Bataille de Mossoul. 30 à 50 libanais avec Daech
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Nº 3080 du vendredi 4 août 2017

Bataille de Mossoul. 30 à 50 libanais avec Daech

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    Bataille de Mossoul. 30 à 50 libanais avec Daech
    Après la chute de Mossoul, Beyrouth aurait dépêché à Bagdad un haut responsable de la sécurité pour tenter d'identifier les membres de Daech d'origine libanaise tués, blessés ou capturés lors...
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Après la chute de Mossoul, Beyrouth aurait dépêché à Bagdad un haut responsable de la sécurité pour tenter d'identifier les membres de Daech d'origine libanaise tués, blessés ou capturés lors de cette bataille qualifiée par des experts occidentaux d'«affrontement urbain le plus meurtrier» depuis la Seconde Guerre mondiale. L'identification de ces jihadistes est importante pour la mise à jour des listes de suspects dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Selon des sources informées, le corps d'un seul «jihadiste» libanais, originaire du Liban-nord, a pu être identifié grâce aux papiers d'identité qu'il conservait sur lui. La plupart des combattants de Daech ont détruit tous les documents permettant de les reconnaître et des dizaines de corps restent anonymes. Ces sources estiment entre 30 et 50 le nombre de Libanais qui combattaient dans les rangs de l'Etat islamique à Mossoul.

Les partisans de Dahlan s'activent
Les services concernés ont noté un regain d'activité des partisans de l'ancien chef de la sécurité préventive du Fatah, Mohammad Dahlan, dans les camps du Liban. M. Dahlan, qui dispose de gros moyens financiers fournis essentiellement par les Emirats arabes unis, se pose en successeur de son pire ennemi, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui l'avait chassé des Territoires autonomes.

Le Hamas revient à Dahié
Des dizaines de cadres du mouvement Hamas, qui étaient installés au Qatar depuis des années, ont plié bagage à la demande des autorités de Doha, qui subissent de fortes pressions de la part de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et des Etats-Unis, pour rompre avec cette formation, considérée comme la branche palestinienne des «Frères musulmans». Une partie de ces cadres s'est rendue en Turquie ou en Malaisie. Mais ceux qui ont des responsabilités militaires au sein des Brigades Ezzeddine al-Qassam, n'étaient pas les bienvenus dans ces deux pays. Il ne leur restait plus comme destination que le Liban, où le Hezbollah les a accueillis à bras ouverts, après des années de froid en raison de la position du Hamas au sujet de la crise syrienne. Ces «hamsaouites» repentis ont pris leurs quartiers à Dahié.     

2 000
C'est le nombre de jeunes hommes et jeunes femmes que les Forces de sécurité intérieure (FSI) envisagent de recruter dans les prochains mois. Selon des sources informées, la moitié de ces nouvelles recrues devrait remplacer des agents qui vont faire valoir leur droit à la retraite en 2017 et 2018. L'autre moitié vise à étoffer les effectifs des FSI, qui sont passés de 13 000 à 24 000 membres depuis 2005. Mais ce recrutement pourrait être retardé par des tiraillements politiques.

Hariri a le monopole
Des personnalités politiques sunnites opposés à Saad Hariri se plaignent du fait que le Premier ministre a le monopole des nominations sunnites dans toutes les administrations publiques et les institutions de l'Etat. «On ne peut placer aucun de nos partisans», s'est plaint un ancien député. Il a donné l'exemple de la Sûreté de l'Etat, où les 60 agents sunnites recrutés récemment ont tous été choisis par le Courant du Futur. «Le CPL et le Hezbollah laissent faire sans broncher», a ajouté l'ex-député sur un ton amer.  

L'émir chimique
La coopération sécuritaire et judiciaire entre le Liban et l'Irak s'est nettement améliorée ces derniers mois, ce qui aura certainement des résultats positifs sur la lutte contre le terrorisme, a affirmé un magistrat libanais. Cette coopération est le fruit d'une décision politique qui s'est traduite par la signature par le président Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri et le ministre de la Justice, Salim Jreissati, d'un décret autorisant l'extradition vers l'Irak d'un dangereux prévenu, Ahmad al-Dawlahi, surnommé «l'émir du chimique», de Daech, après la fin de la peine d'un an de prison qu'il purgeait au Liban. La justice libanaise avait, elle, rejeté la demande d'extradition.


 

 

La bataille de Ersal
Une répétition générale

Un responsable de la sécurité libanais a déclaré, sur le ton de la plaisanterie, qu'il n'avait jamais été autant sollicité par des attachés militaires arabes et occidentaux que depuis le début de la bataille du jurd de Ersal. Selon lui, les questions de ses interlocuteurs étaient essentiellement axées sur les effectifs engagés par le Hezbollah sur le terrain, le type d'armement déployés et les tactiques militaires utilisées. Sur un ton plus sérieux, le responsable sécuritaire affirme que l'intérêt particulier accordé par les attachés militaires et les services de renseignement étrangers à la bataille du jurd de Ersal découle du fait que c'est la première fois que le Hezbollah est engagé, en direct sur les télévisions, dans une guerre offensive. «Cette bataille est une sorte de répétition générale du Hezbollah pour la prochaine guerre avec Israël, au cours de laquelle il tentera de pénétrer en Galilée, comme l'a promis Hassan Nasrallah», a conclu le responsable sécuritaire.          


