Législatives 2018. Quels pronostics
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Législatives 2018. Quels pronostics

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A trois jours des élections, Magazine republie le manuel d’explication de A à  Z du scrutin et de ses enjeux, ainsi que des pronostics par circonscription et par parti, paru dans son édition du 6 avril dernier.
 

 

ALLIANCES
Une analyse approfondie montre que les alliances électorales conclues en prévision des législatives 2018 sont moins incohérentes que ce que l’on pourrait croire. Les bonnes vieilles «habitudes» ont été globalement respectées dans le sens où les ennemis invétérés ne se sont alliés nulle part. C’est le cas pour le Courant du Futur et le Hezbollah, pour les Forces libanaises et le Hezbollah, ou encore pour le Courant patriotique libre (CPL) et les FL. La seule nouveauté de ces élections est l’alliance entre le CPL et le Moustaqbal à Beyrouth I, Zahlé, et Liban-nord III.  

BATAILLES
Si, dans certaines circonscriptions –comme celles du Liban-sud et de Baalbeck-Hermel – les résultats sont connus avant le début des opérations de vote, de féroces batailles auront lieu dans d’autres. C’est notamment le cas de Beyrouth I et II, du Liban-nord II et III, du Metn, de Saïda-Jezzine, de Zahlé et de la Békaa-ouest.    

COURANT PATRIOTIQUE LIBRE
Selon les pronostics de Magazine, préparés en collaboration avec le président du Centre d’information et d’études de Beyrouth, Abdo Saad, le CPL, sans le Tachnag, obtiendrait 22 sièges dans le prochain Parlement. 1 au Akkar; 3 au Liban-nord III: 5 à Jbeil-Kesrouan; 3 au Metn; 2 à Beyrouth I; 2 à Baabda; 2 au Chouf-Aley; 2 à Jezzine; 1 à Zahlé, 1 dans la Békaa-ouest.

 

DECOMPTE
Plus de deux millions de bulletins seraient déposés dans les urnes le 6 mai, soit une participation tournant aux alentours de 56%. En raison de la loi basée sur le mode proportionnel, les experts s’attendent à une légère hausse du taux de participation, qui était de 54,8% lors des dernières élections, en 2009.  

EVIDENCES
Plusieurs évidences se dégagent de ces élections:
● Les batailles se déroulent à deux niveaux. Entre les listes adverses pour le coefficient électoral d’abord; au sein de chaque liste pour le vote préférentiel ensuite.
● A l’exception des chiites, qui présentent un front uni, les autres grandes communautés, notamment les sunnites et les maronites, connaissent des batailles intestines assez dures.   

FORCES LIBANAISES
Les projections montrent que les Forces libanaises formeraient un groupe parlementaire de 10 membres. 3 au Liban-nord III; 1 à Jbeil-Kesrouan; 1 au Metn; 1 à Baabda; 2 au Chouf-Aley; 1 à Beyrouth I; 1 à Zahlé.

GROSSES FORTUNES
L’argent saoudien, qatari et iranien, qui coulait à flots lors des précédentes élections, est pratiquement inexistant en 2018. C’est la raison pour laquelle les grands partis, notamment le CPL, le Moustaqbal, les Forces libanaises et le mouvement Amal, ont intégré dans leurs listes des candidats fortunés. Leur générosité est la bienvenue, et si elle ne vient pas, elle est exigée pour financer la campagne. Si ces personnes sont élues, on pourra dire, sans peur de se tromper, qu’elles ont acheté leur siège.   

HEZBOLLAH
Le bloc de la Résistance compterait 14 députés. 12 des 13 candidats chiites du Hezbollah seraient élus. Le candidat du parti à Jbeil, Hussein Zéaïter, ou celui de Zahlé, Anouar Jomaa, seraient battus. Un sunnite et le maronite de Baalbeck-Hermel, Emile Rahmé, rejoindraient le bloc.

