Bars à cocktails. Une tendance partie pour durer
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Nº 3092 du vendredi 3 août 2018

Bars à cocktails. Une tendance partie pour durer

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    Il y a six ans, le nombre de bars à cocktails explosait. Entretemps, mixologues et barmans libanais ont affiné leur savoir-faire et leur créativité. Old fashioned ou fancy, court ou long,...
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Il y a six ans, le nombre de bars à cocktails explosait. Entretemps, mixologues et barmans libanais ont affiné leur savoir-faire et leur créativité.

Old fashioned ou fancy, court ou long, servi dans de longues coupes ou dans un tumbler, le cocktail est une source de création incessante. Répandu à la fin du 18e siècle en Angleterre et aux Etats-Unis, il était, jusqu’aux années 70, surtout élaboré à base de gin, de whisky et de rhum. A partir des années 90, la vodka devient omniprésente. Au Liban, c’est le restaurant latino-américain Pacifico, ouvert en 1997 rue Monot par les entrepreneurs Camille Chawan et Michel Saidah, qui importe le premier la tendance. «A l’époque, c’était composé de tequila et de cachaça, puis ce fut le rhum et la vodka, maintenant c’est le gin tonic», se souvient Michel Saidah. Mais c’est surtout ces six dernières années que les barmans de la capitale se sont laissés séduire par la mixologie. Parmi la foule de bars à cocktails ouverts, des enseignes se démarquent, à l’instar de Centrale Station et Trainstation. Le bar à cocktails est même devenu un concept mobile. La compagnie Cïn cïn est la première à s’être lancée dans ce business largement tourné vers l’événementiel. La formule a fait boule de neige et d’autres s’y sont mis. Aujourd’hui, il est rare de trouver une soirée de mariage sans bar à cocktails sur la piste de danse. Le nombre de restaurants et de bars ayant investi dans un mixologue en dit long sur l’ampleur de cet engouement.

Spécificités
Chaque enseigne affiche sa spécificité. A Hamra, Salon Beyrouth se spécialise ainsi dans les cocktails un peu «oubliés», à base de whisky comme le Sazerac – comprenant du whisky, du cognac, du sucre et des aromatiques Peychaud –, le Old Fashioned ou encore le Vieux carré – fin alliage de bourbon, brandy et vermouth rouge relevé d’un trait de bénédictine. «Nous proposons des cocktails classiques qui ont parfois plus de 100 ans d’âge», explique la propriétaire, Raya Kazoun. La clé d’un mélange réussi? «Principalement le barman», assure-t-elle. «Bien sûr, les ingrédients doivent être de très bonne qualité et le cocktail doit être préparé de façon à ce que le mélange de liqueur et de bitters soient en harmonie». A Salon Beyrouth, le prix des cocktails oscille entre 10 et 15 dollars. «Notre clientèle féminine préfère généralement les cocktails floraux et aromatiques, les plus jeunes vont vers les fruités à base d’alcool blanc et les bières. Notre clientèle plus âgée aime savourer les single malt ainsi que des cocktails à base de champagne et les martinis», poursuit Raya Kazoun. De l’autre côté de la ville, à Gemmayzé, le Dragonfly, ouvert en 2004, fut longtemps un repère pour les amateurs de cocktails. L’endroit a récemment fermé et cédé la place à de nouveaux locataires. Le propriétaire, Nino Aramouni, entend maintenir la recette qui a fait le succès de ce bar très prisé par les expatriés anglo-saxons.
Dans un autre registre, le Tex-Mex Joe Peña’s, ouvert en 2009 à Gemmayzé puis délocalisé à Mar Mikhael, est réputé pour sa Margarita et son Gin Basil smash. Là encore, la fraîcheur des aliments est de mise. «On presse les citrons tous les jours, sinon ils perdraient de leur saveur», affirme Rami Massar. Derrière le comptoir, le barman compose ses breuvages selon la technique Schuman, le fameux patron de bar berlinois. Les tarifs varient eux entre 11 et 16 dollars la boisson. Toujours à Mar Mikhael, The Bohemian est connu pour son Gin Basil et son Moscow mule – le célèbre cocktail de vodka à la bière de gingembre, servi avec une lamelle de citron dans un mug de cuivre. Ici, il faut compter entre 20 et 25 dollars le cocktail. Barmans et mixologues libanais s’inspirent aussi largement de la culture locale. Trainstation propose ainsi une déclinaison de cocktails à base d’arak. «Certains endroits se sont focalisés sur des cocktails qui attirent les Libanais en y injectant des ingrédients d’ici, comme l’arak où la tomate, un fruit particulièrement savoureux au Liban», explique Adham Beainy, du Syndicat des propriétaires de restaurants, cafés et nightclubs. «Et quand ils font des cocktails internationaux, il sont parmi les meilleurs». Et de conclure: « Ils sont extrêmement créatifs, il y a beaucoup de très bons mixologues et barmans dans le pays. Compte tenu du potentiel, c’est une tendance qui n’est pas près de s’arrêter».

