Tarek Khalifé, Pdg de Creditbank. Une Vision claire, une gestion rigoureuse
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Nº 3080 du vendredi 4 août 2017

Tarek Khalifé, Pdg de Creditbank. Une Vision claire, une gestion rigoureuse

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Le succès n’a pas frappé par hasard à la porte de Tarek Khalifé, Pdg et directeur général de Creditbank S.A.L. Bardé d’un diplôme en Génie et d’un MBA, il a le profil adéquat d’«un banquier». Pourtant, il affirme à Magazine être convaincu que son métier est moins «une formation» qu’«une vocation», laquelle se forge par l’expérience et la pratique au quotidien.


Le rôle du banquier comporte de multiples fonctions et responsabilités. Pour lui, la reconnaissance des atouts de banquier vient des autres: de sa capacité à répondre aux besoins de ses clients à toutes les étapes du processus des programmes financiers qu’il leur propose, après analyse de leurs finances, et de sa réussite à gérer son établissement de crédits.   
Il insiste sur les attributs personnels du banquier: inspirer confiance, faire montre de discrétion, et, surtout, faire preuve, à tout moment, de consistance dans sa politique de gestion des fonds de la clientèle. «Dès lors que le client présente sa demande et son dossier à Creditbank, il devrait être confiant que sa requête ne sera satisfaite que sur la base d’une politique soutenue de l’établissement, en conformité avec les normes et les standards internationaux de la bonne gouvernance, loin de tout opportunisme ou de considérations à connotations politiques», insiste Tarek Khalifé. En un mot comme en mille, le client de Creditbank devrait se sentir en sécurité en fonction des valeurs, des leitmotivs et du momentum de l’établissement.    
Ayant rejoint Creditbank en 1992 et fort de 51% des actions qu’il détient d’une manière directe et indirecte, ce banquier a pu transformer son établissement en l’une des principales banques de la place. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: les dépôts bancaires sont passés de de 22 millions $ en 1993 à 3 milliards $ en 2016 et ses branches de quatre à vingt-cinq au Liban. Cet accomplissement a, par conséquent, fait que, depuis quatre ans Creditbank se classe parmi les quatorze banques de la catégorie Alpha.

Secteur réglementé
Tarek Khalifé réfute l’hypothèse d’un changement des métriques bancaires après la crise financière internationale de 2008. Il est persuadé que les paramètres à prendre en compte sont devenus simplement plus pointilleux, exigeant un alourdissement du poids du «compliance», sur les plans administratif et règlementaire. Néanmoins, pour l’évaluation du profil du client et de la faisabilité de son projet, le banquier mesure toujours le dossier en s’appuyant sur deux axes: la volonté du client à rembourser, liée à sa moralité, et son aptitude à respecter ses engagements sur base de ses compétences en matière de bonne gestion et de solvabilité de son entreprise. Ces mécanismes bancaires, exigeants mais indispensables, pourraient ralentir la productivité des cadres bancaires et entraîner un surplus de coûts des établissements de crédits. «Le secteur bancaire est devenu un domaine hautement règlementé», dit-il.

Croissance
La performance de croissance de Creditbank n’a pas eu lieu du jour au lendemain. Elle est le résultat d’une vision claire et d’une gestion rigoureuse. «Depuis mon implication dans la banque, ma philosophie a constamment été la même, celle d’être au service des entreprises privées et non au service de l’Etat et de sa dette». Il ajoute que cette philosophie ne l’empêche pas de tirer profit des opportunités du marché.
«Notre croissance a été organique. Creditbank a su fournir au secteur privé un financement personnalisé et sur mesure, à travers la mise en place d’une équipe spécialement affectée à cette mission, inscrite dans notre ‘ADN’», a encore dit le patron de Creditbank.  
Tarek Khalifé affirme qu’il «cible la croissance plutôt que la profitabilité», mettant l’accent sur le fait que «la croissance de la banque se reflète par le volume de progression de sa clientèle», dans le sens où la croissance de l’établissement va de pair avec celle de ses clients. Selon lui, l’agrandissement de Creditbank était indispensable pour en faire un fournisseur de services bancaires. D’où l’importance de la mise en place d’une économie d’échelle partant du principe général que la profitabilité s’inscrit dans la durabilité. Dans cet esprit, il était indispensable que la banque atteigne une certaine dimension pour dégager des résultats positifs et, ensuite, générer suffisamment de liquidités pour la distribution de dividendes.