INDEPENDANTS
Les dix-huit indépendants» qui seront élus seront divisés en trois catégories: les centristes, les pro 14-Mars et les proches du 8-Mars. Dans la première catégorie, on compte Myriam Skaff (Zahlé), Farid Haykal el-Khazen (Kesrouan), Michel Murr (Metn), Fouad Makhzoumi (Beyrouth), Nagib Mikati et deux de ses colistiers (Tripoli).
Dans la catégorie des pro 14-Mars, on compte Achraf Rifi et l’un de ses colistiers à Tripoli, Michel Pharaon (Beyrouth I), Boutros Harb (Liban-nord III). Dans ceux qui sont proches du 8-Mars, on peut placer Abdel Rahim Mrad (Békaa-ouest), Oussama Saad (Saïda-Jezzine), Nicolas Fattouche (Zahlé), Jihad al-Samad (Denniyé), Adnane Traboulsi (Ahbache, Beyrouth II) et les deux alaouites de Tripoli et du Akkar, élus grâce au vote préférentiel.
 
JAMAA ISLAMIYA
La branche libanaise des Frères musulmans n’a pu caser aucun de ses candidats avec le Courant du Futur. Isolée, elle s’est rabattue sur le Courant patriotique libre – qui, du coup, a oublié «l’invasion d’Achrafié» du 5 février 2006. Les deux formations se sont alliées à Saïda-Jezzine et au Akkar. Mais aucun candidat de la Jamaa ne parviendra à percer.

KATAEB
Le parti fondé par Pierre Gemayel sera l’un des grands perdants des élections. Il verra son bloc passer de 5 membres dans la chambre actuelle à 3 dans le Parlement 2018. Sami Gemayel au Metn, Nadim Gemayel à Achrafié et Elie Marouni à Zahlé.  

LISTES
77 listes ont été enregistrées au ministère de l’Intérieur à l’expiration du délai, lundi 26 mars. Beyrouth II occupe la tête du classement avec 9 listes et Tyr-Zahrani la queue du peloton avec 2 listes seulement. 7 listes s’affronteront à Zahlé et autant à Tripoli, 5 à Jbeil-Kesrouan, 5 à Baalbeck-Hermel.

MARADA
Avec trois députés seulement (2 à Zghorta et 1 au Koura), les Marada ne parviendraient pas à former un bloc parlementaire… Sauf si l’émir Talal Arslan décide de se joindre à eux.

NABIH BERRY
Le mouvement Amal du président du Parlement a de fortes chances de voir les 13 candidats chiites qu’il aligne tous élus. Le seul échec possible est candidat de la Békaa-ouest. Siègeront aussi au sein du bloc Berry, qui comptera 15 membres, le député grec-catholique de Zahrani, Michel Moussa, et le maronite de Jezzine, Ibrahim Azar.   

OSMOSE
44 députés, appartenant aux différentes composantes de ce qui était appelé le 8-Mars, seront en parfaite osmose au Parlement, sur pratiquement toutes les questions politiques stratégiques. Le 8-Mars contrôlera donc plus du tiers de l’Assemblée, mais aucune coalition ne sera en mesure de réunir les deux tiers des députés, qui constituent le quorum pour la première séance de l’élection présidentielle.  

PSNS
Le Parti syrien national social pourrait constituer une des surprises de ce scrutin, avec 4 députés élus, ce qui lui permettrait de constituer son propre bloc parlementaire. L'ancien ministre de la Défense Albert Mansour, candidat au siège grec-catholique à Baalbeck-Hermel, s’est engagé à siéger au sein du bloc du PSNS, bien qu’il ne soit  pas membre du Parti. Assaad Hardan devrait être élu sans difficulté à Marjeyoun. Ghassan Achkar, dans le Metn, part avec une avance confortable de 7500 voix (5000 voix du PSNS et 2500 voix chiites). Salim Saadé est à l’aise dans le Koura, fief historique du PSNS.

