Sawsan Wazzan. La santé dans l’assiette
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Nº 3080 du vendredi 4 août 2017

Sawsan Wazzan. La santé dans l’assiette

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Pionnière dans le monde de la nutrition et des régimes, on ne présente plus Sawsan Wazzan. Depuis le début des années 90, elle a introduit le concept des diet centers au Liban et dans le monde arabe, sensibilisant le grand public aux avantages d’une alimentation saine et équilibrée. Magazine l’a rencontrée.


Elle a le calme, la gentillesse et la discrétion de son défunt père, l’ancien Premier ministre Chafic Wazzan, et ne cache pas sa fierté d’être sa fille. «C’est mon père qui m’a donné la force. C’est un des plus importants personnages que le Liban ait connu. Il nous a appris à être sérieux, consciencieux et honnêtes. C’est cela qui m’a aidé à être proches des gens».
Son histoire dans le monde de la nutrition est une belle aventure à deux, qu’elle a commencé sur les bancs de l’AUB avec son mari Rifaat Jabri. Elle, diplômée d’un master en nutrition, lui en Food technology. Ils font leurs débuts chez Conserve Moderne Chtaura en tant que contrôleurs de la qualité et de la production. En 1988, lorsque leur maison est touchée par des obus, le couple s’envole pour les Etats-Unis, où il découvre le boom du «diet», un mot encore inconnu au Liban. Deux ans plus tard, ils rentrent au pays et décident d’y introduire ce concept en l’adaptant au goût libanais. «A l’époque les produits ‘diet’ ou sans gras n’existaient pas encore. Nous avons commencé à partir de rien», confie Sawsan Wazzan.

La première franchise
Le premier Diet Center voit le jour en 1990. Le défi pour Sawsan Wazzan était de pouvoir réaliser des plats non seulement faibles en calories mais qui avaient également de la saveur. «Tous les plats arrivent à domicile, y compris les fruits. Il ne reste plus qu’à boire uniquement de l’eau chez soi». Après le succès du Diet Center, Sawsan Wazzan ouvre, en 1994, le Diet Shop. Un an plus tard, c’est l’inauguration de la première franchise Diet Center à Riyad puis à Jeddah, en 1998, à Dammam et au Koweït, et en 2004 au Qatar. A son ouverture, le premier Diet Center au Liban comptait 5 employés. Aujourd’hui, il regroupe 105 salariés au Liban, 1 000 pour les trois centres d’Arabie saoudite, 150 au Koweït et 150 au Qatar.
«Toutes les maladies sont liées à l’alimentation. C’est la raison pour laquelle de nombreux médecins nous envoient leurs patients souffrants de taux élevés de diabète, de cholestérol, d’hypertension, de maladies rénales ou autres», confie Sawsan Wazzan. Elle corrige également les idées reçues concernant la manière de perdre du poids. Selon la spécialiste, un régime réussi est celui qui est basé sur 500 calories de moins que ce dont l’organisme a besoin et qui sont réparties entre 40% de carbohydrates, 30% de protéines et 30% de bonnes graisses. «Ce régime doit être fractionné sur quatre repas: petit déjeuner, déjeuner, collation et dîner».
Initiant une véritable révolution dans ce domaine, une prise de conscience commence à se faire sentir auprès de la population. L’AUB note qu’il existe une forte affluence sur les études en nutrition. De nombreuses universités introduisent un master en la matière. Les médias manifestent également leur intérêt. Sawsan Wazzan participe à des émissions telles que Biggest looser, Star Academy, Mission Fashion, Beauty Clinic. Face à la demande de cuisine saine, plusieurs restaurants font appel à elle pour leurs menus. «C’est toute une éducation et une sensibilisation que nous avons introduites auprès du grand public. Plusieurs universités envoient leurs étudiants faire un stage auprès du Diet Center. Nous sommes aussi devenus une référence en matière de manger sain auprès des chefs qui cherchent à cuisiner des plats ‘healthy’».

