Escapades. A la découverte des trésors du Liban
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Nº 3079 du vendredi 7 juillet 2017

Escapades. A la découverte des trésors du Liban

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Et si cet été, on partait à la découverte du Liban? De nombreuses régions méconnues — à tort — méritent le détour, pour peu que l’on s’en donne la peine. Nour Farra-Haddad, consultante et auteur du guide Eco-Lebanon, nature & rural tourism, a guide to unveil Lebanon, distille pour Magazine quelques suggestions d’itinéraires.

Vers Alita, Machnaka, Yanouh et Afqa
Pourquoi ne pas tenter une escapade sur les traces d’un pèlerinage antique allant de la côte jusqu’aux sources du fleuve Nahr Ibrahim, et la grotte de Afqa. En prenant la route depuis Qartaba, on pourra faire une halte à Alita pour découvrir le musée Macam, un musée d’art moderne et contemporain qui vaut le coup d’œil avec ses quatre halls et la nature environnante. Sans oublier la vue splendide que l’on peut admirer depuis ce lieu atypique, particulièrement au coucher du soleil.  Puis, direction le site de Machnaqa, surplombant la vallée Adonis, où l’on peut visiter le site romain, à travers une promenade qui vous fera découvrir le temple, la nécropole et les stèles contant les légendes des dieux.
A 5 km à l’est de Qartaba, sur la rive droite de la haute vallée du fleuve d’Adonis et à 40 km à l’est de Jbeil, Yanouh fut l’un des centres religieux et culturels situé sur l’ancienne route de Byblos-Héliopolis (Baalbeck). La région propose des paysages verdoyants, riches en eau avec des températures fraîches, plus qu’appréciables durant l’été. Le site de Yanouh conserve les ruines d’un complexe cultuel romain qui a vu ses temples être convertis durant la période byzantine. Le temple romain, dédié à Diane, la déesse de la chasse, fut transformé au cours du Moyen-Age en église, à laquelle la tradition locale donne le nom de Mar Girgis al-Azrak (Saint-Georges le Bleu). Le temple est entouré de ruines d’habitations et des fouilles récentes ont dévoilé l’occupation du site qui remonterait à l’âge du bronze. C’est à cet endroit que s’est installé le patriarcat maronite au cours du XIIIe siècle. Outre les temples romains, on peut encore y admirer les vestiges d’une basilique chrétienne à colonnes, d’une chapelle médiévale ou encore de tombeaux datant de l’âge du bronze.
En reprenant la route en direction de Aqoura, le site d’Afqa reste incontournable. Dominé par une gigantesque grotte située au flanc de la falaise d’où jaillit la source du Nahr Ibrahim, cette cavité n’a pas manqué de susciter l’imagination des anciens qui y ont vu un symbole de fécondité qui fut associé au dieu Baal. En face de la grotte, presque invisible si l’on n’y prête pas garde, gisent les murs écroulés du temple de Vénus. Un culte de fécondité à Saydet el-Zahra (Notre-Dame-de-la-Fleur) y persiste jusqu’à nos jours, même si le temple a été abandonné depuis bien longtemps, au Ve siècle. Un figuier rabougri y pousse et attire encore de nos jours des pèlerins chrétiens et musulmans qui viennent puiser de l’eau sacrée de la source des soubassements du temple. Ils accrochent sur les branches de l’arbre des chiffons et vêtements ou allument des cierges, en guise de vœu ou en reconnaissance de fécondité.

● Comment y aller? Prendre l’autoroute du nord et monter en direction de l’est à la bifurcation de Qartaba.
● Que visiter? Le site romain de Machnaqa, les temples et les églises de Yanouh, le musée Macam. On peut aussi profiter d’une guide locale à Machnaqa pour être accompagné sur la route de ce pelerinage antique:
Randa Zaarour 71 883 738
● Où se loger? A Adonis, le centre d’accueil de Beit el-Mahabba est connu pour abriter des retraites et procure à ses visiteurs une vue époustouflante sur toute la vallée. (tel: 09 420 493).
A Majdel Akoura, la magnifique maison d’hôtes de Guita Germanos est entourée d’un jardin verdoyant et relaxant. L’accueil est très chaleureux et la cuisine de l’hôtesse des lieux savoureuse. http://www.guita.co/
● Où se restaurer? Spécialités locales chez Guita ou mezzés libanais en face de la grotte de Afqa, au restaurant de la grotte (tel: 03 863 735 / 70 451 344).

