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Nº 3084 du vendredi 1er décembre 2017

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Fonctionnaires
Deux réajustements des salaires en 20 ans

Beaucoup d’encre a coulé sur le réajustement des salaires du secteur public. Alors que de nombreux dirigeants et responsables ont exprimé leur opposition à une telle démarche, les enseignants et les fonctionnaires l’ont considérée comme une obligation qui aurait due être honorée depuis longtemps. En 20 ans, les salaires des fonctionnaires n’ont été réajustés qu’à deux reprises, en 2008 et 2012. Ces augmentations de salaires accordées n’ont pas réussi à sauvegarder le pouvoir d’achat des serviteurs de l’Etat. L’indice des prix a progressé de 120% au cours des vingt dernières années, rongeant leur pouvoir d’achat en termes réels et leur capacité à maintenir un niveau de vie décent.


Gros contrats: le qatar n’a pas acheté paris
L’ambassadeur de France au Liban, Bruno Foucher, a souligné l’infondé de la propagande faisant état de «l’achat de Paris par le Qatar», affirmant qu’entre «la France et les pays arabes la balance des investissements économiques est équilibrée». Lors d’un déjeuner-débat organisé par le Forum francophone des affaires, le diplomate a déclaré, tout simplement, que «la France est aussi à la recherche de gros contrats.»


34 milliards $
La valeur totale des dépôts des non-résidents s’élève à 34 milliards $, dont la part majoritaire est détenue par des Libanais établis à l’étranger. Les retraits de cette catégorie de dépôts sont quasiment négligeables vu la confiance des déposants dans le savoir-faire de la Banque du Liban (BDL), l’expérience des autorités libanaises dans leur ensemble dans la gestion des crises de toutes sortes, en plus de l’absence d’une tendance à l’escalade dans le pays.


 

 

L’impôt sur les sociétés financières
Le ministère des Finances a publié une circulaire portant sur le taux de comptabilisation de l’impôt sur les profits des sociétés financières. Dans les détails, la circulaire appelle les imposables à se conformer aux nouvelles dispositions de la loi de finance et de calculer l‘impôt sur les profits réalisés jusqu’au 26/10/2017 aux taux de 15% et de le calculer suivant le taux de 17% sur les profits réalisés à partir du 27/10/2017. 

 

Consommation
Hausse de 4,15% de l’indice des prix

La vente au détail a continué au 3ème trimestre de 2017 d’enregistrer un recul de la consommation dans la plupart des secteurs alors que celle-ci a stagné dans les autres domaines. L’indice des prix à la consommation (IPC) de l’Administration centrale des statistiques a progressé de 4,15% entre septembre 2016 et septembre 2017, reflétant une forte baisse en termes de chiffres d’affaires réels enregistrés entre septembre 2016 et septembre 2017.

 

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Éditorial
Le front le moins solide

Des trois fronts sur lesquels se battait le Liban pendant la crise liée à la démission surprise de Saad Hariri, l’économie était le moins visible mais le plus surveillé par les milieux locaux et internationaux.Sur le plan de la sécurité, la réaction rapide et ferme des autorités a permis d’étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation. A part le petit attroupement organisé à Sodeco par des partisans du Parti national libéral et d’Achraf Rifi, et l’incendie d’un portrait de MBS à Tripoli, suivi par la décision du ministre de l’Intérieur de retirer des rues tous les portraits du prince héritier saoudien, aucun incident notable n’a été enregistré. Dans le domaine politico-diplomatique, la gestion de la crise par le président Michel Aoun, avec le soutien de Nabih Berry et de la direction du Courant du Futur, a désamorcé une à une les mines dont l’explosion était susceptible de plonger le pays dans le chaos.C’est l’économie qui a le plus inquiété les dirigeants du pays et les milieux de la finance internationale. Certes, la panique des marchés a été contenue mais les signaux émis ont montré combien ce front restait fragile. Dans un article publié le 17 novembre, consacré aux pays à risque après le défaut de paiement de sa dette par le Venezuela, l’agence Bloomberg souligne que le ratio de la dette comparé au PIB au Liban pourrait atteindre, cette année, 152%.Comment ont réagi les marchés financiers à la crise politique déclenchée par la démission et le séjour ambigu de Saad Hariri en Arabie saoudite? Selon des sources économiques, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre le 6 et le 15 novembre près de 800 millions de dollars pour soutenir la livre libanaise. A l’heure d’aller sous presse, la BDL n’avait pas encore publié le bilan bimensuel sur l’état de ses réserves en devises étrangères. Mais le chiffre de 800 millions de dollars est probablement dépassé, bien que les pressions sur la livre libanaise aient baissé après la décision de Saad Hariri de temporiser concernant son éventuelle démission. Autre signal négatif, la sortie de capitaux. Près de 1,5 milliards de dollars auraient émigré du Liban vers des cieux moins encombrés. Certes, ce montant paraît insignifiant comparé aux 169 milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises. Mais il constitue quand même 20% des capitaux entrants au Liban en rythme annuel (estimé à 7,5 milliards de dollars), et qui servent à financer les besoins de l’Etat.     Enfin, la crise politique s’est traduite par des pressions sur les eurobonds libanais (les bons du trésor en devises) à cause de la vente par des détenteurs étrangers de leurs titres libanais, ce qui a provoqué une baisse de leur prix et, par conséquent, une hausse du taux de rendement. Toutes ces données montrent que l’économie reste le ventre mou du pays, le talon d’Achille, qui pourrait réduire à néant la résilience politique et sécuritaire.


 Paul Khalifeh
   

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