Programmes sur mesure
Dans le cadre du Diet Center, Sawsan Wazzan a créé plusieurs programmes, notamment le Detox program, Go flat program, Craving cure program et bien d’autres avec, en parallèle, des programmes taillés sur mesure pour les personnes sportives ou celles souffrant de diabète, d’hypertension ou de cholestérol.
La mise au point de chaque programme prend approximativement un an de travail. Même les enfants et adolescents sont pris en compte par Sawsan Wazzan, qui a conçu un programme destiné aux écoles, où le Diet Center est impliqué dans l’éducation alimentaire des plus jeunes. «Nous apprenons aux enfants à bien manger, à distinguer le bon du mauvais gras, les aliments à éviter, avec 9 h de cours dispensés durant l’année scolaire».
Dans les cuisines impeccables, Sawsan Wazzan a plus l’allure d’une tendre maman que d’une femme d’affaires. Elle n’hésite jamais à mettre la main à la pâte. Avec son staff, elle entretient des rapports chaleureux. Par responsabilité sociale collective, elle emploie 5 personnes aux besoins spécifiques alors que 5 autres suivent un stage dans l’entreprise.
Sa passion pour son travail l’a poussée à créer à Dar el-Aytam, une clinique diététique qu’elle a baptisée du nom de ses défunts parents, Chafic et Wajiha Wazzan, où elle offre un suivi et des menus gratuits. «Nous avons commencé avec 2 000 enfants, aujourd’hui leur nombre s’élève à 11 000. Nous vérifions leur alimentation, réajustons les programmes. On apprend également aux chefs à cuisiner d’une manière saine».
Après 27 ans de carrière, cette grand-mère continue à arriver à son travail dès 7 heures du matin et à quitter tard. Pourtant, elle dit préparer sa retraite. Elle est fière de ses quatre enfants: Lamis, l’aînée, est psychanalyste, Majed s’occupe de la branche de Riyad du Diet Center, Yasmine prépare son master en psychologie à l’Université de Michigan et Asma vient tout juste de terminer son B.S. en Nutrition et Food management à l’Université d’Arizona et se prépare à rejoindre le groupe.

Joëlle Seif

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Grille des salaires: deux lectures

Le vote par le Parlement de la grille des salaires de la fonction publique clôt un feuilleton de cinq ans, ponctué de polémiques, de tiraillements et de coups bas entre les forces politiques. En dépit des protestations de certaines catégories, qui s’estiment lésées, notamment les fonctionnaires et les militaires à la retraite, cet ajustement des salaires est, globalement, considéré comme un «exploit», car il permet de renforcer le pouvoir d’achat de 270000 familles. Cependant, des milieux économiques et financiers ne cachent pas leurs craintes des retombés négatives que pourrait avoir cette loi, qui prévoit une batterie d’impôts et de taxes. Parmi les plus mécontents figurent les banques. Celles-ci sont appelées, en effet, à supporter une partie significative du financement de cette grille, dont le coût est de 1700 milliards de livres (1200 milliards pour les fonctionnaires en service et 500 milliards pour les retraités). Les banques débourseront quelque 300 millions de dollars sur un montant total de 1,15 milliard de dollars. Ce financement proviendra d’une augmentation de 5% à 7% de la taxe sur les intérêts (supportée par les déposants), une taxation des profits des banques sur les bons du Trésor et une taxation des transactions des banques cotées en bourse, en plus d’une série d’autres mesures. Le secteur bancaire, qui déclare des profits de 2 milliards de dollars par an, se voit ainsi amputé de 300 millions de dollars, soit 15% de ses bénéfices. Toutefois, des sources économiques affirment que les profits réels des banques sont bien plus importants que ceux qui sont officiellement déclarés.Pour le secteur bancaire, ces nouvelles taxes et impôts auront un impact négatif sur les investissements et sur le coût du capital, ce qui va ralentir la croissance et, par conséquent, la création de nouveaux emplois.Un autre avis estime, toutefois, que le renforcement du pouvoir d’achat de centaines de milliers de Libanais va insuffler une bouffée d’oxygène dans l’économie, en boostant la consommation, ce qui aura pour effet de réunir les conditions nécessaires pour enclencher un cercle vertueux, qui profitera à tous les secteurs et les pans de l’économie. «Pour que ce cercle vertueux puisse voir le jour, il faut que tous les acteurs économiques jouent le jeu», prévient une source économique.Certes, le financement de la grille exigera des banques de réduire leur marge de profit et de procéder à des économies internes. Cependant, la source économique affirme que le secteur bancaire est, malgré tout, satisfait du fait que cette hausse des salaires du secteur public ne s’est pas soldée par un creusement du déficit des finances publiques. Cette source indique que les mesures, les taxes et les impôts prévus par la loi génèreront 1765 milliards de livres, soit un montant légèrement supérieur à la somme nécessaire pour financer l’ajustement des salaires.Encore faut-il que l’Etat se donne les moyens de collecter les impôts et de combattre l’évasion fiscale.


 Paul Khalifeh
   

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