Georges Salibi. De l’audace et de la courtoisie
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Nº 3079 du vendredi 7 juillet 2017

Georges Salibi. De l’audace et de la courtoisie

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    Georges Salibi. De l’audace et de la courtoisie
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Après ses débuts à la radio et son passage sur la chaîne publique Télé-Liban, il y a plus de 15 ans, le journaliste Georges Salibi anime désormais le talk-show politique de la NTV, Al ousbou’ fi sa’a (la semaine en une heure).

Avec son allure d’adolescent et son apparence décontractée, Georges Salibi apparaît comme un homme d’une grande simplicité et d’une extrême gentillesse. La célébrité ne lui a pas tourné la tête. Durant son enfance, deux médias le fascinent: la radio et la presse écrite. A peine âgé de 3 ou 4 ans à l’époque, il se souvient encore de sa mère qui écoutait tous les matins sur Radio Liban, une émission animée par Nahida Fadl el-Dajjani. «J’écoutais sans rien comprendre et j’étais sidéré par ce son qui sortait de la boîte», confie-t-il en souriant.   
En grandissant, les journaux et magazines qui s’empilaient à la maison le captivent avec leurs illustrations. Fils unique, ses parents souhaitaient le voir embrasser la profession de médecin, d’avocat ou d’ingénieur mais lui savait parfaitement ce qu’il désirait. «Je voulais étudier à tout prix l’information, mais la réaction de mes parents était très hostile. Nous avons trouvé un compromis: j’ai décidé d’étudier la gestion d’entreprises et l’information simultanément». Pendant deux ans, il suit donc les deux cursus, jusqu’au jour où il se consacre uniquement à l’information.
En 1990, alors qu’il finit l’université, il intègre la Voix du Liban, où il reste 9 ans, tout en rédigeant en free-lance des articles pour des revues comme al-Hawadiss, Dar el-Sayyad.
En 1997, alors qu’il travaille toujours à la radio, il entre à Télé-Liban pour présenter un programme matinal. Il anime aussi une série sur les municipales qui se déroulent en 1998 pour la première fois depuis 30 ans. Entre 1999 et 2001, il assure un talk-show politique matinal quotidien.
Georges Salibi débute à la NTV, où il présente le journal télévisé, lors de la réouverture de la chaîne, à l’automne 2001. Le 23 décembre, il donne le coup d’envoi du talk-show politique al ousbou’ fi sa’a, qui fêtera bientôt ses 16 ans. Lorsqu’on lui demande le secret de la longévité de cette émission, Georges Salibi l’explique par «la vie politique au Liban, où il y a constamment des événements à suivre d’une part et, d’autre part, à la nature des Libanais qui se passionnent pour la politique. Même s’ils s’en lassent quelquefois, ils finissent toujours par revenir aux talk-shows politiques». Le travail assidu et la passion qui l’animent ne sont sans doute pas étrangers à ce succès. «Cette émission demande un effort constant et j’estime que la passion est le principal moteur de la réussite. Depuis 15 ans, je n’ai aucun weekend libre. Si je n’étais pas passionné par ce métier, jamais je n’aurais pu tenir le coup et réussir».
 
