Zeina Khoury Daoud. Manger sain pour vivre bien
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Nº 3084 du vendredi 1er décembre 2017

Zeina Khoury Daoud. Manger sain pour vivre bien

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    Forte de l’aventure du Potager bio lancé en 2010 et de l’ouverture de trois boutiques franchisées de La Vie Claire depuis 2015, Zeina Khoury Daoud a réussi son pari, celui...
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Forte de l’aventure du Potager bio lancé en 2010 et de l’ouverture de trois boutiques franchisées de La Vie Claire depuis 2015, Zeina Khoury Daoud a réussi son pari, celui d’introduire la culture bio et les produits organiques auprès du consommateur libanais.  

C’est après des études en Sociologie de l’entreprise à l’Université Saint-Joseph que Zeina Khoury Daoud décide de se lancer dans le secteur agroalimentaire. En 1996, elle fonde avec sa sœur une société et crée une bouteille en forme de carafe pour vendre l’huile d’olive produite par le pressoir de son père au Liban nord. «A cette production, sont venus s’ajouter des produits de la mouné tels que le thym, le kechek, l’eau de rose, l’eau de fleurs ainsi qu’une variété de tisanes comme la camomille, l’anis, le thé vert. Ces références sont d’ailleurs disponibles dans tous les supermarchés sous le label Le Potager» confie Zeina Daoud.
C’est en 2010, après avoir consommé un melon au goût d’eau de javel que Zeina Daoud décide de produire ses propres légumes. «Je voulais cultiver des légumes bio pour ma famille. Cela venait d’une conviction profonde. En outre, le service de distribution était déjà en place». Elle lance alors un système de «panier» livré à domicile, une idée importée de France. «Une fois par semaine, nous livrons une caisse de légumes saisonniers». L’idée fait son chemin et plaît beaucoup à la clientèle qui lui réclame alors d’introduire d’autres produits biologiques. «C’est ainsi que j’ai décidé d’ouvrir une boutique spécialisée dans la vente de produits bio comme les pâtes, la farine, le blé, les jus de fruits, les vins, les produits ménagers et autres…». Zeina Khoury Daoud obtient la franchise La Vie Claire et ouvre ses premiers points de vente en juin 2015. «Nous avons déjà trois boutiques à Achrafié, Hazmié et Zalka, une quatrième va bientôt voir le jour».     

Estampillés bio
Zeina Daoud perçoit un intérêt croissant de la part du grand public, plus sensibilisé aux produits biologiques, en particulier les jeunes mamans. Certaine de la qualité de ses produits agricoles, elle explique que ses légumes sont cultivés à Ammiq, dans la Békaa ouest, dans un terrain inexploité depuis plus de 25 ans et sont arrosés avec une eau de source. Elle vend sa propre production dans les boutiques, ainsi que ceux certifiés bio par La Vie Claire. «Pour porter le label bio, les conditions posées par La Vie Claire sont très strictes. Nous avons reçu leur autorisation pour vendre également nos propres produits ainsi que quelques produits locaux bio comme les œufs, la viande, le poulet». Pour être estampillés bio, les animaux d’élevage ne doivent recevoir ni antibiotiques ni vitamines et leur alimentation est strictement  contrôlée.
Qui dit bio, dit souvent des prix plus onéreux que la moyenne. Zeina Daoud reconnaît effectivement que les produits coûtent 30 % plus cher que le conventionnel. «Les frais de douane et les taxes sur les produits importés La Vie Claire sont très élevés. Même en France, le prix des produits bio est plus cher».
Pour autant, l’élément prix du bio ne devrait pas décourager les gens. «Il est clair que c’est plus cher, mais finalement, c’est bien notre santé et celle de nos enfants que l’on préserve. Le bio est sans produits chimiques, sans pesticides ni insecticides. C’est important d’adopter ces aliments, surtout ceux que l’on consomme régulièrement». Elle met aussi en garde contre le sel et le sucre raffinés qui peuvent être particulièrement nocifs s’ils ne sont pas bios. «Les pâtes, les légumes, tout genre de produits qui entrent dans notre alimentation quotidienne se doivent d’être bio».
Depuis l’ouverture de La Vie Claire, Zeina Daoud ne cesse de voir sa clientèle croître. Elle a enregistré une augmentation de 35 à 40 %. «Je reçois continuellement de nouveaux clients». Leur profil? «Pas nécessairement des gens aisés, surtout des personnes conscientes de l’importance d’une alimentation saine, ou ayant des allergies, des intolérances au gluten ou au lactose. Quand on mange sain, on se sent mieux et on remarque la différence».
Elle a des idées plein la tête comme l’exportation du Potager bio à l’étranger. Elle lance d’ailleurs un cri du cœur aux agriculteurs libanais, les appelant à s’abstenir d’utiliser des pesticides, si toxiques pour la santé. «Ce n’est pas difficile, tout le monde peut cultiver bio». Zeina Daoud souligne que les produits biologiques permettent de retrouver le véritable goût de l’aliment. «Leur aspect n’est parfois pas très esthétique, mais ils ont le goût et l’odeur de la nature».

