Banques libanaises. La faillite est interdite
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Nº 3092 du vendredi 3 août 2018

Banques libanaises. La faillite est interdite

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Au moins quatre banques commerciales libanaises seraient en quête d’un ou de plusieurs acquéreurs. Cette nouvelle, qui circule en ville, n’est pas tout à fait récente. D’autres informations évoquent des restructurations à grande échelle à l’interne de grandes banques de la place.

Les autorités monétaires s’attèleraient loin des feux de la rampe à la recherche de solutions permettant un atterrissage en douceur du dossier de certaines banques en difficulté. D’ailleurs, ces autorités ont gagné la confiance des Libanais et des organisations internationales, en référence au dernier rapport en date du Fonds monétaire international (FMI) sur le secteur bancaire et la Banque du Liban (BDL). Ce rapport évoque «la solidité du secteur bancaire domestique» et «la politique sage de la Banque centrale», qui, à travers des ingénieries financières, a permis à l’autorité monétaire d’accumuler des réserves en devises étrangères de plus de 55 milliards de dollars, constituant la soupape de sécurité du système en place.
La Commission de contrôle des banques au Liban se montre patiente, elle jette du lest et prolonge les délais de grâce afin de permettre aux banques en difficulté de trouver des outils les habilitant à engranger des provisions face à leurs créances douteuses et irrécupérables. 
L’une de ces quatre banques en question figure parmi les établissements qui ont le moins de dépôts dans le cadre du classement des banques Alpha. Sachant que cette catégorie comprend les banques qui ont au moins deux milliards $ de dépôts. Les trois autres banques sont de petits établissements de crédit. 

Fusion Acquisition
Les milieux de la Banque du Liban sont confiants et rappellent que les autorités monétaires ne permettraient à aucune banque de faire faillite, car un éventuel effondrement aurait probablement un effet systémique dans un cadre financier comme celui qui prévaut au pays du Cèdre. La même source souligne que la politique de la BDL est claire et qu’elle est soutenue par une décision politique. La loi sur les fusions et les acquisitions des banques a été votée par le Parlement, reflétant une volonté ferme des officiels d’éviter à une quelconque banque de s’effondrer. Depuis l’ancrage de cette politique d’interdiction de faillite des banques libanaises, les dépôts bancaires ont progressé sensiblement, totalisant plus de trois fois et demi le volume du PIB.

 

| Les banques privilégient une expansion à l’externe plutôt que des opérations de fusions et d’acquisitions.
 


Dans tous les cas de figure, la BDL a assuré que ses interventions et propositions sont justifiées par des chiffres et des faits avérés sur le marché local. Le Liban traverse depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005, des circonstances délicates qui se sont accentuées lors de la guerre de 2006 et ensuite lors de la crise financière internationale en 2008-2009. De plus, nul ne peut ignorer la situation internationale, ses retombées sur la région et ses conséquences particulières sur le Liban, notamment à travers les sanctions internationales et les lois sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
  
Expansion externe
Interrogé par Magazine, les PDG de plusieurs grandes banques de la place de Beyrouth ont montré peu d’enthousiasme à l’idée d’acquérir une autre banque sur le marché local. Certains ont donné une réponse catégorique, affirmant que vu le cycle économique que traverse le Liban, ils privilégient «une expansion à l’externe». Dans ce même esprit, ceux d’entre eux qui ont déjà conclu dans le passé des transactions d’acquisition reconnaissent les difficultés auxquelles leurs établissements ont été confrontés en dépit des incitations financières accordées par la BDL pour ce genre d’opérations. «L’intégration de la banque absorbée par la banque absorbante n’est pas un processus facile. Ce processus dure près de trois années pour être finalisé et complique les affaires à l’interne. Si l’acquisition ou la fusion ne représentent pas une réelle opportunité de croissance à court terme, la banque absorbante n’a pas intérêt à franchir le pas pour le moment.»
D’autre part, une des plus grandes banques commerciales libanaises procède depuis un certain moment à une restructuration totale de ses départements, ce qui serait considéré par les experts comme «une démarche saine» afin d’accroître la productivité de son personnel et améliorer ses résultats financiers. Contrairement aux rumeurs qui courent dans le pays, la banque en question n’a pas eu recours au licenciement d’une partie de ses employés mais a procédé à leur redistribution entre ses différentes branches et filiales selon les besoins.    

