Le café. Un marché en pleine expansion
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Nº 3083 du vendredi 3 novembre 2017

Le café. Un marché en pleine expansion

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Une, deux, voire trois tasses de café dès le réveil, le tour est joué pour les Libanais. Le tonus et la bonne humeur sont supposés être de mise pour entamer une lourde journée de travail. La pause-café matinale est incontournable.

Ces dernières années, l’espresso, le café américain et le Nescafé se sont invités dans nos habitudes. Ces nouveaux produits pourraient-ils s’intégrer d’une manière permanente dans les coutumes de notre pays? Prenant goût aux divers dérivés du café traditionnel turc au fil de ses voyages, le Libanais est devenu exigeant et expert en termes de qualité, de goût, d’arôme, de sélection de grains de café et du processus de torréfaction. Ce dernier est susceptible de changer totalement le goût du café.
Avec environ 5 kg de café par habitant par an, le Liban fait partie des vingt plus gros consommateurs au monde. Dans le peloton de tête des boissons les plus consommées dans le monde après l’eau, deuxième marchandise la plus vendue après le pétrole, le café est apparu, au fil des années, comme une boisson universelle. Que de contrats et de projets ont été conclus autour d’un café pris sur une terrasse.
Au Liban, on aime boire son café à toute heure de la journée, par plaisir ou par habitude. Les enjeux sont colossaux au pays du Cèdre, mais le café n’est pas bon marché et la pléthore de marques ne facilite pas le choix du client. Il y a donc de bonnes raisons de se demander si le café oriental continuera de régner en maître des lieux?
Il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur le secteur. Les statistiques qui ont été adoptées font état d’un marché de la vente au détail pour le café libanais d’environ 10 000 tonnes en rythme annuel. L’espresso a fait son entrée depuis plus d’une décade et sa part de marché semble s’agrandir. La demande sur le café américain reste présente et forte. De leur côté, les fournisseurs libanais de café moulu tentent d’innover au niveau du goût par le degré de torréfaction, de temps de conservation ou du choix des arômes.    

Production insuffisante
Les 77 Etats membres de l’Organisation internationale du café (OIC) et des dizaines d’associations ont célébré en juillet dernier la 3ème journée internationale du café dans une atmosphère d’inquiétude. Selon l’OIC, la production de café est devenue inférieure à la demande, depuis deux ans déjà. Entre octobre 2015 et septembre 2016, le monde a consommé
151,3 millions de sacs de café dont le poids à l’unité était de 60 kg, alors que la production était de moins de 33 millions de sacs. Ce trou énorme a été comblé par les surplus de production des années précédentes. D’après la même source, la croissance annuelle de la consommation de café serait de l’ordre de 1,3%. «En cas de baisse accrue de la production, il serait impossible de répondre à la demande internationale», a souligné Robert Philis, directeur de l’Union nationale de la production de café en Colombie, 3ème fournisseur de café dans le monde.
Le changement climatique menace la production mondiale. La situation pourrait empirer au cas où la température venait à enregistrer de nouveaux pics. Sous l’influence de la chaleur, les surfaces de plantation de graines de café seraient réduites de moitié d’ici 2050 et le réchauffement climatique renforcerait la propagation de maladie infectant les caféiers. De même, de fortes pluies endommageraient les productions et entraîneraient des glissements de terrains. Cinq millions de familles dans 60 pays de par le monde comptent sur la production de café pour booster leur économie nationale. Ce secteur génère près de 100 milliards $, sur la base des chiffres publiés par l’OIC au 1er trimestre de 2017. D’où la question vitale: quel avenir lire dans le marc de notre café? Un premier élément de réponse, face à la menace climatique, est que le café est à l’origine une essence forestière. Il s’agira de recréer l’habitat naturel du café: les forêts. Les projets d’agroforesterie au sein des fermes de café sont un point de départ essentiel pour appréhender les dangers imminents, en préservant la productivité, la qualité et la durabilité du café.

Daniel: démocratiser le café
Roy Daniel, pdg de Barista depuis 2006, dont le père est fondateur de l’entreprise Café Daniel en 1977 (le café libanais vendu dans des emballages de couleur verte sous pression), n’appréhende pas «une hausse drastique du prix du café, en dépit de la chute de la production au niveau mondial et du fait que l’espresso est une boisson sophistiquée exigeant une grande attention et l’utilisation d’une série de procédés, tels le choix des graines, la torréfaction, l’emballage, pour arriver au produit final». M. Daniel estime que, sur un niveau local, le produit qu’il commercialise a contribué à démocratiser le café espresso qui a le vent en poupe, depuis un certain temps. Avec Barista, la consommation de l’espresso n’est plus l’apanage de l’élite disposant d’un pouvoir d’achat relativement élevé. Ce n’est pas demain qu’on devrait se résigner à boire une tisane en remplacement du café. Les prix des produits Barista sont «hautement compétitifs», soit 40% inférieurs à la moyenne de prix des autres dosettes et capsules espresso. Un des principaux atouts de Barista est que tous ses produits sont facilement accessibles. A travers un appel téléphonique, un message envoyé par WhatsApp ou en se connectant à son site web, les clients peuvent se faire livrer leurs commandes de café où qu’ils se trouvent au Liban. Une visite en grandes et petites surfaces leur permettra de trouver en rayons les capsules et dosettes Barista vendues par paquets de 20. Barista, qui a vu le jour en 1999, a reflété l’air du temps d’un client à la recherche d’une solution de plus en plus rapide pour boire son café tout en exigeant de la qualité dans sa tasse. Selon Roy Daniel, les capsules et dosettes (pods) sont les produits préférés des Libanais en termes d’espresso bu à la maison. Pour cette raison, les capsules Barista ont été conçues en compatibilité avec les machines Nespresso. En réponse à une question, le Pdg de Barista déclare que «le café libanais continue de dominer le marché local dans un contexte d’une concurrence serrée avec le café instantané, l’American coffee et l’espresso. Pour lui, le réchauffement climatique est une menace très sérieuse, surtout pour le café arabica, considéré comme plus fin et savoureux que le robusta. De nouvelles pratiques et des plantations plus efficaces et résistantes pourraient être une solution pour échapper à la crise. Cela nécessite des moyens technologiques et économiques que certain pays d’Amérique Latine n’ont pas.

