Le packaging au Liban. Accroître la compétitivité des produits
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Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Le packaging au Liban. Accroître la compétitivité des produits

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    Le packaging au Liban. Accroître la compétitivité des produits
    Le packaging sert aujourd’hui de média pour l’entreprise vendeuse de produits. Quelles sont les particularités libanaises en termes d’emballage? L’habit fait le moine... Désormais devenu premier signe identitaire de toute...
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Le packaging sert aujourd’hui de média pour l’entreprise vendeuse de produits. Quelles sont les particularités libanaises en termes d’emballage?

L’habit fait le moine... Désormais devenu premier signe identitaire de toute marque et de tout produit, l’emballage remplit quatre fonctions: identifier la nature du produit, identifier la marque, communiquer le positionnement (haut de gamme, bas de gamme, bio, etc.) et être source d’innovation et de différenciation. Au Liban, les entreprises qui vendent la même catégorie de produits se font concurrence par l’intermédiaire du visuel que représente le packaging. Cet acte de communication fait appel, en effet, à l’imaginaire, pour interpeler et séduire le consommateur. Interrogé par Magazine, Nabil Gemayel, élu à la tête du Board de LibanPack, explique que «l’emballage a un rôle essentiel dans la vie de tout produit. Ce rôle est d’autant plus amplifié aujourd’hui, à l’heure où l’environnement et les enjeux qu’il implique, ainsi que toutes les considérations liées à la santé publique, représentent autant de priorités pour les consommateurs». D’après M. Gemayel, le développement rapide de l’industrie libanaise est en grande partie lié aux progrès de l’industrie de l’emballage dans le pays. Il permet aux industriels d’étendre leurs activités et de commercialiser leurs produits sur les marchés intérieurs et étrangers. Plusieurs des plus importantes industries d’emballage et alimentaires ont adhéré à LibanPack, dont l’objectif principal est d’accroître la compétitivité des produits libanais grâce à l’amélioration de l’emballage et de l’étiquetage, afin de leur permettre de conquérir les marchés extérieurs.
Les industries de l’emballage sont enracinées au Liban depuis 1929. La créativité, le design, l’innovation et le talent constituent autant de facteurs déterminants permettant d’atteindre des objectifs multiples, dont l’accroissement de la valeur ajoutée et de la compétitivité des industries. Le packaging devient, dans ce sens, un argument de commercialisation, à travers lequel l’entreprise met l’accent sur les atouts qui distinguent son produit de la concurrence (ingrédients, matières, logo, provenances, etc.). Outre son rôle commercial, le packaging gagne en importance d’un point de vue social. De nos jours, ce rôle social relève surtout du domaine de l’éco-responsabilité. Il cible ainsi les consommateurs les plus soucieux de la protection de l’environnement, en leur proposant des produits bio (pour les aliments), recyclés ou dont les modes de production sont basés sur les énergies renouvelables. Pour bien vendre son produit? L’être et le paraître sont désormais indissociables.

le rôle de LibanPack
Centre libanais d’emballage industriel, LibanPack est une association privée à but non lucratif, fondée en 2008, grâce au soutien conjoint de l’Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel), du programme libano-suisse MACLE, dont l’objectif est de promouvoir le développement industriel au Liban (notamment, l’accès des exportations libanaises aux marchés internationaux et leur conformité aux normes), de l’ALI (l’Association des industriels libanais) et du Syndicat des propriétaires des industries papetières et de l’emballage. La vocation de LibanPack depuis sa création est de soutenir et d’accompagner les PMI en les formant, en les informant des dernières technologies dans ce domaine. Cela permet de les promouvoir à l’international dans leur conquête des marchés arabes, européens et américains.

Natasha Metni

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Éditorial
Les aléas de la géopolitique

Toujours prompts à flairer les bonnes affaires, les Libanais ont été parmi les premiers entrepreneurs à débarquer au Kurdistan irakien, en 2006, au lendemain du vote par le Parlement de cette région autonome, d’une loi sur la libéralisation des investissements. Financiers, promoteurs immobiliers, opérateurs, conseillers, les Libanais étaient présents à tous les échelons et dans tous les domaines, à l’exception de l’industrie, où leur apport était plutôt modeste face au savoir-faire des Turcs et des Chinois. Une quarantaine de sociétés libanaises et autant de joint-ventures avec des partenaires locaux se sont implantées dans cette région, longtemps qualifiée d’«eldorado» par la presse régionale et internationale. Elles étaient présentes et parfois pionnières dans les domaines de l’hôtellerie, de la banque, de l’informatique, de la construction, du tourisme, du transport aérien, de la restauration, de l’éducation, de la distribution... C’est, par exemple, le Libanais Dar al-Handassa, qui avait été choisi pour établir un plan d’aménagement urbain de la ville d’Erbil à l’horizon 2030. Quelque 5 000 Libanais ont trouvé un emploi au Kurdistan au plus fort du boom économique, transférant au Liban plusieurs dizaines de millions de dollars par an.La situation économique a commencé à se détériorer avec la proclamation du califat de Daech, en juin 2014. De nombreuses entreprises libanaises ont réduit le volume de leurs affaires, d’autres, moins nombreuses, ont plié bagages. Mais toutes nourrissaient l’espoir de voir le marché redémarrer après la fin de la crise et de participer à la fondation d’un nouveau Dubaï.Le référendum organisé le 25 septembre porte un coup sérieux à leurs rêves. Le Kurdistan est un territoire totalement enclavé et encerclé par trois Etats qui sont farouchement hostiles à toute velléité d’indépendance: l’Irak, la Turquie et l’Iran. Ces pays peuvent, s’ils le souhaitent, isoler la région autonome du monde extérieur et une éventuelle fermeture totale des frontières aura des effets désastreux non seulement sur l’économie mais aussi sur l’approvisionnement des marchés avec les produits de bases.Une fois de plus, les Libanais sont victimes des aléas de la géopolitique. Même s’ils se consolent, en vantant leur extraordinaire capacité à renaître de leurs cendres, comme le phénix, ou à repousser toujours plus loin les frontières des affaires, comme les Phéniciens, le monde devient de plus en plus dangereux, risqué et compliqué pour eux. Certes, ils imagineront des solutions de rechange, comme celle d’aller investir à Chypre (voir page 32). Mais il s’agit opportunités ponctuelles susceptibles d’apporter des réponses sur le court terme. Seul le Liban peut leur offrir un refuge durable et sûr. Le temps est venu de lancer des réformes profondes pour moderniser l’économie, alléger les poids de la bureaucratie, limiter le gaspillage des deniers publics, améliorer le climat des affaires et lutter contre la corruption endémique.


 Paul Khalifeh
   

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