Les chrétiens d’Orient à l’IMA. 2 000 ans d’histoire et de diversité
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Nº 3081 du vendredi 1er septembre 2017

Les chrétiens d’Orient à l’IMA. 2 000 ans d’histoire et de diversité

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    Les chrétiens d’Orient à l’IMA. 2 000 ans d’histoire et de diversité
    Pour la première fois depuis sa création, l’Institut du monde arabe (Ima) à Paris présente, du 26 septembre 2017 au 14 janvier 2018, l’exposition Chrétiens d’Orient, 2 000 ans d’histoire. Une...
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Pour la première fois depuis sa création, l’Institut du monde arabe (Ima) à Paris présente, du 26 septembre 2017 au 14 janvier 2018, l’exposition Chrétiens d’Orient, 2 000 ans d’histoire. Une présentation inédite qui retrace, à elle seule, l’histoire bimillénaire du christianisme oriental sous toutes ses facettes: historique, politique, culturelle...



 

 

 

L’objectif de l’exposition organisée par l’Institut du monde arabe (Ima) est de démontrer qu’en dépit des vicissitudes anciennes qui ensanglantent la région et dont les chrétiens font encore les frais, ces derniers, loin d’être les traces résiduelles d’un passé caduc, sont les parties prenantes d’un monde arabe auquel ils ont largement contribué. Une véritable plongée dans l’histoire des communautés chrétiennes du Proche et du Moyen-Orient, présentes dans les six pays auxquels elles appartiennent: la Syrie, le Liban, l’Egypte, la Palestine, la Jordanie et l’Irak.
Si l’expression «berceau du christianisme» caractérise souvent la région du Moyen-Orient et reste largement utilisée aujourd’hui, son origine mérite toutefois d’être éclaircie. C’est précisément ce que l’Ima propose aux futurs visiteurs de l’exposition. Car dévoiler les chrétiens d’Orient, c’est permettre aux différents publics d’appréhender leur histoire et leur diversité, mais également faire comprendre le rôle majeur que ces communautés ont joué dans le développement politique, culturel, intellectuel et religieux de cette zone géographique. A travers un parcours jalonné de 300 œuvres exceptionnelles par leur richesse et, pour certaines, jamais montrées en Europe, l’exposition propose un voyage dans le temps, qui retrace l’histoire religieuse, politique, culturelle et artistique des communautés chrétiennes. L’exposition montrera, entre autres, comment se sont formées les Eglises grecque, copte, assyro-chaldéenne, syriaque, arménienne et maronite, sur fond de débats théologiques fondateurs, qui seront repris à l’époque moderne sous l’impulsion de missions catholiques et de protestants venus d’Europe. Pour Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, «l’Ima s’est lancé un défi qui n’avait encore jamais été relevé par aucune grande institution. (…) L’exposition se propose de présenter les chrétiens d’Orient dans leur pluralité et dans toute la complexité de leur histoire millénaire».
 
Les conquêtes arabes
D’autres périodes historiques seront également abordées tout au long de l’exposition. Parmi elles, les conquêtes arabes des quatre premiers califes, dits Rashiduns: Abou Bakr as-Siddiq, Omar, Othmân ibn Affân, Ali ibn Abi Talib (632-661), qui introduisent l’islam comme religion nouvelle en Orient. Cela constitue un défi de taille pour les chrétiens et ce, même s’ils bénéficient d’un statut de protégés (dhimmis) et qu’ils restent libres de conserver leurs croyances. A cette époque, et même si leur part dans la population diminue, les chrétiens continuent à jouer un rôle majeur dans l’administration et la vie intellectuelle et sociale à travers les arts, l’architecture, la langue et l’artisanat.
Le nationalisme arabe fait aussi partie des grands thèmes abordés par l’exposition. Au XIXe siècle, la participation de penseurs chrétiens (souvent laïques) dans l’éveil des nationalismes témoigne de l’enracinement historique des communautés chrétiennes dans le monde arabe. A titre d’exemple, le parti Baas est créé par deux intellectuels: l’un est musulman sunnite, Salaheddine Bitar, l’autre, Michel Aflak, est chrétien orthodoxe, issu d’une famille damascène. A eux deux, ils fondent l’un des partis les plus influents du Moyen-Orient, qui combine socialisme, nationalisme et laïcité. Pour Michel Aflak, seul un Etat laïque permettra de regrouper toutes les composantes d’une nation arabe très divisée sur le plan confessionnel.
L’exposition se conclura par la période actuelle que nous traversons, celle d’une crise destructrice qui frappe le Proche et le Moyen-Orient et qui fait planer une grande menace sur l’existence même des chrétiens dans la région: villages rasés, massacres, meurtres de religieux et de civils perpétrés par l’organisation de l’Etat islamique…
Au-delà du génocide que cela représente, ou de la crainte de la préservation du patrimoine millénaire (destruction du temple de Baal à Palmyre, en 2015, ou du Tétrapyle, en 2017…), l’Ima souligne, à travers cette exposition, la question de la diversité du monde arabe, aujourd’hui remise en cause.
 
