Roads for life. Sauver des vies
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Nº 3083 du vendredi 3 novembre 2017

Roads for life. Sauver des vies

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Pour que la mort de Talal, ce jeune homme de 17 ans fauché par une voiture alors qu’il allait à l’école le 19 octobre 2010 ne soit pas dénuée de sens, sa mère Zeina Kassem a fondé l’ONG Roads for life, il y a six ans.

Alors qu’elle se trouve aux côtés de son fils dans la rue, attendant l’arrivée des secours, plusieurs idées traversent l’esprit de Zeina Kassem. «J’ai voulu faire quelque chose pour les jeunes, pour les amis de Talal et pour tous ceux qui risquent de subir le même sort». C’est ainsi qu’un premier cours intitulé Advanced Trauma Life Support (ATLS) est adopté par Roads for life grâce à la Fransabank. Il est lancé un an après le drame survenu en octobre 2011. «On m’a proposé ce cours au moment où Talal est parti. C’était un signe. Ce cours consiste à apprendre aux urgentistes comment prendre en charge les cas de traumatismes et établir un diagnostic le plus rapidement possible». Il s’agit d’adopter un langage commun entre médecins et infirmiers pour administrer les soins médicaux en fonction des priorités. Pour la première fois, cette formation, généralement subventionnée par l’Etat, est assurée par une ONG. Non seulement destinée aux blessures de la route, elle concerne tout genre de traumatisme. Souvent, indique Zeina Kassem, les erreurs médicales sont dues à un diagnostic erroné. En matière de traumatisme, il existe ce qu’on appelle la Golden period of trauma. Lorsque médecins, infirmiers et paramédicaux parlent le même langage, il est possible de sauver des vies.
En février 2013, Roads for life adopte un nouveau programme, le Pre Hospital Trauma Life Support (PHTLS), avec le soutien de la banque BLC. 54 secouristes de la Croix Rouge sont formés. Les cours sont prodigués en anglais pour l’instant, mais une version arabe va bientôt voir le jour. Malgré l’absence de statistiques officielles, cette formation améliore, dans une proportion de 70%, le comportement des personnes impliquées dans les opérations de secours. En 2014, un cours spécifique pour les infirmiers diplômés est introduit par Roads for life, avec la collaboration de la Bank Audi. «Il s’agit de l’Advanced Trauma Care for Nurses (ATCN). Il est enseigné en même temps que l’ATLS. Médecins et infirmiers apprennent à agir ensemble dans des situations de traumatisme». A travers ces différents programmes, Roads for life est présente dans 90 hôpitaux sur l’ensemble du territoire, des établissements qui ont déjà envoyé leurs médecins pour participer à cette formation.
Au fil des années, l’action de Roads for life s’étoffe. Aujourd’hui, elle s’étend à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure. En collaboration avec l’ambassade d’Espagne au Liban, grâce aux efforts de l’ancienne ambassadrice Milagros Hernando, l’ONG a offert 300 «individual army kit» aux soldats libanais. «Lors d’une visite à la Finul, dans le sud, nous avons remarqué que chaque soldat du contingent espagnol possédait un kit de secours. Nous en avons importé 300 d’Espagne, dont 50 ont été offerts par l’ambassade, le reste par Roads for life. Chaque kit coûte entre 250 et 275$. Ils ont été distribués aux soldats libanais basés aux frontières du pays ainsi qu’aux commandos de l’armée», précise Zeina Kassem. Elle rapporte d’ailleurs que le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, lui a confié que ce matériel a sauvé la vie de beaucoup de soldats lors de la bataille du jurd.    
L’action de Roads for life va bien au-delà. «Nous avons découvert par la suite qu’il existait une formation spécialement destinée à l’armée, intitulé Tactical Combat Casuality Care (TCCC), issu du PHTLS et qui en était la version militaire». Ce programme est axé sur les techniques de sauvetage des blessés graves, civils et militaires durant les périodes de guerre. « En 2008, un programme similaire avait été acheté par l’armée aux Etats-Unis mais n’avait reçu aucune accréditation. En octobre 2016, Roads for life parvient à obtenir l’accréditation auprès du American college of surgeon. Nous avons fait une session avec des entraîneurs aux Etats-Unis et nous avons créé le TCCC Lebanon Chapter».
Le mois dernier, un programme adressé aux FSI baptisé «First Responder» (le premier intervenant) a été signé avec le général Imad Osman. «Les gendarmes sont généralement les premiers sur le terrain en cas d’accident. Ce programme est destiné aux personnes n’ayant pas de formation de secouriste, pour leur apprendre à avoir les bons réflexes et à stabiliser un blessé. Cela permettra d’aboutir à un programme unifié entre différents partenaires. Une session pilote a été déjà faite avec les FSI dans le centre d’entraînement de Aramoun. Plus tard, il sera également adressé aux municipalités».
Bien évidemment, toutes ces formations ont un coût, évalué à quelque 2 millions de dollars. «C’est l’Etat qui aurait dû les prendre en charge. C’est grâce à nos partenaires, les banques et les sponsors qu’on réussit à les financer». C’est aussi pour recueillir des fonds que se tiendra le grand gala de Roads for Life, le 14 novembre à l’hôtel Phoenicia.
Pour cette mère dévastée par la perte de son fils, quand il y a de l’amour, le lien ne peut être rompu. Le dialogue ne s’arrête pas mais change de forme. Pour elle, l’amour ne se limite pas à une présence physique. «J’ai toujours été convaincue que Talal ferait de grandes choses dans sa vie. Aujourd’hui, grâce à Roads for life, il le fait… mais d’ailleurs».

