Les bars à bière. Saveurs locales artisanales ou importées
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Nº 3084 du vendredi 1er décembre 2017

Les bars à bière. Saveurs locales artisanales ou importées

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Le marché de la bière est en pleine ébullition, au point qu’à Beyrouth, des bars spécialisés se multiplient avec pour mission de faire découvrir aux Libanais les 1001 visages de cette boisson.

Au Liban, la culture de la bière est encore très récente. Elle a commencé à se développer avec la fin du monopole d’Almaza sur le marché local en 2006 et l’entrée de nouveaux acteurs comme Beirut Beer, 961 et Colonel.
Les Libanais ont alors commencé à découvrir de nouvelles saveurs. Une concurrence très saine s’est installée et a poussé les producteurs à l’innovation. Almaza a elle-même commencé à développer de nouveaux produits et aujourd’hui les nouveaux acteurs prolifèrent. Dans le même temps, des établissements dédiés à la culture de la bière se multiplient à Beyrouth.
A Badaro, les nouveaux lieux spécialisés dans la bière apparaissent comme la dernière tendance. The Jerry Thomas Experience propose par exemple une quarantaine de types de bières importées. «Nous avons ouvert il y a un an et demi avec l’idée de faire découvrir aux Libanais de nouvelles expériences en matière de bières, explique Marc Sawma, l’un des partenaires du projet. Nous proposons entre 42 et 48 qualités importées. Les consommateurs ne viennent pas pour la Almaza, ils souhaitent découvrir de nouvelles saveurs».

Blondes et belges
Le pub a une capacité de 50 places assises pour un ticket moyen de 20 dollars. Ce que les Libanais aiment le plus? «La bière blonde, belge en général», répond le partenaire de l’établissement.
Plus récemment encore, un espace d’un nouveau genre a été ouvert dans le même quartier, Brew. Ici, le concept est différent, les partenaires du projet comptent bien faire découvrir aux Libanais la bière artisanale «made in Lebanon». Inauguré au mois de septembre pour un investissement initial d’un demi-million de dollars, la micro-brasserie propose 7 bières fabriquées sur place et servies directement du tonneau. L’établissement compte 80 places assises et le concept a déjà la cote. Les co-fondateurs du projet disent vendre environ 220 bières par jour. «Le marché au Liban a longtemps été dominé par la bière commerciale, expliquent Omar Bekdache et Samir Tabiat, les co-fondateurs de Brew. Nous voulions un endroit pour faire découvrir aux Libanais la bière artisanale, un lieu où ils pourraient apprendre comment produire la bière et quel type de boisson ils apprécient. Nous souhaitions montrer aux Libanais que la bière n’est pas forcément blonde et ne se boit pas forcément fraîche. La culture de ce breuvage est aussi riche que celle du vin».

Le défi de la distribution
«Le phénomène des bars à bière est né aux Etats-Unis il y a une quinzaine d’années, explique Kamal Fayad, un des actionnaires de 961. Au départ, ce sont les micro-brasseurs américains qui ont introduit le concept pour pouvoir distribuer leurs produits plus facilement et briser le monopole des grandes marques. Aujourd’hui, au Liban, c’est pour cette même raison que beaucoup de nouveaux acteurs ouvrent leurs propres bars car il est encore difficile de briser le monopole de certains producteurs qui disposent d’énormes budgets marketing. A 961 par exemple, nous ne pouvons pas entrer dans cette guerre de communication, nous ne disposons pas de ces budgets.»
961 est aujourd’hui à la recherche d’un endroit où faire découvrir aux Libanais ses 12 saveurs de bière. «A cause de ce monopole sur la distribution, nos produits ne sont disponibles que dans une cinquantaine de points de vente. Or, nous aimerions faire découvrir nos produits au plus grand nombre, nous cherchons un cadre exceptionnel pour développer notre concept», annonce Kamal Fayad.
961 exporte aujourd’hui dans plus d’une dizaine de pays dont les Etats-Unis, le Brésil, la Chine, la France et la Suède, l’Afrique. «Nous avons une capacité maximum de 2 millions de litres par an et nous produisons plus de 50 à 60% de notre capacité. 80% de notre production part à l’export car le palais libanais n’est pas encore habitué à cette diversité.»
Entre 2006 et 2016, la consommation de bière au Liban a augmenté de 134%, tandis que les importations de bières étrangères ont bondi dans une proportion de 153% sur la même période. Le premier salon international de la bière s’est tenu au mois de septembre à Beyrouth, le phénomène ne fait que commencer au Liban. 

Soraya Hamdan

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Éditorial
Le front le moins solide

Des trois fronts sur lesquels se battait le Liban pendant la crise liée à la démission surprise de Saad Hariri, l’économie était le moins visible mais le plus surveillé par les milieux locaux et internationaux.Sur le plan de la sécurité, la réaction rapide et ferme des autorités a permis d’étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation. A part le petit attroupement organisé à Sodeco par des partisans du Parti national libéral et d’Achraf Rifi, et l’incendie d’un portrait de MBS à Tripoli, suivi par la décision du ministre de l’Intérieur de retirer des rues tous les portraits du prince héritier saoudien, aucun incident notable n’a été enregistré. Dans le domaine politico-diplomatique, la gestion de la crise par le président Michel Aoun, avec le soutien de Nabih Berry et de la direction du Courant du Futur, a désamorcé une à une les mines dont l’explosion était susceptible de plonger le pays dans le chaos.C’est l’économie qui a le plus inquiété les dirigeants du pays et les milieux de la finance internationale. Certes, la panique des marchés a été contenue mais les signaux émis ont montré combien ce front restait fragile. Dans un article publié le 17 novembre, consacré aux pays à risque après le défaut de paiement de sa dette par le Venezuela, l’agence Bloomberg souligne que le ratio de la dette comparé au PIB au Liban pourrait atteindre, cette année, 152%.Comment ont réagi les marchés financiers à la crise politique déclenchée par la démission et le séjour ambigu de Saad Hariri en Arabie saoudite? Selon des sources économiques, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre le 6 et le 15 novembre près de 800 millions de dollars pour soutenir la livre libanaise. A l’heure d’aller sous presse, la BDL n’avait pas encore publié le bilan bimensuel sur l’état de ses réserves en devises étrangères. Mais le chiffre de 800 millions de dollars est probablement dépassé, bien que les pressions sur la livre libanaise aient baissé après la décision de Saad Hariri de temporiser concernant son éventuelle démission. Autre signal négatif, la sortie de capitaux. Près de 1,5 milliards de dollars auraient émigré du Liban vers des cieux moins encombrés. Certes, ce montant paraît insignifiant comparé aux 169 milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises. Mais il constitue quand même 20% des capitaux entrants au Liban en rythme annuel (estimé à 7,5 milliards de dollars), et qui servent à financer les besoins de l’Etat.     Enfin, la crise politique s’est traduite par des pressions sur les eurobonds libanais (les bons du trésor en devises) à cause de la vente par des détenteurs étrangers de leurs titres libanais, ce qui a provoqué une baisse de leur prix et, par conséquent, une hausse du taux de rendement. Toutes ces données montrent que l’économie reste le ventre mou du pays, le talon d’Achille, qui pourrait réduire à néant la résilience politique et sécuritaire.


 Paul Khalifeh
   

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