Philippine de Clermont-Tonnerre

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Éditorial
Gouvernement: ce que cachent les apparences

En apparence, les écueils qui retardent la formation du gouvernement sont de nature interne, liés aux demandes des uns et des autres concernant le nombre de ministres et la répartition des portefeuilles. Le président de la République, Michel Aoun, et le Courant patriotique libre (CPL) exigent au moins 11 ministres, ce qui leur permettra d’assurer le tiers de blocage au gouvernement. Il s’agit pour eux de restaurer, d’une manière contournée, une partie des prérogatives retirées au chef de l’Etat par l’accord de Taëf, notamment la compétence de dissolution du Parlement. Les Forces libanaises (FL) réclament, pour leur part, quatre ministres dans un Cabinet de 30 membres, dont un portefeuille régalien. Une demande que la formation de Samir Geagea juge raisonnable vu le bloc de 14 députés qu’elle a obtenu aux élections législatives. Walid Joumblatt exige que les trois ministères revenant aux druzes lui soient attribués, arguant du fait que 6 des 8 députés de cette communauté appartiennent à son bloc parlementaire. Le seigneur de Moukhtara veut, en fait, retrouver le rôle de balancier qu’il affectionne tant et qu’il a perdu à la Chambre. Saad Hariri, enfin, ne souhaite pas que l’un des sièges sunnites soit octroyé à une personnalité proche du 8-mars ayant, de surcroît, des ambitions de devenir Premier ministre.Cependant, la réalité est que les conditions posées par les différents acteurs cachent des enjeux bien plus importants que le nombre de ministres et la nature des portefeuilles attribués à tel ou tel parti. En effet, la formation de ce gouvernement intervient à un moment-clé de l’histoire de la région, marqué par la victoire de Bachar al-Assad et de ses alliés en Syrie, et par la décision de l’administration américaine d’essayer de mettre sur les rails l’«accord du siècle» pour un règlement du conflit israélo-palestinien, que d’autres appelleraient «la liquidation de la cause palestinienne». On comprend mieux, dès lors, que les puissances régionales et internationales se livrent à un bras de fer au Liban afin que leurs alliés respectifs conservent assez d’influence pour peser dans la balance lorsque viendra le moment des grandes décisions. La partie est cruciale, surtout pour les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, dont les amis au Liban ont perdu la majorité des deux tiers au Parlement. S’ils sont également mis en minorité au gouvernement, Washington et Riyad ne disposeront plus de leviers politiques assez efficaces pour influer sur le processus de prise de décision. Le Hezbollah et ses alliés auront alors les coudées franches pour exécuter leur agenda sur lesquels figurent des points allant de la normalisation des relations avec Damas, au renforcement des liens avec l’Iran, en passant par l’obstruction au plan de Donald Trump. Il ne faut plus s’étonner que la formation du gouvernement traîne autant. La surprise aurait été qu’il voit le jour rapidement.


 Paul Khalifeh
   

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Combien ça coûte les garderies
Avec 450 garderies en moyenne réparties dans tout le pays, on compte quelque 22 500 enfants qui les fréquentent chaque année. Quel budget faut-il prévoir pour y inscrire son enfant? Trouver…

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