QUID DU PERCHOIR?
Le président Nabih Berry, qui dirige le Parlement depuis 26 ans, sera sans aucun doute réélu pour un nouveau mandat de quatre ans. Toutes les analyses sur la fin de carrière du renard de la politique libanaise ne valent pas l’encre avec laquelle elles ont été écrites.

RISQUES DE GUERRE
Il y a des bruits de bottes au Moyen-Orient, amplifiés par les changements effectués au sein de son admninistration par Donald Trump, qui s’est entouré de faucons et de va-t’en-guerre en les personnes de Mike Pompeo, nommé secrétaire d’Etat, John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale et Gina Haspel, à la tête de la CIA. Mais les experts pensent que rien ne devrait se produire avant le 6 mai… Les élections auront donc lieu normalement.

SAAD HARIRI
Il conservera le plus grand bloc parlementaire de l’Assemblée (24 membres), même s’il perd en volume. Selon Abdo Saad, le Courant du Futur remportera 7 sièges à Beyrouth II, 1 (parti Hanchag) à Beyrouth I, 1 au Chouf-Aley, I (Imad al-Khatib) au Liban-sud III, 1 à Saïda-Jezzine (Bahia Hariri), 3 dans la Békaa-ouest, 1 à Zahlé, 1 à Baalbeck-Hermel (Bakr al-Houjairy), 4 au Liban-nord II, 4 au Akkar.

TACHNAG
Autre surprise de taille de ce scrutin, le plus grand parti arménien, longtemps marginalisé, et dont la représentation parlementaire était accaparée par le Courant du futur, reviendrait en force au Parlement avec 5 sièges: trois à Beyrouth I, 1 au Metn et 1 à Zahlé.

 

URNES
Près de 160 urnes seront installées dans des ambassades et des consulats du Liban dans 40 pays pour le vote des Libanais de l’étranger. Près de 83 000 émigrés se sont inscrits dans les pays de la diaspora pour exercer leur droit de vote. Lors du prochain scrutin, en 2022, ils pourront élire 6 députés qui les représenteront, alors que pour les élections de 2018, ils votent pour des candidats représentant leurs circonscriptions d’origine au Liban même.         

VOTE PREFERENTIEL
Le vote préférentiel est l’un des enjeux de ce scrutin. Il provoquera des tensions entre alliés et pourrait même conduire à l’implosion des listes. Les grandes formations qui disposent de plusieurs partisans dans une même circonscription seront obligées soit de répartir leurs voix, soit de sacrifier certains candidats. Autre bizarrerie du vote préférentiel, des candidats qui auraient obtenu largement moins de voix que leurs adversaires dans d’autres listes pourraient quand même être élus. «C’est une invention terrible», avait dit Walid Joumblatt au sujet de la voix préférentielle.

WALID JOUMBLATT
Grâce à la réunification de Aley et du Chouf au sein d’une seule circonscription, le seigneur de Moukhtara tire son épingle du jeu. Son bloc sera composé de 10 membres: 7 au Chouf-Aley; 1 à Beyrouth; 1 à Baabda; 1 à Beyrouth II.

UN PARLEMNET MASCULIN
Le Parlement 2018, comme tous ceux qui l’ont précédé depuis la proclamation du Grand Liban, sera résolument masculin. Quatre femmes seulement seront élues sur 128 députés: Bahia Hariri, Sethrida Geagea, Myriam Skaff et Inaya Ezzeddine. Le Liban a décidément un long chemin à faire avant de voir les femmes jouer un rôle reconnu dans la vie politique.

ZUT
Au vu de tout ce qui précède, on réalise que le changement que tant de Libanais appelaient de leurs vœux ne sera pas au rendez-vous le 6 mai. Machiavélique, la classe politique a réussi à vider la loi électorale de son sens et à la retourner à son avantage pour se refaire une jeunesse. On prend les mêmes et on recommence…

Paul Khalifeh

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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