Balance de paiement en recul
Interrogé sur la nouvelle ingénierie financière de la BDL après un élargissement du déficit de la balance de paiement, Tarek Khalifé a insisté sur «la nécessité d’établir une nette distinction entre la réalité des faits et leur perception». «Une fausse perception de l’ingénierie financière, dont on ne connaît pas tous les tenants et aboutissants, conduit à perturber le marché en y émettant inutilement des ondes négatives», prévient-il.
Partant du principe «qu’il n’y pas d’économie sans secteur bancaire», le Pdg de Creditbank assure que «la conjoncture actuelle dans le pays pourrait nécessiter plusieurs interventions structurées avec une vision à long terme que seule détient la BDL». Tarek Khalifé condamne ceux qui critiquent les instruments financiers dont fait usage la Banque centrale, «du moment que nul ne peut prétendre en donner une interprétation exacte et profonde vu l’absence d’informations précises». Il ajoute que l’ingénierie financière initiée par la BDL est «une réaction à un état de fait et non une action».
D’après lui, la BDL et le secteur bancaire ne sont pas responsables du déficit de la balance des paiements, n’étant pas les seuls acteurs sur la scène intérieure et, surtout, n’étant pas des décideurs au niveau des finances de l’Etat. Cette crise ne date pas d’hier, elle a éclaté dans les années 90. «La BDL fait usage d’outils financiers en vue de renforcer la confiance des investisseurs dans le secteur bancaire», dit-il, souhaitant que «l’Etat assume ses responsabilités sur le plan d’une amélioration des recettes publiques et de l’arrêt du gaspillage des deniers publics et de la corruption. En d’autres termes, l’Etat doit trouver les moyens de combler le déficit. Une économie en bonne santé engendre un système bancaire au mieux de sa forme».
Tarek Khalifé assure que le Liban ne se tient pas sur un volcan, qu’il n’y a pas lieu d’évoquer une faillite systémique, insistant avoir été témoin de la croissance d’un grand nombre d’entreprises et de sociétés, dont son propre établissement. Creditbank a enregistré une progression de ses fonds propres de 1,5 million $ en 1992 à 328 millions $ en 2016.

Liliane Mokbel

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Le vote par le Parlement de la grille des salaires de la fonction publique clôt un feuilleton de cinq ans, ponctué de polémiques, de tiraillements et de coups bas entre les forces politiques. En dépit des protestations de certaines catégories, qui s’estiment lésées, notamment les fonctionnaires et les militaires à la retraite, cet ajustement des salaires est, globalement, considéré comme un «exploit», car il permet de renforcer le pouvoir d’achat de 270000 familles. Cependant, des milieux économiques et financiers ne cachent pas leurs craintes des retombés négatives que pourrait avoir cette loi, qui prévoit une batterie d’impôts et de taxes. Parmi les plus mécontents figurent les banques. Celles-ci sont appelées, en effet, à supporter une partie significative du financement de cette grille, dont le coût est de 1700 milliards de livres (1200 milliards pour les fonctionnaires en service et 500 milliards pour les retraités). Les banques débourseront quelque 300 millions de dollars sur un montant total de 1,15 milliard de dollars. Ce financement proviendra d’une augmentation de 5% à 7% de la taxe sur les intérêts (supportée par les déposants), une taxation des profits des banques sur les bons du Trésor et une taxation des transactions des banques cotées en bourse, en plus d’une série d’autres mesures. Le secteur bancaire, qui déclare des profits de 2 milliards de dollars par an, se voit ainsi amputé de 300 millions de dollars, soit 15% de ses bénéfices. Toutefois, des sources économiques affirment que les profits réels des banques sont bien plus importants que ceux qui sont officiellement déclarés.Pour le secteur bancaire, ces nouvelles taxes et impôts auront un impact négatif sur les investissements et sur le coût du capital, ce qui va ralentir la croissance et, par conséquent, la création de nouveaux emplois.Un autre avis estime, toutefois, que le renforcement du pouvoir d’achat de centaines de milliers de Libanais va insuffler une bouffée d’oxygène dans l’économie, en boostant la consommation, ce qui aura pour effet de réunir les conditions nécessaires pour enclencher un cercle vertueux, qui profitera à tous les secteurs et les pans de l’économie. «Pour que ce cercle vertueux puisse voir le jour, il faut que tous les acteurs économiques jouent le jeu», prévient une source économique.Certes, le financement de la grille exigera des banques de réduire leur marge de profit et de procéder à des économies internes. Cependant, la source économique affirme que le secteur bancaire est, malgré tout, satisfait du fait que cette hausse des salaires du secteur public ne s’est pas soldée par un creusement du déficit des finances publiques. Cette source indique que les mesures, les taxes et les impôts prévus par la loi génèreront 1765 milliards de livres, soit un montant légèrement supérieur à la somme nécessaire pour financer l’ajustement des salaires.Encore faut-il que l’Etat se donne les moyens de collecter les impôts et de combattre l’évasion fiscale.


 Paul Khalifeh
   

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