Conférence CEDRE. La dernière cartouche
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

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La communauté internationale s’est engagée à fournir au Liban un financement de 11,5 milliards $ dans le cadre de la Conférence économique pour le développement par la réforme et avec les entreprises (CEDRE). Objectif: l’aider à assurer une soutenabilité de son économie. C’est un «one shot» pour le pays du cèdre afin d’éviter son effondrement.

Une source fiable se dit «consciente de la difficulté de mettre en œuvre des réformes», mais ajoute que le Liban n’est pas seul dans ce cas. Tous les pays rechignent à procéder à des réformes, le processus en lui-même est contraignant puisqu’il exige des changements, des ajustements structurels et des sacrifices. Si le Liban se rétracte en termes de réformes pour une raison ou pour une autre, sachant qu’il a le droit et la liberté de le faire, il devrait en tirer les conséquences de la réaction des donateurs. Nul n’est tenu à l’impossible alors que les réformes proposées par la Banque mondiale sont réalisables, martèle la même source. De son côté, la France, qui a joué un rôle de «fédérateur» dans le cadre de CEDRE, n’a pas eu la tâche facile pour rassembler et mobiliser 51 pays et organisations internationales autour de la table. Le processus de persuasion des participants a demandé beaucoup d’efforts. Il a fallu procéder sur une base pédagogique pour convaincre les pays du Golfe d'y prendre part. Avant d’arrêter leurs décisions définitives, ils ont été invités à répondre à deux questionnements: la région du Proche-Orient est-elle en mesure de supporter encore un autre pays failli? La banqueroute du Liban ne serait-elle pas un argument en faveur des «radicaux» qui demanderaient à prendre le pouvoir puisque les «modérés» n’auront pas réussi à le préserver? Vers la mi-mars, la France avait la certitude que CEDRE se tiendrait à la date préalablement fixée mais elle ignorait le montant de la contribution de chacun des participants, relève la même source.

Une urgence
L’urgence de venir au chevet du Liban dont l’économie ne pouvait plus tenir la route avait été prise au lendemain des rencontres successives en septembre dernier du président français Emmanuel Macron avec le Premier ministre Saad Hariri et le président Michel Aoun. Cette décision a été validée ensuite par la réunion du Groupe international de soutien pour le Liban qui s’est tenue sous l’égide des Nations unies, à Paris, le 8 décembre dernier. Il faut souligner que CEDRE fait partie d’un package qui a prévu trois conférences sur le Liban en 2018. La première, tenue à Rome, a été consacrée à la sécurité, la deuxième, à Paris, s’est concentrée sur le programme international d’investissement et la troisième, qui a eu lieu à Bruxelles, fin avril, était d’ordre humanitaire.
La source précitée explique que CEDRE n’avait aucun lien avec les conférences Paris I, Paris II et Paris III, qui avaient eu lieu dans la capitale française entre 2000 et 2007. Celles-ci avaient été organisées à la suite de facteurs exogènes qui avaient perturbé l’économie libanaise, en l’occurrence la guerre israélienne contre le Liban, en 2006. De même, aucune corrélation ne serait être établie entre l’intervention du président français pour le règlement du problème du Premier ministre Saad Hariri retenu en Arabie saoudite en novembre 2017, et l’organisation de CEDRE. Dans son mot de circonstance, le chef de l’Etat français a souligné qu’en apportant son soutien au Liban, le monde est en train d’aider une région. «Le Liban doit être un pôle de stabilité dans la région. A présent, il ne s’agit plus de dons. Dorénavant, il est question d’investissements et de réformes structurelles», a-t-il dit.
Le plan d’investissement (CIP) proposé par le Liban mérite d’être soutenu. Néanmoins, les donateurs et le bénéficiaire devraient gérer les risques économiques et remplir leurs obligations. Pour le Liban, la plus urgente est celle de réduire le déficit budgétaire et le ratio dette/PIB. Ceci serait possible grâce à l’engagement du gouvernement libanais de réduire de 5% le déficit budgétaire au cours des cinq prochaines années. «Cette fois-ci, les participants à CEDRE ne paieront pas avant de voir, ils paieront après avoir vu», a souligné un expert chevronné qui a assisté à la conférence, ajoutant qu’il a l’impression que les autorités libanaises semblent convaincues que la conjoncture économique est devenue insoutenable. Et, c’est grâce aux ingénieries de la BDL, fortement critiquées par ailleurs, que le gouvernement a été sauvé et que le Liban a pu se rendre à CEDRE avec un budget 2018 dont le déficit prévisionnel est de 4,8 milliards $, soit près de 10% du PIB. Toutefois, la marge de mouvement de l’autorité monétaire a atteint ses limites. La dette du Liban représente 150% de son PIB, soit, rappelle-t-on, la troisième plus importante au monde après celles du Japon (240%) et de la Grèce (180%). Mais cette dette pourrait passer à la seconde place d’ici cinq ans selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI).
Nadim Mounla, conseiller du Premier ministre Saad Hariri se dit satisfait des résultats de CEDRE pour plusieurs raisons. A priori, il y a eu la présentation d’un réel diagnostic du problème dont souffre le Liban, une vision ambitieuse mais surtout réalisable de la solution à mettre en place, et une coopération et un procès de bonnes intentions émanant de toutes les factions politiques locales. Cette ferme détermination unifiée de sauver la patrie n’a jamais été exprimée dans l’histoire proche. Tous les indicateurs économiques sont sombres et les prédictions faites, il y a quelques mois, par les médias et experts, d’un effondrement imminent du Liban reflétaient une réalité, a encore dit Mounla. La seule option pour éviter ce sort était de trouver des capitaux d’investissement privé et publics pour les injecter sur le marché domestiques. Compte tenu d’une conjoncture locale minée par les retombées de la crise syrienne, d’une corruption qui gangrène les institutions de l’Etat, d’une infrastructure usée, et de pronostics politiques aléatoires, les acteurs du secteur privé ne pouvaient être identifiés comme vecteurs potentiels pour une relance de l’économie. D’après le conseiller du Premier ministre, il ne restait plus que l’option du secteur public qui devait jouer le rôle de tête de pont pour venir à la rescousse d’une économie en perte de vitesse. Et c’est sur cette base qu’a commencé, il y a un an, l’élaboration du plan d’investissement plus connu sous le nom de Capital Investment Plan (CIP).