Joëlle Seif

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Éditorial
La perception compte que la réalité

La première année du sexennat du général Michel Aoun, élu le 31 octobre 2016 après deux ans et demi de vacance à la première magistrature de l’Etat, vient de s’achever. Partisans et détracteurs du mandat avancent des bilans tellement contradictoires qu’on a l’impression qu’ils ne parlent pas du même pays. Les fidèles du chef de l’Etat égrènent une longue liste de «réalisations», qui n’auraient pu être concrétisées sans la présence, au palais de Baabda, d’un «président fort». Les réussites du mandat vont de l’adoption d’une nouvelle loi électorale introduisant le mode de scrutin proportionnel et le vote des émigrés, à la bataille de l’«Aube des jouroud», qui a permis la libération, par l’armée libanaise, du territoire des groupes terroristes, en passant par les nominations administratives, militaires, sécuritaires, diplomatiques et juridiques, bloquées depuis des années. Au crédit du chef de l’Etat, également, le renforcement de la sécurité préventive, qui a épargné au pays de nombreux attentats, la condamnation à mort d’Ahmad el-Assir et d’autres extrémistes, dont les procès avançaient au ralenti à cause de l’absence d’une volonté politique. Sur le plan économique et social, les partisans du mandat soulignent le vote du budget 2017, après 12 ans de dépenses selon la douzième provisoire – qui autorise toutes sortes d’abus –, et l’adoption de l’échelle des salaires dans la fonction publique, qui renforce le pouvoir d’achat de dizaines de milliers de familles. Dans le bilan des contempteurs du mandat, ces «réalisations» ont cédé la place à une interminable liste de fiascos, d’échecs et de défaillances. «L’Etat est en déliquescence», déplore l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui se livre dans les colonnes de Magazine à un réquisitoire au vitriol contre le pouvoir actuel (voir page 16). Pour les détracteurs du président Aoun, les nominations ne sont qu’un partage du gâteau entre les partenaires de la coalition gouvernementale. Plus qu’une faute, l’échelle des salaires serait un péché, selon eux, car son financement impose des charges et des taxes supplémentaires aux chefs d’entreprises, aux sociétés, à la classe moyenne et les catégories les plus démunies. Le vote du budget n’est en aucun cas une source de fierté, car il s’agit de l’année fiscale écoulée, et déjà le gouvernement a dépassé les délais constitutionnels dans l’examen et l’approbation du budget 2018. De plus, la loi fondamentale votée au Parlement permet de mesurer la gravité du phénomène du gaspillage des deniers publics, avec des centaines de milliards de livres qui partent en fumée entre les administrations publiques, les dépenses inutiles et les fonds secrets (voir page 34). Entre ces deux descriptions antagonistes du Liban, il y a la perception qu’ont les Libanais de leur pays. Rares sont ceux qui ont le sentiment que leur vie s’est améliorée d’une année à l’autre. La tâche qui attend le mandat est tellement titanesque, que les réalisations accomplies, aussi importantes soient-elles, n’ont que très peu pesé dans le jugement que les Libanais se font des conditions et de la qualité de leur vie.


 Paul Khalifeh
   

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