Bankmed. Pourquoi Ayman Hariri a-t-il vendu ses parts?
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Nº 3079 du vendredi 7 juillet 2017

Bankmed. Pourquoi Ayman Hariri a-t-il vendu ses parts?

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    Bankmed. Pourquoi Ayman Hariri a-t-il vendu ses parts?
    L’empire financier de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri n’existe plus. Les héritiers cherchent à liquider leurs parts dans l’héritage commun des holdings, sociétés, banques, assurances et compagnies d’entrepreneuriat et de...
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L’empire financier de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri n’existe plus. Les héritiers cherchent à liquider leurs parts dans l’héritage commun des holdings, sociétés, banques, assurances et compagnies d’entrepreneuriat et de télécoms. Bankmed n’échappe pas à la règle.

Bahaa Hariri, l’aîné de la famille, a été le premier à se retirer des sociétés familiales en vendant ses parts peu de temps après l’assassinat de son père. Il s’est lancé dans l’entrepreneuriat et la promotion immobilière en montant sa propre société, exécutant des projets de grande envergure, seul ou en partenariat avec des associés de parcours. Sur la liste Forbes des Arabes les plus fortunés, il figure en première position parmi les autres membres de la famille. La valeur de sa fortune est inférieure à celle qu’il détenait en 2005 mais le secteur de l’immobilier dans la région du Proche-Orient et en Afrique du Nord connaît des fluctuations importantes depuis le déclenchement du «printemps arabe». Selon le classement Forbes de 2017, la fortune de Bahaa Hariri est estimée à 2,2 milliards $. Fahd Hariri occupe la deuxième position avec une fortune estimée à 1,3 milliard $, suivi par Ayman Hariri, 1,2 milliard $ et Saad Hariri en quatrième position avec 1 milliard $. Ce n’est plus un secret qu’entre les frères et les demi-frères héritiers de Rafic Hariri, le torchon brûle. Les trois enfants de l’ancien Premier ministre issus de son mariage avec Nazek Hariri (Ayman, Fahd et Hind) ne sont plus venus au Liban depuis 2005. Ils vivent entre l’Arabie saoudite, Paris et Monte Carlo.

Ayman Hariri se retire
Aujourd’hui, c’est la vente par Ayman Hariri de sa part de 42,22% au sein de la BankMed qui suscite la curiosité des observateurs et de la communauté des affaires. L’établissement de crédits, qui figure parmi les cinq premières banques Alpha ayant un total de dépôts de plus de 2 milliards $, était détenu entièrement par la famille Hariri via GroupMed SAL Holding. Au sein de cette holding, les parts étaient réparties comme suit: Nazek Hariri (15,51%); Saad Hariri (42,24%); et Ayman Hariri (42,24%). Les cartes ont été redistribuées avec la cession de la totalité de la part d’Ayman Hariri à OLT Holding SAL, appartenant au Jordanien Alaa al-Khawaja. Le prix total de la transaction de vente correspondrait à une évaluation totale du GroupMed Holding SAL à 1,266 milliards $, selon un communiqué rendu public par BankMed.
Avant de prendre sa décision de vendre ses actions, des tiraillements et de fortes tensions avaient marqué les relations d’Ayman avec son demi-frère Saad et les administrateurs de l’établissement, selon une source proche du dossier. Le quatrième fils de Rafic Hariri aurait exprimé une vive réprobation de la politique un peu trop conservatrice suivie, qui servirait davantage les intérêts du Premier ministre, lequel traverse une période difficile sur le plan financier. Des réserves et des provisions auraient été engrangées aux dépens de la distribution de dividendes aux actionnaires. Selon la même source, Ayman aurait été persuadé d’un retrait sans tapage. Dans ses cercles intimes, il fait valoir l’investissement plus lucratif de son plus jeune frère, Fahd, au sein de Bank Audi. Celui-ci détient, à travers FRH Investment Holding sal (Fahd Rafic Hariri Investment holding sal), 9,65% d’actions directes au sein de Bank Audi et 2,3% d’actions indirectes via des GDR. Ses profits, par rapport à son taux de participation au sein de Bank Audi – près de 13% au total – dépassent ceux engrangés par Ayman, qui détient pourtant 42,22% des actions de Bankmed.
Ayman Hariri avait d’ailleurs commencé à réduire ses investissements au Liban dès 2012, en cédant tour à tour des parcelles de terrain situées à Ras Beyrouth et Ramlet al-Bayda, qui correspondent à sa part d’héritage de son père.
Qui est Alaa al-Khawaja? Contrairement aux rumeurs qui ont circulé, Alaa al-Khawaja a plus de 25 ans d’expérience en tant qu’investisseur stratégique et financier couvrant des groupes appartenant à des domaines divers implantés en Europe, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient. L’homme d’affaires jordanien est connu pour avoir accompli des transactions réussies d’achat d’actions au sein de la Société Générale (Egypte), Bank Audi (Liban), EFG Hermes (Egypte) et Egyptian American Bank (Egypte). Ses investissements se sont étendus au secteur des télécoms, avec des placements au sein de Global Telecom Holding (Egypte), Orascom Telecom Media et Technology, une société cotée à la bourse du Caire, qui investit dans des entités opérant dans le GSM, les médias, la technologie et les câbles, notamment en Egypte, au Liban et au Pakistan. Il détient également des institutions aux Emirats arabes unis, qui fournissent des services de recherches et développement ainsi que des conseils en finance. Dans le secteur du tourisme, Alaa al-Khawaja, qui est le Pdg d’InterContinental Hotels Co, propriétaire de l’hôtel Movenpick en Egypte et d’autres établissements de plaisance sur la côte égyptienne de la mer Rouge, a étendu ses investissements à l’hôtel Four Seasons à Amman. L’homme d’affaires a également investi dans les programmes de privatisation entrepris en Egypte entre 1996 et 2003. Il est actionnaire majoritaire au sein d’al-Arabia Cinema, une société de production et de distribution de films gérant une centaine de salles de cinéma. Il est aussi propriétaire de biens immobiliers commerciaux et résidentiels au Liban, en Jordanie, en Egypte, en Angleterre et en France.


