La Silicon Valley libanaise. Beirut digital district va doubler en 2020
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Nº 3095 du vendredi 2 novembre 2018

La Silicon Valley libanaise. Beirut digital district va doubler en 2020

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    La Silicon Valley libanaise. Beirut digital district va doubler en 2020
      Alors que l’économie réelle est en berne, le secteur numérique continue de croître. BDD emploie 1 500 personnes et héberge une centaine de start-up. Et ça continue…   Stéphanie Abi Abdallah, directrice de...
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Alors que l’économie réelle est en berne, le secteur numérique continue de croître. BDD emploie 1 500 personnes et héberge une centaine de start-up. Et ça continue…
 

Stéphanie Abi Abdallah, directrice de programmes au Beirut Digital District, rappelle que le BDD, fondé il y a six ans, est un projet de hub technologique pour les industries numériques et créatives qui leur offre un environnement à la mesure de leurs besoins en infrastructures de pointe. Pas de coupures de courant comme c’est la norme au Liban, et Internet est d’une meilleure qualité. «Nous venons de terminer la phase A avec 10 immeubles de 17500 m2 d’espaces exploitables avec une centaine de compagnies et 1500 membres, affirme la jeune femme. 60% de notre communauté est constituée de start-up. Nous hébergeons 4 accélérateurs et 75 start-up en sortent tous les ans avec des diplômés. Nous organisons en permanence des évènements avec les mentors (partenariat avec Mix & Mentor, Endeavor…) qui parrainent 100 à 150 start-up par an. En guise de success stories nous pouvons citer Anghami ou Diwanee.»

Vaste chantier
La BDD est un programme étalé sur 15 ans et la phase 2, qui consiste à doubler l’espace en 2020 avec la construction de deux tours nouvelles, a déjà commencé. «De plus en plus de Libanais font le pari de l’industrie numérique, explique Stéphanie Abi Abdallah. Le BDD, installé dans le quartier populaire de Bachoura, se veut un espace attrayant technologiquement, il ne remplacera pas le centre-ville davantage axé sur les entreprises bien établies. Déjà, on peut remarquer en roulant vers le downtown les immeubles modernes du BDD, qui contrastent avec les bâtisses délabrées qui les entourent. C’est un espace en pleine transformation, en pleine construction avec des grues. Tout le quartier ne va pas tarder à se développer.»

Facebook et TechCrunch
Le BDD rassemble des entreprises dans un même espace technologique et design et leur propose des facilités dans différents domaines (salles de réunion bien équipées, salles de gym, cafeterias, restaurants, internet) en plein milieu du tissu urbain de la ville. Des espaces verts y sont également entretenus et l’infrastructure est pensée en terme d’économie de l’énergie.
L’écosystème bâti dans l’espace de la BDD attire l’attention des plus grandes entreprises du monde, comme Facebook et TechCrunch, qui parrainent des évènements telles des compétitions entre les meilleures start-ups de la région MENA (Techcrunch start-up battlefield). «Ceci est encourageant, c’est la consécration de cinq années de travail, poursuit Stéphanie Abi Abdallah. Les start-up qui ont participé à la compétition profitent désormais d’une exposition médiatique internationale. Elles pourront donc également bénéficier d’investissements sur une autre échelle. La World Bank a qualifié le BDD d’espace technologique de développement avancé. Cela va encourager la matière grise libanaise à rester au Liban pour y investir, malgré les conjonctures économiques moroses».

