Expatriés. Des produits bancaires sur mesures
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Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

Expatriés. Des produits bancaires sur mesures

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    Expatriés. Des produits bancaires sur mesures
    Les émigrés libanais éparpillés sur tous les continents représentent une cible intéressante pour les banques libanaises qui vont à leur rencontre. Il s’agit de 800 000 clients potentiels.   La diaspora libanaise dans...
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Les émigrés libanais éparpillés sur tous les continents représentent une cible intéressante pour les banques libanaises qui vont à leur rencontre. Il s’agit de 800 000 clients potentiels.
 

La diaspora libanaise dans le monde constitue un enjeu important pour le pays du Cèdre. La notion de «diaspora» est difficile à définir tant les situations sont variées: personnes de nationalité libanaise résidant de façon permanente à l’étranger, descendants de Libanais n’ayant plus la nationalité mais se sentant culturellement proches, émigrés passant une partie de l’année au Liban.
L’attention des banques libanaises se porte surtout sur les membres de la 3e vague migratoire déclenchée à partir de 1975 avec l’éclatement de la guerre civile. Ces derniers, ayant vécu une partie de leur vie au Liban, maintiennent des attaches avec la patrie et seraient récupérables sur le plan économique. Ces émigrés envoient non seulement des fonds, mais ils jouent aussi un rôle important dans les transferts de connaissances et les investissements directs ainsi que par le biais de leurs réseaux professionnels. D’ailleurs, nombre d’entre eux ont choisi d’établir à Beyrouth un bureau d’opérations de leur entreprise basée à l’étranger pour couvrir la région Mena et le sous-continent indien. Aussi faut-il insister que, d’un point de vue économique, le pays reste bicéphale avec un Liban de l’étranger (la diaspora) qui pèse plus que le Liban intérieur.

Destinations prisées
Les membres de la diaspora qui intéressent les banquiers libanais seraient environ au nombre de 800 000 personnes. La répartition de cette dernière vague diffère grandement des précédentes. Contrairement à la période précédente, les Libanais ne s’installent plus en Amérique latine, en raison d’une conjoncture économique devenue trouble. L’Amérique du Nord en revanche jouit d’une attractivité toujours élevée. Fait nouveau, le Canada représente désormais une destination plus prisée que les États-Unis. Un autre pays neuf constitue une destination majeure: l’Australie. L’émigration vers les pays arabes, principalement ceux du Golfe arabo-persique, représente la principale originalité de cette dernière période. Les autres horizons de la diaspora libanaise sont d’abord l’Europe occidentale et, à un degré moindre, orientale, et l’Afrique. La première, plus proche, accueille surtout des familles plus aisées, alors que l’Afrique et l’Amérique sont plus ouvertes socialement. L’émigration contemporaine est souvent liée à un âge de la vie, le temps d’amasser un pécule et de se marier. Il est vrai que toutes les destinations ne sont pas également accueillantes. Les retours depuis les pays arabes, dont l’accès à la nationalité est extrêmement fermé, et depuis l’Afrique sont comparativement bien plus nombreux que ceux des autres régions du monde. Deux facteurs entrent en ligne de compte. Le premier tient à la situation économique et politique des pays d’émigration et l’autre l’obtention d’une nouvelle nationalité.

Structures à l’étranger
Les banques commerciales libanaises ont compris, dès l’éclatement de la guerre en 75, qu’il est impératif qu’elles aillent elles-mêmes à la rencontre de leurs clientèles. Dans un premier temps, elles les ont suivies  dans leur déplacement à l’intérieur du Liban où elles s’étaient installées dans des régions davantage épargnées par les violences, pour ensuite les suivre dans leur nouveau pays de résidence provisoire ou d’émigration. Avec la fin de la guerre, la plupart des banques ont maintenu leurs structures à l’étranger et créé des produits adaptés aux Libanais d’outre-mer qui souhaitent avoir de nouveau pignon sur rue dans leur patrie d’origine. Ces produits sont composés d’avances bancaires, pour lesquels sont éligibles des candidats dont les conditions sont taillées à leur profil personnel, à celui de leurs investissements dans le cadre du droit libanais.
En 2017, La Banque du Liban (BDL) a créé un nouveau produit logement en dollar pour la diaspora, à un taux réduit de Libor 1 an + 1,23%, à condition que l’emprunteur possède une résidence à l’étranger (pour une période minimale de 5 ans) et les documents légaux y attenant (déclaration de taxes pour les 5 dernières années, contrat de location, copie des entrées-sorties sur le passeport, etc.).
Selon le rapport du 1er semestre 2018 de Bank Audi, l’activité d’octroi des crédits s’est légèrement contractée sans toutefois faire une distinction entre prêts octroyés à des résidents et prêts accordés à des non-résidents. Ce phénomène a été enregistré alors que les dépôts sont en train d’augmenter et que cette augmentation est majoritairement investie dans des placements liquides et des eurobons souverains. Ce recul d’octroi d’avances bancaires est également dû à la raréfaction d’opportunités d’octroi de crédits dans une économie en croissance lente. L’activité d’octroi de crédits a régressé de 128 millions $ au 1er semestre, quoique reprenant de l’élan au cours des mois de mai et juin 2018 dans le contexte de la croissance continue des dépôts, laissant le total crédit à peine en contraction depuis le début de l’année.

Combien sont-ils?
Les estimations les plus fantaisistes sur le nombre de la diaspora  libanaise circulent, l’une d’elles évoquant le chiffre de 17 millions d’individus, considéré comme peu fiable par les démographes – à comparer avec une population libanaise résidente d’environ 4,5 millions de personnes. Des estimations plus raisonnables font état d’environ 3 à 4 millions de Libanais à l’étranger. Parmi eux, nombreux sont ceux qui possèdent en même temps une autre, voire plusieurs autres nationalités.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

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