Le Haaretz propose un retour aux arrangements d'avril 1996
Le type d'armement et la  puissance de feu dont disposerait le Hezbollah suscitent les plus grandes craintes en Israël. Le quotidien Haaretz a publié, le 17 juillet, un article affirmant que lors de «la troisième guerre» contre le Liban, l'armée israélienne détruira les infrastructures  et les quartiers résidentiels libanais et le Hezbollah ripostera en détruisant les villes et les infrastructures israéliennes. Pour éviter ces destructions qui ont prouvé leur inefficacité lors de toutes les guerres israéliennes (1996, 2006), le quotidien propose un accord semblable aux arrangements d'avril 1996, qui interdisaient aux deux belligérants de cibler les civils des deux côtés de la frontière.

Aoun décline l'invitation de Hariri
Le Premier ministre, Saad Hariri, souhaitait intégrer dans la délégation qui l'a accompagnée à Washington, fin juillet, le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun. M. Hariri a expliqué que le soutien à l'armée était au menu de ses entretiens avec les responsables américains, dont le président Donald Trump. Mais le général Aoun a décliné l'invitation, avançant le prétexte qu'un déplacement aux Etats-Unis est déjà prévu à son agenda pour la première moitié du mois d'août. Il a ajouté que les programmes de coopération militaire avec les Etats-Unis et les demandes d'aides n'ont pas encore été finalisés, ce qui rend inutile sa présence dans la délégation de M. Hariri.

Bientôt, c'est au tour de Daech
La bataille du jurd de Ersal, contre l'ex-Front al-Nosra, n'était pas encore terminée que les yeux étaient déjà tournés vers les jurds de Qaa, Ras Baalbek (au Liban), et Qara (en Syrie), occupés par les combattants de Daech, qui seraient au nombre d'un millier. Les habitants des régions libanaises limitrophes à ce maquis jihadiste ont réclamé le nettoyage de leurs montagnes, afin qu'ils puissent retourner dans leurs champs et exploiter leurs terres. Leurs sollicitations pourront trouver rapidement un écho favorable, puisque le Hezbollah prépare déjà les plans de bataille. Des sources bien informées affirment, cependant, que le président de la République, Michel Aoun, souhaite que cette opération soit menée exclusivement par l'armée libanaise, qui déploie quelque 5 000 hommes face aux lignes de Daech dans ce secteur.

Risques d'attentats et d'assassinats
L'armée libanaise, les Forces de sécurité intérieure (FSI) et les différents services de sécurité ont annulé toutes les permissions et ont augmenté le niveau d'alerte dès le début de la bataille de Ersal. Les militaires ont été invités à faire preuve de vigilance car les services de sécurité disposent d'informations selon lesquelles les groupes terroristes pourraient procéder à des rapts de soldats ou de policiers, en réponse à la bataille de Ersal. Les services craignent, également, une reprise des attentats suicides dans certaines régions ou encore des assassinats ciblés. Un dipositif de sécurité a été discrètement déployé dans le pays et les hauts dirigeants ont été priés de renforcer leurs mesures de sécurité. Certaines ambassades, notamment celle de Russie, ont été invitées à prendre des mesures similaires. 

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Éditorial
Grille des salaires: deux lectures

Le vote par le Parlement de la grille des salaires de la fonction publique clôt un feuilleton de cinq ans, ponctué de polémiques, de tiraillements et de coups bas entre les forces politiques. En dépit des protestations de certaines catégories, qui s’estiment lésées, notamment les fonctionnaires et les militaires à la retraite, cet ajustement des salaires est, globalement, considéré comme un «exploit», car il permet de renforcer le pouvoir d’achat de 270000 familles. Cependant, des milieux économiques et financiers ne cachent pas leurs craintes des retombés négatives que pourrait avoir cette loi, qui prévoit une batterie d’impôts et de taxes. Parmi les plus mécontents figurent les banques. Celles-ci sont appelées, en effet, à supporter une partie significative du financement de cette grille, dont le coût est de 1700 milliards de livres (1200 milliards pour les fonctionnaires en service et 500 milliards pour les retraités). Les banques débourseront quelque 300 millions de dollars sur un montant total de 1,15 milliard de dollars. Ce financement proviendra d’une augmentation de 5% à 7% de la taxe sur les intérêts (supportée par les déposants), une taxation des profits des banques sur les bons du Trésor et une taxation des transactions des banques cotées en bourse, en plus d’une série d’autres mesures. Le secteur bancaire, qui déclare des profits de 2 milliards de dollars par an, se voit ainsi amputé de 300 millions de dollars, soit 15% de ses bénéfices. Toutefois, des sources économiques affirment que les profits réels des banques sont bien plus importants que ceux qui sont officiellement déclarés.Pour le secteur bancaire, ces nouvelles taxes et impôts auront un impact négatif sur les investissements et sur le coût du capital, ce qui va ralentir la croissance et, par conséquent, la création de nouveaux emplois.Un autre avis estime, toutefois, que le renforcement du pouvoir d’achat de centaines de milliers de Libanais va insuffler une bouffée d’oxygène dans l’économie, en boostant la consommation, ce qui aura pour effet de réunir les conditions nécessaires pour enclencher un cercle vertueux, qui profitera à tous les secteurs et les pans de l’économie. «Pour que ce cercle vertueux puisse voir le jour, il faut que tous les acteurs économiques jouent le jeu», prévient une source économique.Certes, le financement de la grille exigera des banques de réduire leur marge de profit et de procéder à des économies internes. Cependant, la source économique affirme que le secteur bancaire est, malgré tout, satisfait du fait que cette hausse des salaires du secteur public ne s’est pas soldée par un creusement du déficit des finances publiques. Cette source indique que les mesures, les taxes et les impôts prévus par la loi génèreront 1765 milliards de livres, soit un montant légèrement supérieur à la somme nécessaire pour financer l’ajustement des salaires.Encore faut-il que l’Etat se donne les moyens de collecter les impôts et de combattre l’évasion fiscale.


 Paul Khalifeh
   

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