Une banque solide
Fin décembre 2016, Bankmed et ses filiales de services financiers employaient 2 658 personnes. Selon les résultats financiers audités, le total des avoirs de la banque ont représenté 16 milliards $, alors que les prêts et les dépôts bancaires se sont élevés respectivement à 5,1 mil-liards $ et 12,1 milliards $. Bankmed a enregistré un record en termes d’adéquation du ratio de capitalisation, qui était de 15,4% fin 2016, et le ratio de liquidités en devises étrangères de l’ordre de 31,2%, dépassant ainsi les exigences de la BDL.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Confiance déficitaire

Face aux immenses défis, notamment économiques, auxquels le Liban est confronté, les hommes politiques font figure de nains essayant, comme Atlas, de soulever sur leurs épaules la voûte céleste. Le temps précieux perdu en verbiage et en fanfaronnades autour de la loi électorale aurait pu être investi dans une profonde réflexion pour imaginer des idées, élaborer des plans et trouver des ressources permettant à l’économie de se redresser. Au lieu de cela, la classe politique a dilapidé, à coups de polémiques inutiles et de chamailleries stériles, une grande partie du capital-confiance du nouveau mandat, clé de voûte de tout projet d’avenir.De fausses batailles sont menées au nom de la défense du destin du Liban, qui résiderait, à en croire certains hommes politiques, dans le code-barre d’une carte magnétique. Pendant ce temps, la dette publique continue de gonfler et les capacités de l’Etat à trouver des ressources pour son financement deviennent de plus en plus aléatoires. L’ingénierie financière imaginée il y a presque un an par le gouverneur de la BDL serait à bout de souffle. C’est l’Association des banques du Liban (ABL) qui l’annonce, dans son rapport annuel. L’ABL exprime sa crainte de voir les dépôts, attirés l’année dernière par le montage de Riad Salamé, refaire le chemin inverse.Cette mise en garde illustre une inquiétude à peine voilée de la part des banques de ne pas voir affluer au Liban, en 2017 et 2018, des capitaux en quantités suffisantes pour couvrir les besoins de l’Etat libanais en financement, et du secteur privé en investissements. L’incertitude est alimentée par des facteurs régionaux, nés de la profonde division qui a frappé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) après le bras de fer entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis d’un côté, le Qatar de l’autre. L’absence de perspectives positives concernant une remontée du prix du pétrole n’améliore pas la situation. Les émigrés, qui ont longtemps contribué généreusement aux transferts de capitaux vers la mère-patrie, sont contraints de se serrer la ceinture à cause de ces fâcheux développements. D’ailleurs, un début de mouvement de retour des familles de travailleurs libanais du Golfe, dissuadés par la cherté de vie, est enregistré.Le moins que l’on puisse dire est que la conjoncture n’est pas favorable au Liban. Il y a certes des éléments positifs, comme le redémarrage du tourisme après cinq années de recul. Cela reste toutefois insuffisant pour relancer des pans entiers de l’économie.Une meilleure gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amorce de réformes et le début de l’exploitation des ressources en hydrocarbures auraient pu apporter, partiellement, des solutions de rechange. Mais ce ne sont pas des hommes politiques comateux ou qui jouent aux Don Quichotte qui seront capables de le faire.


 Paul Khalifeh
   

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