Vers Enfé  
Adieu les plages bondées et bétonnées, bienvenue à Enfé, véritable paradis sur terre, au nord du Liban. Situé à 70 km de Beyrouth, au nord de Chekka et à 15 km au sud de Tripoli, le village de Enfé n’en finit plus de séduire. Sculpté dans le roc, il s’agit de l’unique localité en forme de nez naturel, tel une presqu’île. Des réservoirs, des canalisations, des pressoirs, des escaliers, des dépôts, des urnes, des tranchées etc… sont creusés dans ce roc, sans oublier les salines creusées aussi sur ce long rocher. Les Phéniciens l’ont utilisé comme chantier pour y construire leurs navires. Enfé a été le témoin des différentes civilisations passées par le Liban, des Grecs jusqu’aux ottomans. Aujourd’hui, le village est parsemé de couvents et d’églises dont certaines d’époque croisée. Notre-Dame-des-vents (Saydet el-Rih)  fut la première église de tout l’Orient dédiée à la Vierge Marie. De récentes fouilles archéologiques ont revélé dans son sous-sol une stratigraphie qui remonte à la période byzantine. Enfé est aussi connue pour ses salines, marées salantes d’époque cananéo-phénicienne, si typiques, creusées dans la roche et alimentées par des éoliennes. La localité abrite également un charmant port de pêche et de plaisance. Incontournable également, Taht el-Rih, une plage rocheuse et lieu de rencontre de ce village de pêcheurs et de marins. On peut y voir des cabanons tout en couleurs bleu et blanc qui valent à Enfé le surnom de «Santorini du Liban». Une merveille qu’il faudrait veiller à sauvegarder, car, malheureusement, le site n’est pas protégé. Au nord de Enfé, en face de la mer et d’un champ de marées salantes toujours opérationnel siège le couvent grec-orthodoxe de Saydet el-Natour (Notre- Dame-de-la-garde). Ce site offre un joli cloître intérieur et son église est ornée de peintures dans le style byzantin par des artistes peintres originaires de Odessa.

● Comment y aller? Prendre l’autoroute du nord, sortir juste avant les usines de Chekka.
● Où se loger? Plusieurs maisons d’hôtes accueillent des visiteurs à Enfé, comme la Maison du sel (tel: 03 857 943/70 420 180). Possibilité aussi de loger au couvent  médiéval grec-orthodoxe de St-Jean sur les hauteurs de la ville (tel: 78 857 296).
● Où se restaurer? Taht el-Rih est devenu le lieu de restauration incontournable de Enfé pour un repas exquis en face de la mer. Plusieurs restaurants y proposent des menus de poissons et fruits de mer comme Wassim 3al Ba7eh (tel: 70 180 124), Estira7et el-Kol (tel: 03 306 585), Fouad (tel: 70 830 117). Al-Baydar conjugue saveurs et vue panoramique. Au menu, fruits de mer, poissons frais et mezzés libanais (tel: 76 542 299 / 06 542 942)
● Découvrir la ville: avec un guide local passionnant, Hafez Jreich (tel: 03540215).

 

Vers Mtein
A 36 km de Beyrouth, se dresse le beau village de Mtein, dans le Haut-Metn. Situé à 1080 mètres d’altitude et non loin de Dhour Choueir, Bologna ou Zaarour, cette localité reste injustement méconnue. Habitée depuis l’Antiquité, Mtein ne prendra de l’importance qu’en 1616 quand Alam Edine bin Billama (Mokadam) vient s’y installer. Plus tard, en 1711 après la bataille de «Aïn Dara», les Abillama sont honorés du titre d’Emir en signe de gratitude pour avoir soutenu l’Emir Haidar Chehab.  La famille se partage alors le Metn en trois parties. L’Emir Mourad fit de Mtein son siège. C’est à cette époque que quatre palais furent construits autour de la place centrale de 5000 m2, où se déroulaient toutes les festivités symbolisant le pouvoir féodal jusqu’à la moitié du XIXème siècle. Baptisée  Midan el-Omara (La place des princes), cette place est restée le centre des activités de Mtein. Aujourd’hui, c’est un village qui témoigne du vivre-ensemble au Liban avec différentes communautés religieuses qui y cohabitent. Le village abrite 4 églises maronites, une église grecque catholique et une église orthodoxe ainsi qu’une Khelweh (maison de prière) druze. La municipalité a restauré l’un des palais des émirs pour s’y installer.
Parmi les curiosités à découvrir, à pied, un petit musée d’art moderne, ainsi que plusieurs demeures anciennes, une magnanerie aujourd’hui en ruines, d’anciens ponts et pressoirs, la source du village ou encore, les différents lieux de culte. Des randonnées sont aussi possibles à partir de Mtein, via le Lebanon Mountain Trail (section 16). Les plus jeunes ou les groupes d’amis seront aussi séduits par le karting de Mtein.