1er pilier du CIP
Pendant sept mois, le cabinet du Premier ministre Saad Hariri a entrepris la collecte de tous les projets élaborés par le CDR, les municipalités et les ministères. L’équipe de travail les a priorisés par secteur, puis par région, ensuite par niveau d’avancement pour les mettre en œuvre, et les réétudiés minutieusement et les a comparés. Ainsi a vu le jour le premier pilier du plan d’investissement. Celui-ci a été divisé en trois phases:
● La phase I s’étale sur une durée de 4 à 5 ans alors que les crédits qui lui seraient alloués représenteraient 10,5 milliards $.
● La phase II s’étend sur une période de 4 à 5 ans tandis que les fonds attribués seraient de 7 milliards $.
● La phase III serait consacrée aux projets considérés comme ayant besoin d’études et d’examens plus approfondis.
Pour mieux valider le plan d’investissement, les autorités libanaises ont demandé à la Banque mondiale (BM) d’agréer ce projet d’investissement. Ce qui a été accompli au bout de quatre mois par l’organisation internationale avec une conclusion encourageante: tous les projets présentés sont vitaux et modifieraient le niveau des services publics dans le pays. Une conclusion qui a eu pour conséquence un appui clair au CIP, un soutien illustré par le montant des engagements de la BM au niveau de ce processus.       
Ce premier pilier est subdivisé en chapitre de projets à implanter. Il s’agit  des projets portant sur l’eau (3 milliards$); le traitement des eaux usées (2,5 milliards$), et celui des déchets solides (1,5 milliard$); projets portant sur le transport (5,5 milliard$). Ceux-ci incluent les ports, les aéroports, les voies ferrées ainsi que tous les artères reliant les grands axes routiers; l’EDL, les générateurs électriques et la distribution (3,5 milliards $), un projet sur une des composantes des télécoms (700 millions $), dont le financement reste à trouver, l’infrastructure pour le tourisme et l’industrie (350 millions $). Dans un spectre plus large, les projets ont été classés par projets nationaux et projets régionaux. La première catégorie inclut les projets d’aéroports ainsi que les autoroutes internationales qui relient le Liban aux pays arabes. Aussi est-il nécessaire de souligner que le premier pilier du CIP prévoit l’octroi de 4% de fonds de plus par habitants pour la réhabilitation des infrastructures des régions ayant été considérées par le passé comme oubliées

2ème pilier
Nadim Mounla explique que ce premier pilier, pourtant fondamental du CIP, n’était pas suffisant pour mettre sur les rails le redressement du pays. D’où l’élaboration d’un deuxième pilier complémentaire. Celui-ci repose sur une stabilité économique et financière via un ajustement fiscal, permettant une expansion des investissements du secteur public dans un environnement des affaires sous-tendu par des indicateurs économiques au vert. Pour cette raison, l’implication du FMI a été sollicitée. Ce dernier a mis sur la table quatre scenarii:
● Ne rien faire.
● Procéder à des ajustements fiscaux et rien de plus.
● Mettre en œuvre le CIP sans rien d’autre.
● Mettre en exécution le CIP en plus d’un ajustement fiscal de l’ordre de 5% sur cinq ans. Le quatrième scénarii a été adopté parce qu’il permettrait de faire du Liban, un pays où l’investissement est rentable. Par cet ajustement, le gouvernement vise à baisser le déficit de 1% par an, soit en termes nominaux une régression de l’ordre de 2,5 milliards $ en rythme annuel. Sur un plan pragmatique, il faut rappeler que la suppression des subventions à l’EDL (4%) permettrait d’atteindre 8% de l’objectif visé.