Joëlle Seif

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Éditorial
Le front le moins solide

Des trois fronts sur lesquels se battait le Liban pendant la crise liée à la démission surprise de Saad Hariri, l’économie était le moins visible mais le plus surveillé par les milieux locaux et internationaux.Sur le plan de la sécurité, la réaction rapide et ferme des autorités a permis d’étouffer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation. A part le petit attroupement organisé à Sodeco par des partisans du Parti national libéral et d’Achraf Rifi, et l’incendie d’un portrait de MBS à Tripoli, suivi par la décision du ministre de l’Intérieur de retirer des rues tous les portraits du prince héritier saoudien, aucun incident notable n’a été enregistré. Dans le domaine politico-diplomatique, la gestion de la crise par le président Michel Aoun, avec le soutien de Nabih Berry et de la direction du Courant du Futur, a désamorcé une à une les mines dont l’explosion était susceptible de plonger le pays dans le chaos.C’est l’économie qui a le plus inquiété les dirigeants du pays et les milieux de la finance internationale. Certes, la panique des marchés a été contenue mais les signaux émis ont montré combien ce front restait fragile. Dans un article publié le 17 novembre, consacré aux pays à risque après le défaut de paiement de sa dette par le Venezuela, l’agence Bloomberg souligne que le ratio de la dette comparé au PIB au Liban pourrait atteindre, cette année, 152%.Comment ont réagi les marchés financiers à la crise politique déclenchée par la démission et le séjour ambigu de Saad Hariri en Arabie saoudite? Selon des sources économiques, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre le 6 et le 15 novembre près de 800 millions de dollars pour soutenir la livre libanaise. A l’heure d’aller sous presse, la BDL n’avait pas encore publié le bilan bimensuel sur l’état de ses réserves en devises étrangères. Mais le chiffre de 800 millions de dollars est probablement dépassé, bien que les pressions sur la livre libanaise aient baissé après la décision de Saad Hariri de temporiser concernant son éventuelle démission. Autre signal négatif, la sortie de capitaux. Près de 1,5 milliards de dollars auraient émigré du Liban vers des cieux moins encombrés. Certes, ce montant paraît insignifiant comparé aux 169 milliards de dollars de dépôts dans les banques libanaises. Mais il constitue quand même 20% des capitaux entrants au Liban en rythme annuel (estimé à 7,5 milliards de dollars), et qui servent à financer les besoins de l’Etat.     Enfin, la crise politique s’est traduite par des pressions sur les eurobonds libanais (les bons du trésor en devises) à cause de la vente par des détenteurs étrangers de leurs titres libanais, ce qui a provoqué une baisse de leur prix et, par conséquent, une hausse du taux de rendement. Toutes ces données montrent que l’économie reste le ventre mou du pays, le talon d’Achille, qui pourrait réduire à néant la résilience politique et sécuritaire.


 Paul Khalifeh
   

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