● Comment y arriver?  Prendre la route vers Dhour Choueir (vers Bikfaya ou bien l’autoroute du Metn), Baabdat puis Douar), jusqu’à Mrouj puis prendre la direction de Mtein ou bien y accéder depuis Qornayel.
● Où se loger? Passer une nuit dans l’ancien palais de l’émir Qabalan Abillamah, dans la maison d’hôte de Faysal Qontar (tel: 04 295 043 / 03 236 062)
● Où se restaurer? Le restaurant Kheirallah qui se trouve sur la place du village propose d’excellents mezzés. En été, une gigantesque terrasse peut abriter jusqu’à 1 000 personnes et une salle d’hiver accueille des visiteurs sous de belles arcades en pierre (tel: 03 312 288). Autre option, un arrêt au Furn el-Baldeh, pour déguster de délicieuses méga-pizzas à la libanaise. (Geith Haddad, tel: 78 888 895).
● Organiser une randonnée: avec le Lebanon mountain trail – Section 16 qui propose des guides qualifiés (Walid Rached tel: 03 686 220/Pierre Nakouzi 03 465 333). Plus d’infos sur www.lebanontrail.org.
● Développer son itinéraire: depuis Mtein, on peut poursuivre sa route jusqu’aux régions de Bzebdine, Qornayel, Falougha ou Hammana, où de nombreuses activités éco-touristiques sont proposées comme par exemple à Bzebdine Hidden Valley (Tel: 05 360 803/03 466 662) ou Bzebdine Nature Land (Tel: 71 016 232; www.nature-land.com).

Jenny Saleh

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Éditorial
Confiance déficitaire

Face aux immenses défis, notamment économiques, auxquels le Liban est confronté, les hommes politiques font figure de nains essayant, comme Atlas, de soulever sur leurs épaules la voûte céleste. Le temps précieux perdu en verbiage et en fanfaronnades autour de la loi électorale aurait pu être investi dans une profonde réflexion pour imaginer des idées, élaborer des plans et trouver des ressources permettant à l’économie de se redresser. Au lieu de cela, la classe politique a dilapidé, à coups de polémiques inutiles et de chamailleries stériles, une grande partie du capital-confiance du nouveau mandat, clé de voûte de tout projet d’avenir.De fausses batailles sont menées au nom de la défense du destin du Liban, qui résiderait, à en croire certains hommes politiques, dans le code-barre d’une carte magnétique. Pendant ce temps, la dette publique continue de gonfler et les capacités de l’Etat à trouver des ressources pour son financement deviennent de plus en plus aléatoires. L’ingénierie financière imaginée il y a presque un an par le gouverneur de la BDL serait à bout de souffle. C’est l’Association des banques du Liban (ABL) qui l’annonce, dans son rapport annuel. L’ABL exprime sa crainte de voir les dépôts, attirés l’année dernière par le montage de Riad Salamé, refaire le chemin inverse.Cette mise en garde illustre une inquiétude à peine voilée de la part des banques de ne pas voir affluer au Liban, en 2017 et 2018, des capitaux en quantités suffisantes pour couvrir les besoins de l’Etat libanais en financement, et du secteur privé en investissements. L’incertitude est alimentée par des facteurs régionaux, nés de la profonde division qui a frappé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après le bras de fer entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’un côté, le Qatar de l’autre. L’absence de perspectives positives concernant une remontée du prix du pétrole n’améliore pas la situation. Les émigrés, qui ont longtemps contribué généreusement aux transferts de capitaux vers la mère-patrie, sont contraints de se serrer la ceinture à cause de ces fâcheux développements. D’ailleurs, un début de mouvement de retour des familles de travailleurs libanais du Golfe, dissuadés par la cherté de vie, est enregistré.Le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture n’est pas favorable au Liban. Il y a certes des éléments positifs, comme le redémarrage du tourisme après cinq années de recul. Cela reste toutefois insuffisant pour relancer des pans entiers de l’économie.Une meilleure gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amorce de réformes et le début de l’exploitation des ressources en hydrocarbures auraient pu apporter, partiellement, des solutions de rechange. Mais ce ne sont pas des hommes politiques comateux ou qui jouent aux Don Quichotte qui seront capables de le faire.


 Paul Khalifeh
   

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