3ème et 4ème piliers
Quant au troisième pilier, l’Etat libanais a convenu avec le FMI et la Banque mondiale d’une série de réformes qui seraient mises en œuvre dans des secteurs tels l’énergie, l’eau, l’aviation civile et le transport. Ces réformes seraient centrées surtout sur une refonte des régulations et de la gestion. Pour ce qui est du dernier pilier, le gouvernement a confié au consultant McKinsey la mission d’identifier les créneaux où les agents du secteur privé pourraient investir et doper la croissance. Une telle approche est de nature à diversifier les sources de revenus, à permettre un accroissement des exportations et à contribuer à une meilleure intégration des nouvelles technologies dans notre économie.
En réponse à une question de Magazine, Nadim Mounla a considéré que «l’élaboration des quatre piliers de la vision du gouvernement a été un exercice transparent, ambitieux et précis». «Ce plan a été accepté par les participants à CEDRE surtout pour sa faisabilité», a-t-il ajouté. D’après lui, rien dans cette vision n’est scandaleux ou gonflé. Certes, elle est ambitieuse et constitue un défi. Si le conseiller du Premier ministre est persuadé qu’il n’y a pas de meilleure alternative, il est prêt à écouter toute autre proposition. Le concept de CEDRE a été discuté il y a plus d’un an à Bruxelles lors d’une réunion des amis du Liban alors que le Premier ministre était encore Tammam Salam.

Emission d’eurobonds
Quand bien même le montant de 11 milliards $ serait consentis au Liban, le gouvernement continuera à émettre des eurobonds afin de couvrir le déficit public. Le Liban sera placé sur la voie de la reprise économique dès que le déficit budgétaire aura reculé au moins de 4%. Ainsi, il aura déjà achevé la première étape de la modernisation de son infrastructure et permettra au secteur privé de croître.
Quant au secteur bancaire, le président de l’Association des banques, Joseph Torbey, a affirmé à Magazine que les banques sont prêtes à financer dans le cadre d’accords de Partenariat public-privé (PPP), d’autant que ces agents privés sont d’ores et déjà les clients du secteur bancaire. Toutefois, ces projets de PPP devraient être viables, transparents et sérieux. Il a souligné que les fonds nécessaires aux financements sont disponibles pour le moment. Mais des financements additifs pourraient être compromis si la dualité de l’imposition des revenus des banques n’est pas réglée. Quant au gouverneur de la Banque centrale, il s’est contenté de souhaiter l’accélération du processus d’exécution du plan d’investissement et de la mise en place des réformes ainsi que l’abstention d’interventions politiques sur ce double niveau. ●


Walid Raphaël: problèmes et solutions
Dans son intervention à la conférence CEDRE, le PDG de la Banque Libano-Française, Walid Raphaël, a brossé un tableau limpide de la situation au Liban et a proposé des solutions. Extraits:
«Depuis 2011, la crise syrienne a plongé le Liban dans une période d’instabilité et a vu un afflux de réfugiés qui représentent à ce jour le tiers de notre population. (…) Les attentats terroristes et la montée de l’instabilité sécuritaire ont porté un coup à notre tourisme et à l’immobilier qui étaient les moteurs de la croissance libanaise. La chute du prix des commodités et son impact sur les régions où travaillent notre diaspora, le Golfe et l’Afrique, ont ralenti les flux de capitaux. L’ensemble de ces événements a assené un coup dur à notre économie, mais elle a, malgré tout, continué d’afficher une formidable résilience (…).
«Notre économie a un potentiel énorme. Elle a plus que doublé de taille depuis Paris 3 et a été multipliée 19 fois depuis la fin de la guerre civile. Je pense qu’elle peut encore doubler dans les 10 prochaines années (…); à condition d’entreprendre des réformes (…). Il faut s’engager sur un plan de réduction du déficit budgétaire sur cinq ans. Ce plan nécessitera un gel du recrutement de fonctionnaires, une réforme des indemnités de fin de service et la fixation d’un objectif de relèvement de la productivité.
Deux chantiers sont à mon sens prioritaires:
La restructuration du secteur de l’électricité qui pèse pour près d’un tiers dans le déficit public (…).
Le deuxième chantier est la réforme de notre système de retraite qui est en fait quasi inexistant.
Au-delà de l’amélioration de l’environnement des affaires, nous envisageons 3 pôles de croissance pour notre économie: le secteur du pétrole et du gaz; l’économie de la connaissance; les partenariats publics privés.»

Liliane Mokbel

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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