Le projet Cedrar: un message d’attachement au pays et de foi en sa pérennité
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Nº 3082 du vendredi 6 octobre 2017

Le projet Cedrar: un message d’attachement au pays et de foi en sa pérennité

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    Le projet Cedrar: un message d’attachement au pays et de foi en sa pérennité
    Présidente et co-fondatrice de Cedrar, Sandra Abou Nader explique à Magazine en quoi consistera ce nouveau concept immobilier de luxe, à la pointe de la domotique contemporaine, qui sera niché...
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Présidente et co-fondatrice de Cedrar, Sandra Abou Nader explique à Magazine en quoi consistera ce nouveau concept immobilier de luxe, à la pointe de la domotique contemporaine, qui sera niché dans la région des Cèdres.

Par votre parcours, vous êtes très attachée à la préservation du patrimoine libanais. Dans quelle mesure le projet Cedrar va-t-il s’intégrer dans la région des Cèdres?
Nous avons un héritage dont nous sommes si fiers et nous nous devons de préserver notre patrimoine pour les générations futures. La région des Cèdres représente l’un des plus beaux sites du pays. Dans le souci de préserver l’environnement, le projet sera construit suivant les normes d’une autosuffisance énergétique propre et renouvelable. Le concept de ce développement est basé sur une architecture libanaise minimaliste à laquelle le bois ajoutera une touche moderne. L’aménagement paysager s’engage à sauvegarder la biodiversité du terrain et à restaurer les écosystèmes en employant des plantes originaires de la région.

Combien d’emplois espérez-vous générer avec ce projet?
Nous prévoyons autour de 200 emplois fixes sans compter les emplois indirects et les répercussions sur l’industrie commerciale et touristique.

Un partenariat a été établi avec l’ONG Jouzour Loubnan, en quoi consiste-t-il? Quelle va être votre stratégie de responsabilité sociale, eu égard de cela?
En partenariat avec Jouzour Loubnan, Cedrar finance un projet de reboisement qui vise à augmenter la superficie de la réserve des Cèdres de 130 000 m2. Ce sera la première étape d’une collaboration pour d’autres missions à venir. D’autre part, nous portons une attention particulière à l’Iris Cedreti, une fleur endémique présente sur le site du projet. Avec le soutien de la faculté des Sciences de l’université Saint-Joseph et des spécialistes de la région, nous nous engageons à la préserver dans une réserve et à soutenir la recherche pour la multiplication et la conservation de cette espèce.
 
Le concept du projet Cedrar se destine à devenir un lieu de rencontre pour la diaspora libanaise répartie de par le monde. Espérez-vous que ces Libanais de l’extérieur seront les principaux acquéreurs des unités du projet?
C’est un projet ouvert à tous. A tous les Libanais du monde qui sont à la recherche d’authenticité et de retour aux sources. Ce projet est destiné à tous ceux qui souhaitent vivre en connexion avec la nature et notre histoire. C’est un lieu d’échanges et de rencontre, une invitation à redonner vie à cette région qui a animé les années d’or du pays. Ce projet va bien au-delà de sa valeur commerciale, c’est un message d’attachement au pays et de foi en sa pérennité.

Jenny Saleh

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Éditorial
Les aléas de la géopolitique

Toujours prompts à flairer les bonnes affaires, les Libanais ont été parmi les premiers entrepreneurs à débarquer au Kurdistan irakien, en 2006, au lendemain du vote par le Parlement de cette région autonome, d’une loi sur la libéralisation des investissements. Financiers, promoteurs immobiliers, opérateurs, conseillers, les Libanais étaient présents à tous les échelons et dans tous les domaines, à l’exception de l’industrie, où leur apport était plutôt modeste face au savoir-faire des Turcs et des Chinois. Une quarantaine de sociétés libanaises et autant de joint-ventures avec des partenaires locaux se sont implantées dans cette région, longtemps qualifiée d’«eldorado» par la presse régionale et internationale. Elles étaient présentes et parfois pionnières dans les domaines de l’hôtellerie, de la banque, de l’informatique, de la construction, du tourisme, du transport aérien, de la restauration, de l’éducation, de la distribution... C’est, par exemple, le Libanais Dar al-Handassa, qui avait été choisi pour établir un plan d’aménagement urbain de la ville d’Erbil à l’horizon 2030. Quelque 5 000 Libanais ont trouvé un emploi au Kurdistan au plus fort du boom économique, transférant au Liban plusieurs dizaines de millions de dollars par an.La situation économique a commencé à se détériorer avec la proclamation du califat de Daech, en juin 2014. De nombreuses entreprises libanaises ont réduit le volume de leurs affaires, d’autres, moins nombreuses, ont plié bagages. Mais toutes nourrissaient l’espoir de voir le marché redémarrer après la fin de la crise et de participer à la fondation d’un nouveau Dubaï.Le référendum organisé le 25 septembre porte un coup sérieux à leurs rêves. Le Kurdistan est un territoire totalement enclavé et encerclé par trois Etats qui sont farouchement hostiles à toute velléité d’indépendance: l’Irak, la Turquie et l’Iran. Ces pays peuvent, s’ils le souhaitent, isoler la région autonome du monde extérieur et une éventuelle fermeture totale des frontières aura des effets désastreux non seulement sur l’économie mais aussi sur l’approvisionnement des marchés avec les produits de bases.Une fois de plus, les Libanais sont victimes des aléas de la géopolitique. Même s’ils se consolent, en vantant leur extraordinaire capacité à renaître de leurs cendres, comme le phénix, ou à repousser toujours plus loin les frontières des affaires, comme les Phéniciens, le monde devient de plus en plus dangereux, risqué et compliqué pour eux. Certes, ils imagineront des solutions de rechange, comme celle d’aller investir à Chypre (voir page 32). Mais il s’agit opportunités ponctuelles susceptibles d’apporter des réponses sur le court terme. Seul le Liban peut leur offrir un refuge durable et sûr. Le temps est venu de lancer des réformes profondes pour moderniser l’économie, alléger les poids de la bureaucratie, limiter le gaspillage des deniers publics, améliorer le climat des affaires et lutter contre la corruption endémique.


 Paul Khalifeh
   

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