Des invités de tous bords
Toujours courtois dans ses interviews, Georges Salibi estime que l’on peut poser une question audacieuse ou lancer une accusation directe tout en restant poli et élégant, sans porter atteinte à la dignité de son interlocuteur. «Lorsque le style est raffiné, combiné à un contenu audacieux, on peut tout se permettre».
Plusieurs personnages l’ont marqué durant ses 16 années à la télévision. L’ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, qu’il a eu l’occasion de recevoir en direct, était une personne exceptionnelle, qui possédait, selon Salibi, une grande vision et laissait un grand d’impact. Il a été également marqué par Ghassan Tuéni, «un roc qui n’a jamais cédé au désespoir malgré les nombreuses tragédies qu’il a vécues».
La première fois qu’il rencontre le président de la République Michel Aoun, il l’entrevoit comme le «bon papa». Avant la guerre de juillet 2006, il a aussi rencontré sayyed Hassan Nasrallah. «J’ai été surpris par la simplicité et la timidité de ce chef exceptionnel, d’une grande amabilité». Le chef druze Walid Joumblatt lui donne du fil à retordre car il est difficile de le convaincre d’accepter une interview. «Avec lui, il faut être prêt à tout. Il peut répondre à une très longue question simplement par un mot. J’aime son côté cultivé, sa passion pour la photographie et ses lectures. A chacune de nos rencontres, il m’offre un livre dont deux déjà écrits par José Saramango, La lucidité et Les intermittences de la mort». Une émission spéciale a eu lieu avec le Premier ministre Saad Hariri à la suite de sa réconciliation avec la NTV. «J’ai découvert un personnage sympathique et spontané». Il se souvient, en 2007, de l’interview de Samir Geagea, interrompue en raison d’une panne technique. « Pour moi, c’était la catastrophe. Alors que tout le monde s’affairait, il m’a invité à faire quelques pas dans le jardin pour me calmer, disant que ce sont des choses qui arrivent».
Georges Salibi est également l’auteur et le producteur de deux documentaires. Les années lumière en 2013, réalisé par Jean Keyrouz, porte sur le tourisme au Liban avant la guerre, et Bonjour Beyrouth, en 2016, pour lequel Georges Salibi gère la réalisation, de la production et du scénario. Ce dernier documentaire porte sur les anciennes demeures. «Il comporte des témoignages de personnalités, de photos d’archives du vieux Beyrouth». Il a été projeté au Liban, à Paris à l’Unesco et à Stockholm, le 17 juin dernier. Malgré un succès bien mérité, aujourd’hui, Georges Salibi recherche encore de nouveaux challenges.


En chiffres
27
L’âge de sa carrière dans les médias.

16
Depuis 16 ans, il officie à la NTV.

850
Le nombre d’épisodes de son émission al-ousbou’ fi sa’a.

Joëlle Seif

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Éditorial
Confiance déficitaire

Face aux immenses défis, notamment économiques, auxquels le Liban est confronté, les hommes politiques font figure de nains essayant, comme Atlas, de soulever sur leurs épaules la voûte céleste. Le temps précieux perdu en verbiage et en fanfaronnades autour de la loi électorale aurait pu être investi dans une profonde réflexion pour imaginer des idées, élaborer des plans et trouver des ressources permettant à l’économie de se redresser. Au lieu de cela, la classe politique a dilapidé, à coups de polémiques inutiles et de chamailleries stériles, une grande partie du capital-confiance du nouveau mandat, clé de voûte de tout projet d’avenir.De fausses batailles sont menées au nom de la défense du destin du Liban, qui résiderait, à en croire certains hommes politiques, dans le code-barre d’une carte magnétique. Pendant ce temps, la dette publique continue de gonfler et les capacités de l’Etat à trouver des ressources pour son financement deviennent de plus en plus aléatoires. L’ingénierie financière imaginée il y a presque un an par le gouverneur de la BDL serait à bout de souffle. C’est l’Association des banques du Liban (ABL) qui l’annonce, dans son rapport annuel. L’ABL exprime sa crainte de voir les dépôts, attirés l’année dernière par le montage de Riad Salamé, refaire le chemin inverse.Cette mise en garde illustre une inquiétude à peine voilée de la part des banques de ne pas voir affluer au Liban, en 2017 et 2018, des capitaux en quantités suffisantes pour couvrir les besoins de l’Etat libanais en financement, et du secteur privé en investissements. L’incertitude est alimentée par des facteurs régionaux, nés de la profonde division qui a frappé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après le bras de fer entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’un côté, le Qatar de l’autre. L’absence de perspectives positives concernant une remontée du prix du pétrole n’améliore pas la situation. Les émigrés, qui ont longtemps contribué généreusement aux transferts de capitaux vers la mère-patrie, sont contraints de se serrer la ceinture à cause de ces fâcheux développements. D’ailleurs, un début de mouvement de retour des familles de travailleurs libanais du Golfe, dissuadés par la cherté de vie, est enregistré.Le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture n’est pas favorable au Liban. Il y a certes des éléments positifs, comme le redémarrage du tourisme après cinq années de recul. Cela reste toutefois insuffisant pour relancer des pans entiers de l’économie.Une meilleure gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amorce de réformes et le début de l’exploitation des ressources en hydrocarbures auraient pu apporter, partiellement, des solutions de rechange. Mais ce ne sont pas des hommes politiques comateux ou qui jouent aux Don Quichotte qui seront capables de le faire.


 Paul Khalifeh
   

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