Questions et inquiétude
Au cours de la troisième semaine du mois de juillet 2017, des allusions a une éventuelle cession d’une grande banque commerciale libanaise détenue en majorité par une famille politique se sont faites récurrentes. Un tour de table de quelques banquiers a montré que la rumeur n’était pas dénuée de fondement et que de véritables chances existent portant sur l’acquisition de celle-ci par une grande banque arabe. Ce qui serait plus sage, dans un contexte de perturbation financière et économique, croit savoir Deniz Igan du FMI, est de mettre en œuvre un premier mécanisme visant à réduire la probabilité de crises et à minimiser les coûts en cas de crise. Cela se traduit par un système bancaire plus résilient: moins de levier et de prise de risque, plus de capital et de liquidité. Ainsi les risques qu’une banque soit en difficulté sont plus minimes. Et s’il y a des problèmes, les banques peuvent absorber les pertes sans l’aide du gouvernement.
Le deuxième mécanisme est de rendre l’option de renflouement interne viable. Le problème est que les décideurs pourraient promettre de mettre en œuvre le renflouement interne d’une banque faisant face à des difficultés, mais en cas d’une crise aigue, ils seraient tentés de recourir à des fonds publics (bail-outs). Une démarche qui a pour répercussions directes d’affaiblir la discipline du marché, de conduire une grande prise de risque et d’occasionner des effets d’un danger moral.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Gouvernement: ce que cachent les apparences

En apparence, les écueils qui retardent la formation du gouvernement sont de nature interne, liés aux demandes des uns et des autres concernant le nombre de ministres et la répartition des portefeuilles. Le président de la République, Michel Aoun, et le Courant patriotique libre (CPL) exigent au moins 11 ministres, ce qui leur permettra d’assurer le tiers de blocage au gouvernement. Il s’agit pour eux de restaurer, d’une manière contournée, une partie des prérogatives retirées au chef de l’Etat par l’accord de Taëf, notamment la compétence de dissolution du Parlement. Les Forces libanaises (FL) réclament, pour leur part, quatre ministres dans un Cabinet de 30 membres, dont un portefeuille régalien. Une demande que la formation de Samir Geagea juge raisonnable vu le bloc de 14 députés qu’elle a obtenu aux élections législatives. Walid Joumblatt exige que les trois ministères revenant aux druzes lui soient attribués, arguant du fait que 6 des 8 députés de cette communauté appartiennent à son bloc parlementaire. Le seigneur de Moukhtara veut, en fait, retrouver le rôle de balancier qu’il affectionne tant et qu’il a perdu à la Chambre. Saad Hariri, enfin, ne souhaite pas que l’un des sièges sunnites soit octroyé à une personnalité proche du 8-mars ayant, de surcroît, des ambitions de devenir Premier ministre.Cependant, la réalité est que les conditions posées par les différents acteurs cachent des enjeux bien plus importants que le nombre de ministres et la nature des portefeuilles attribués à tel ou tel parti. En effet, la formation de ce gouvernement intervient à un moment-clé de l’histoire de la région, marqué par la victoire de Bachar al-Assad et de ses alliés en Syrie, et par la décision de l’administration américaine d’essayer de mettre sur les rails l’«accord du siècle» pour un règlement du conflit israélo-palestinien, que d’autres appelleraient «la liquidation de la cause palestinienne». On comprend mieux, dès lors, que les puissances régionales et internationales se livrent à un bras de fer au Liban afin que leurs alliés respectifs conservent assez d’influence pour peser dans la balance lorsque viendra le moment des grandes décisions. La partie est cruciale, surtout pour les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, dont les amis au Liban ont perdu la majorité des deux tiers au Parlement. S’ils sont également mis en minorité au gouvernement, Washington et Riyad ne disposeront plus de leviers politiques assez efficaces pour influer sur le processus de prise de décision. Le Hezbollah et ses alliés auront alors les coudées franches pour exécuter leur agenda sur lesquels figurent des points allant de la normalisation des relations avec Damas, au renforcement des liens avec l’Iran, en passant par l’obstruction au plan de Donald Trump. Il ne faut plus s’étonner que la formation du gouvernement traîne autant. La surprise aurait été qu’il voit le jour rapidement.


 Paul Khalifeh
   

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Avec 450 garderies en moyenne réparties dans tout le pays, on compte quelque 22 500 enfants qui les fréquentent chaque année. Quel budget faut-il prévoir pour y inscrire son enfant? Trouver…

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