’instabilité sécuritaire mais nous n’avons jamais arrêté et nous avons continué malgré tout ce que le Liban traversait et c’est notre plus grande fierté. Les guerres, les attentats, les explosions, rien ne nous a stoppés». La sécurité a toujours été un véritable casse-tête car un salon nécessite des exposants et des sociétés qui ont envie de montrer leur travail et d’investir. «Les exposants, les sponsors et les visiteurs nous ont fait confiance. C’est grâce à eux que nous avons pu continuer et organiser de beaux événements».

D’autres projets
Selon Joumana Salamé, un salon nécessite entre six mois et un an de travail. «Par exemple, Horeca a besoin d’un an de préparation. Il faut tout élaborer et je pense que c’est là que réside le secret de la réussite: il faut prendre tout son temps dans la préparation». Passionnée par son travail, elle ne s’arrête jamais. Chaque année, la question qu’elle se pose est «what’s next?». D’ailleurs, un jour son mari lui avait offert un cadre sur lequel étaient inscrits ces quelques mots: «Rattrape-la si tu peux». Elle espère encore créer des événements au Liban et à l’étranger, ou encore renforcer sa plateforme online. «J’ai appris que la spécialisation est la clé de la réussite». Son souhait le plus cher? «Ne pas céder à la médiocrité, sombrer dans la routine qui rongent l’énergie et ôtent tout enthousiasme». Sa devise? Ces paroles de Gandhi: «Vos croyances deviennent vos pensées, vos pensées deviennent vos mots, vos mots deviennent vos actions, vos actions deviennent vos habitudes, vos habitudes deviennent vos valeurs, vos valeurs deviennent votre destinée».

Joëlle Seif

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Éditorial
Au nom de la stabilité

La prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, pour un mandat de six années, ne fait pas l’unanimité des partis politiques et des experts, même si la décision a été prise en un tour de main au cours d’une réunion du Conseil des ministres tenue à Baabda. Les opposants à cette décision s’expriment ouvertement. Certains d’entre eux accusent le patron de la banque centrale d’être «l’allié privilégié des banques commerciales», l’affublant, parfois, du titre peu élogieux de «banquier des banques». La stratégie qu’il met en œuvre, à chaque fois que ce secteur est confronté à un début de crise, aboutit à rendre les établissements de crédits, ou la plupart d’entre eux, relativement renforcés. D’autres détracteurs, plus sévères, le qualifient, carrément, de «gardien des voleurs du temple».En deux mots, le 5ème mandat qu’entamera Riad Salamé en juillet sera encore plus délicat et difficile à gérer que les précédents. Le statu quo de stabilité relative au pays du cèdre peut basculer brusquement. Le Proche-Orient est dans la tourmente. Le monde arabe, les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, n’ont pas encore jeté leurs dés et tous les scénarios sont encore possibles. Karl Albrecht avait dit: «Partir avec un idéal en tête et finir avec un deal», alors qu’Ashleigh Brilliant avait conseillé «de négocier (…), si vous ne pouvez ni le contrôler, ni le surmonter.» Or aujourd’hui, le Liban est contraint de suivre les règlements – souvent perçus comme des diktats – des pays dont il utilise la monnaie, en l’occurrence le dollar américain et l’euro, entraînant une obligation inéluctable, celle de la négociation. Riad Salamé a réussi à gérer ce volet, en évitant au Liban et à son secteur bancaire le pire. Néanmoins, il ne peut pas se prévaloir d’avoir relancé la croissance économique – mais est-ce son rôle? –, en dépit des programmes de subvention des taux d’intérêts débiteurs et d’autres stimulations adoptées par la BDL, ces cinq dernières années. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance serait, en 2022, de 3%. Il est évident que la politique monétaire a quelque peu empiété sur la politique économique et financière. Mais qui en assume la responsabilité?Certes, personne n’est indispensable dans le monde des affaires, de l’économie et des finances. Mais il y a aussi ce que l'on appelle «l’homme du moment». En attendant que les épais nuages qui couvrent la région commencent à se dissiper, le pays doit respirer, mais, surtout, il a besoin «d’inspiration divine pour une prudente continuité de résilience et d’ingénierie»… qui profiterait, cette fois, à tous.


 Liliane Mokbel
   

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