Nespresso
Pionnier de l’industrie du café en capsule de haute qualité, Nespresso, présent au Liban depuis l’an 2000, a lancé le programme de recyclage de ses capsules. Cette initiative a été prise dans le cadre des engagements pris par la marque en matière de durabilité, notamment axés sur l’approvisionnement durable en café, la gestion responsable de l’aluminium et la compensation carbone grâce à la réduction des taux d’émission. Dima SAL, distributeur exclusif de Nespresso au Liban, s’est associé à Zero Waste Act pour mettre en œuvre l’initiative de recyclage. Cette société, lancée par Contra International, vise à aider les entreprises dans le développement de programmes de gestion responsable de leurs déchets. Dans le cadre du programme de recyclage Nespresso, Zero Waste Act se chargera de traiter les capsules utilisées et d’en extraire l’aluminium pour le transférer vers le recyclage, alors que le marc de café sera utilisé pour la production de compost. Ainsi, les membres du Club Nespresso peuvent recycler leurs capsules de deux façons: soit en les déposant dans l’une des boutiques Nespresso (ABC Achrafieh L0, ABC Dbayeh L3 et ABC Verdun L2), soit en les remettant pour collecte à travers le service de livraison à domicile du Nespresso Club, joignable au 05 953 700. Des sacs recyclables dédiés à cet effet sont disponibles sur tous les canaux de commande de café Nespresso.

Les entrepreneurs
Sur un autre plan, il faut souligner qu’une étude encore en gestation a montré que la consommation de 200 mg de caféine par un chef de projet est susceptible de doper son attention et de renforcer sa concentration. Cette consommation l’aiderait à comprendre d’une manière plus rapide les textes et les plans qu’il est en train de lire et de prendre ainsi la bonne décision. Certains entrepreneurs y ont recours pour acquérir de nouvelles compétences et avoir une meilleure vision du positionnement de leur société parmi les autres entités présentent dans le même secteur et qui lui font la concurrence. En conclusion, un usage modéré de la caféine est un must afin d’éviter le développement d’un mal latent dans le corps humain ou l’apparition d’une maladie.

Liliane Mokbel

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Éditorial
La perception compte que la réalité

La première année du sexennat du général Michel Aoun, élu le 31 octobre 2016 après deux ans et demi de vacance à la première magistrature de l’Etat, vient de s’achever. Partisans et détracteurs du mandat avancent des bilans tellement contradictoires qu’on a l’impression qu’ils ne parlent pas du même pays. Les fidèles du chef de l’Etat égrènent une longue liste de «réalisations», qui n’auraient pu être concrétisées sans la présence, au palais de Baabda, d’un «président fort». Les réussites du mandat vont de l’adoption d’une nouvelle loi électorale introduisant le mode de scrutin proportionnel et le vote des émigrés, à la bataille de l’«Aube des jouroud», qui a permis la libération, par l’armée libanaise, du territoire des groupes terroristes, en passant par les nominations administratives, militaires, sécuritaires, diplomatiques et juridiques, bloquées depuis des années. Au crédit du chef de l’Etat, également, le renforcement de la sécurité préventive, qui a épargné au pays de nombreux attentats, la condamnation à mort d’Ahmad el-Assir et d’autres extrémistes, dont les procès avançaient au ralenti à cause de l’absence d’une volonté politique. Sur le plan économique et social, les partisans du mandat soulignent le vote du budget 2017, après 12 ans de dépenses selon la douzième provisoire – qui autorise toutes sortes d’abus –, et l’adoption de l’échelle des salaires dans la fonction publique, qui renforce le pouvoir d’achat de dizaines de milliers de familles. Dans le bilan des contempteurs du mandat, ces «réalisations» ont cédé la place à une interminable liste de fiascos, d’échecs et de défaillances. «L’Etat est en déliquescence», déplore l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui se livre dans les colonnes de Magazine à un réquisitoire au vitriol contre le pouvoir actuel (voir page 16). Pour les détracteurs du président Aoun, les nominations ne sont qu’un partage du gâteau entre les partenaires de la coalition gouvernementale. Plus qu’une faute, l’échelle des salaires serait un péché, selon eux, car son financement impose des charges et des taxes supplémentaires aux chefs d’entreprises, aux sociétés, à la classe moyenne et les catégories les plus démunies. Le vote du budget n’est en aucun cas une source de fierté, car il s’agit de l’année fiscale écoulée, et déjà le gouvernement a dépassé les délais constitutionnels dans l’examen et l’approbation du budget 2018. De plus, la loi fondamentale votée au Parlement permet de mesurer la gravité du phénomène du gaspillage des deniers publics, avec des centaines de milliards de livres qui partent en fumée entre les administrations publiques, les dépenses inutiles et les fonds secrets (voir page 34). Entre ces deux descriptions antagonistes du Liban, il y a la perception qu’ont les Libanais de leur pays. Rares sont ceux qui ont le sentiment que leur vie s’est améliorée d’une année à l’autre. La tâche qui attend le mandat est tellement titanesque, que les réalisations accomplies, aussi importantes soient-elles, n’ont que très peu pesé dans le jugement que les Libanais se font des conditions et de la qualité de leur vie.


 Paul Khalifeh
   

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