Chypre-Batroun en planche à voile. L’exploit de Jad Ghosn
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Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

Chypre-Batroun en planche à voile. L’exploit de Jad Ghosn

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    Chypre-Batroun en planche à voile. L’exploit de Jad Ghosn
    Jad Ghosn, grand sportif et amoureux de la mer, a fait le trajet Chypre-Batroun en planche à voile en 5h10’. Une prouesse. Selon nos ancêtres, et par temps clair, des collines...
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Jad Ghosn, grand sportif et amoureux de la mer, a fait le trajet Chypre-Batroun en planche à voile en 5h10’. Une prouesse.

Selon nos ancêtres, et par temps clair, des collines de Batroun, ma ville natale, l’on peut voir l’île de Chypre. Personnellement, je ne l’ai jamais vue, mais j’ai toujours rêvé de faire ce voyage moi-même», a déclaré le planchiste Jad Ghosn qui a ajouté: «Il a fallu vingt-quatre ans de planche à voile, une équipe formidable qui a tout organisé, un bon marin et beaucoup de vent pour rendre ce rêve possible».
«Il y a trois ans, le Festival International de Batroun m’a contacté ainsi que d’autres véliplanchistes dans l’espoir de faire quelque chose de différent pour mettre la lumière sur les sports nautiques à Batroun», a-t-il poursuivi.
Le défi était de taille: parcourir la distance entre Chypre et Batroun estimée à 170 kilomètres sur une planche à voile. Mais vu les dépenses exorbitantes pour une équipe de planchistes, on a alors décidé de réduire le nombre des participants à la traversée à une seule personne: Jad Ghosn.
«Après des mois de préparation, de montage d’une équipe spécialisée de soutien, dont un bateau d’escorte, on a décidé de réaliser notre rêve», précise le jeune homme.
«Le 19 juillet 2018, le défi était lancé. L’équipage du bateau est allé à Chypre où je me suis rendu par avion avec plusieurs membres de l’équipe le même jour. Le lendemain, les conditions étaient parfaites, mais nous n’avions pas les documents nécessaires pour quitter l’île, alors nous avons tout mis en place, le point de départ, le plan de sauvetage au cas où je suis en difficulté», a ajouté le planchiste.
«Le surlendemain, il n’y avait pas de vent, nous avons quand même pris le départ, mais à la vitesse que je parcourais, il me resterait 33 heures encore en mer, alors on a décidé d’interrompre la traversée en attendant de meilleures conditions et nous sommes rentrés à Cap Greco, notre site de départ à Chypre», a précisé Ghosn.
«Le dimanche 22 juillet, le défi était à nouveau lancé! Nous sommes partis à 11h30 avec un vent léger. Après 18 km, plus de vent et malheureusement je ne bougeais plus du tout. Sur la carte géographique, un vent était notable à 30 km. Ainsi, nous avons donc passé cette distance sur le bateau d’escorte avant de reprendre la traversée. Au site prévu, nous avons immédiatement été confrontés à de forts vents. À partir de là, tout s’est passé rapidement», Ghosn de poursuivre.

Des poissons volants
«A une vitesse de 50 km/heure, j’ai décidé de ne plus m’arrêter avant d’atteindre Batroun. Le trajet complet de Chypre jusqu’au Liban a pris 5 heures et 10 minutes, entretenu par 5 litres de boissons énergisantes et une barre énergétique. Des poissons volants m’ont également accompagné tout au long du trajet et j’ai même eu la chance de voir une baleine, ce qui m’a permis d’oublier les douleurs au dos et les crampes», a expliqué le champion.
Et de poursuivre: «Au large de Batroun, à «Bahsa Bay», m’attendaient mes amis sur des planches à voile et des pagaies pour m’accueillir. Une foule nombreuse de passionnés de sports nautiques se trouvait sur la petite plage de Batroun et tout le monde applaudissait. Des feux d’artifice étaient déclenchés et la foule saluait formidablement mon arrivée. Etait également présent le ministre sortant des Affaires étrangères Gebran Bassil, qui a salué ma traversée et mon courage.»
«Je suis tellement fier que tout Batroun ait vraiment partagé et célébré ce succès, affirme Jad Ghosn. Pour moi, c’était un défi personnel de faire quelque chose que personne n’avait jamais tenté auparavant. Je l’ai fait pour le plaisir, mais d’autres tentent des traversées largement plus dangereuses. Je pense aux réfugiés qui parcourent de plus longues distances sur des canots gonflables. Je veux dédier ce succès à tous les réfugiés qui sont morts en mer en luttant pour une vie meilleure et à tous ceux qui ont réussi.» Des boucliers commémoratifs ont été décernés à Bassil, el-Herek, Ghosn et à toute l’équipe qui a contribué au succès de l’évènement.

Mohamed Fawaz
 

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Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

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