Conscience citoyenne
Dissimulée par les horreurs et le développement des multiples mouvements extrémistes dans la région qui font la Une de l’actualité, une conscience nouvelle, citoyenne, semble toutefois émerger des sociétés arabes. C’est sur cette note que l’Ima a décidé de clôturer l’exposition, sous le regard de photographes contemporains. Parmi eux, Roger Anis et sa série de clichés, intitulée Blessed Marriage et photographiée, en 2015, au Caire. Sur les trois photos, on peut observer un couple de mariés, posant au milieu des décombres d’un environnement urbain dévasté. Le ménage regarde l’objectif, comme si des ruines renaissaient l’espoir et les rêves d’une vie heureuse et prospère. Des clichés qui ne sont pas sans rappeler ceux de Jaafar Merhi, photographe syrien de 22 ans, qui avait immortalisé un jeune couple dans les ruines de Homs, en février 2015, pour «montrer que l’amour existe en dépit des ruines». «De l’austère grâce paléochrétienne aux ors de l’iconostase, des conciles fondateurs aux grands schismes et au renouveau des missions, de la place singulière des chrétiens après la conquête musulmane au rôle exceptionnel qu’ils jouèrent dans l’essor du nationalisme arabe, ce parcours jalonné d’œuvres somptueuses nous convie à traverser leur histoire, depuis l’émergence des premières communautés jusqu’à cette modernité pleine d’éclat», conclut Jack Lang. Mais il nous dit aussi que «l’histoire est chair et sang. D’émouvants témoignages de la réalité des chrétiens d’Orient, aujourd’hui, viennent clore l’exposition. Ils sont là pour nous le rappeler».

 

Marguerite Silve, Paris
 

Eglises chrétiennes d’Orient au XXIe siècle
On compte aujourd’hui, au sein du christianisme oriental, une multitude d’Eglises. Sur les six pays présents dans l’exposition (Egypte, Liban, Syrie, Irak, Palestine et Jordanie) sont réparties les dix principales: maronite, grecque-orthodoxe, grecque-melkite catholique, latine, arménienne, chaldéenne, assyrienne, copte, syriaque et protestante. C’est au Liban qu’on retrouve la part la plus importante de chrétiens dans la population, avec plus de 35% (à majorité maronite) et une représentativité d’Eglises qui lui vaut son titre de «mosaïque» confessionnelle. Ainsi, on y trouve des grecs-orthodoxes, des grecs-melkites catholiques, des Arméniens, des Syriaques et des protestants. Multiconfessionnelle également mais à un niveau moindre, la Syrie compte 2,5 à 6% de chrétiens dans sa population, avec une majorité de grecs-orthodoxes, tout comme la Jordanie. L’Egypte, avec plus de 92 millions d’habitants, compte, elle, 7 à 10% de chrétiens dans sa population, dont 9 millions de Coptes. L’Irak (avec une majorité de Chaldéens) et Israël se placent en dernière position avec moins de 2,5% de chrétiens.

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Éditorial
Il faut saisir l’opportunité

Avant même que ne soient versés les salaires des fonctionnaires et des militaires, indexés à la nouvelle grille, les prix de certains produits de première nécessité et denrées alimentaires ont augmenté. Les prix avaient déjà fait un bond, il y a quelques mois, lorsque le Parlement avait entamé l’examen de l’échelle des salaires, avant de la renvoyer en Commission. Qui est responsable de cette montée injustifiée des prix? Les détaillants? les grossistes? les importateurs? C’est à l’Etat de trouver la réponse et de prendre les mesures nécessaires. C’est au gouvernement d’enrayer la montée des prix, qui risque de torpiller l’un des seuls aspects positifs de la grille des salaires, celui du renforcement du pouvoir d’achat de 270000 familles, ce qui devrait avoir pour effet de booster la consommation des ménages et, par conséquent, de relancer, même timidement, une économie moribonde.La situation économique est tellement mauvaise que certains acteurs du secteur lient le sort du pays au volume des transferts effectués par la diaspora. Si les flux de capitaux rentrants venaient à baisser pour une quelconque raison, les banques n’auraient plus les moyens de financer l’Etat. La seule lueur d’espoir est la reconstruction de la Syrie et le rôle que le Liban pourrait y jouer, entend-on de plus en plus souvent dans les cercles économiques. Or, la reconstruction semble, aujourd’hui, le thème principal qui occupe les discussions des responsables syriens avec leurs visiteurs étrangers. Des journalistes occidentaux, de retour de Damas, affirment que, «pour la première fois», leurs interlocuteurs étaient plus focalisés sur les questions de la reconstruction que sur les détails des opérations militaires, pourtant marquées par d’importantes avancées de l’armée régulière et de ses alliés sur tous les fronts, notamment face à Daech. «C’est mon dixième voyage à Damas depuis le début de la guerre, nous déclare un journaliste d’un quotidien français. Mais c’est la première fois que j’entends plus parler des projets immobiliers, des perspectives d’investissements et des grands chantiers à venir que des ‘‘victoires’’ de l’armée face aux ‘‘terroristes’’».La Foire internationale de Damas, qui a rouvert ses portes après cinq ans d’absence, était sur toutes les langues. Même les médias officiels syriens l’ont placée au cœur de l’actualité, reléguant au second rang la progression de l’armée dans le désert de la Badiya.Pendant ce temps, les Libanais se chamaillent et font de la surenchère sur l’opportunité de rétablir les contacts avec la Syrie. Il est du devoir de l’Etat de prendre toutes les mesures, politiques ou autres, afin que le Liban soit bien positionné en perspective de la reconstruction de la Syrie. Sinon, le pays risque de laisser passer une chance réelle de redressement.


 Paul Khalifeh
   

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