Ecosystème «intéressant»
En leur créant un espace où se concentrent beaucoup de talents qualifiés, un espace où ils peuvent se connecter et échanger leurs idées, les talents seront moins tentés d’aller s’installer ailleurs. Pour inverser la fuite des cerveaux, la BDL a lancé en 2013, la circulaire 331 pour débloquer 400 millions de dollars de prêts subventionnés pour les banques commerciales qui financeraient les start-up (en cas de faillite de la start-up, les investisseurs ne perdraient que 75% de leur investissement). La start-up BuildInk a remporté la compétiotion cette année et va représenter le Liban à la battlefield de San Francisco en 2019.
Abondant dans le même sens, Ziad Traboulsi, engeneering manager à Facebook-Moyen-Orient estime que «le BDD facilite grandement l’organisation d’évènements comme celui d’une compétition entre les meilleures start-up de la région.» «En Afrique, par exemple, les start-up s’ingénient à pallier le problème de l’énergie, pour connecter les régions sans électricité au courant de batteries TESLA, ajoute-t-il. Au Liban, elles essayent sans cesse de pallier une infrastructure défaillante. C’est un environnement propice à l’émergence de start-up qui réussissent come Anghami. 300 entreprises ont postulé pour participer à la compétition de la meilleure start-up, 15 ont été retenues et une va gagner le prix de 25 000 dollars et participer au TechCrunch de Californie. Si peu de start-up survivent, c’est par manque d’expérience. Il faut avoir le souffle long. Ce n’est qu’après l’échec de deux, trois ou quatre start-up qu’un investisseur pourrait goûter au succès. Il est très rare de réussir dès la première expérience.»
Facebook pousse les start-up à utiliser ses produits de développement. Avoir une page commerciale sur Instagram ou Facebook est un outil qui accélère le développement. «Je rencontre tous les jours des start-up intéressantes et je les guide dans l’utilisation des produits non payants et payants de Facebook. D’ailleurs, le «developper circle» de Facebook à Beyrouth rassemble 1400 membres. Il est très actif et contribue grandement à la culture du numérique», conclut M. Traboulsi.

Micheline Abukhater

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Éditorial
Le réflexe de Samson

La guerre menée par les Etats-Unis et ses alliés contre le Hezbollah est entrée dans une nouvelle phase. C’est l’impression qu’ont eue des diplomates européens et des hommes politiques libanais après avoir rencontré des responsables américains ces dernières semaines. Washington durcit progressivement les sanctions contre le Hezbollah dans le but de «l’affamer». Le président Donald Trump a signé, jeudi 25 octobre, un projet de loi élargissant la liste des personnes pouvant être sanctionnées pour avoir fait affaire avec le parti chiite. «Nous allons cibler, déstabiliser et démanteler leurs réseaux opérationnels et financiers, qui étaient nombreux, et qui le sont beaucoup moins maintenant», a-t-il déclaré. Quelques jours plus tôt, le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, avait désigné le Hezbollah comme étant une «organisation transnationale criminelle contre laquelle les Etats-Unis vont mener des enquêtes approfondies et engager des poursuites». «Une équipe spéciale de procureurs expérimentés dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme, le crime organisé et le blanchiment d’argent va enquêter sur des individus et réseaux soutenant le Hezbollah», a affirmé Jeff Sessions. Le durcissement des sanctions américaines n’est pas une surprise. Dans une interview publiée par le quotidien israélien The Jerusalem Post à la mi-août, un ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, avait reconnu qu’il n’était plus possible de vaincre militairement le Hezbollah mais qu’il fallait imposer des sanctions au Liban pour en venir à bout. Cette nouvelle stratégie mise au point entre Washington et ses proches alliés n’a pas échappé au commandement du parti, qui les prend très au sérieux. «Le Hezbollah fait l’objet de pressions, a déclaré Sayyed Hassan Nasrallah dans un de ses discours de Achoura. C’est plutôt une menace psychologique qu’une véritable menace. Ceux qui conspirent contre notre région, comme Israël, les Etats-Unis et leurs alliés, ne reconnaîtront pas notre victoire. Ils ont échoué dans la guerre militaire contre nous, alors ils essaient de nous frapper de l’intérieur».   Le Hezbollah pense que le véritable objectif des mesures américaines est de l’isoler sur le plan interne en le coupant de sa base populaire et de ses soutiens au sein des autres communautés. C’est ce qui expliquerait le fait que les sanctions pourraient être progressivement élargies pour englober des noms et des entités qui ne sont pas forcément liés au parti mais qui appartiennent à des alliés de différentes communautés. Des sources informées affirment, qu’à terme, entre 300 et 1 000 noms seraient inscrits sur les listes américaines. Si elle est prise, une telle mesure risquerait d’avoir de sérieuses répercussions sur l’économie. C’est cela qui a inquiété les diplomates européens et les hommes politiques libanais, qui ont senti que Washington ne se souciait plus de la stabilité du Liban et avait développé un réflexe de Samson, qui a détruit le temple sur sa tête et sur celles de ses ennemis philistins. Le Hezbollah ne reste pas les bras croisés face à ce changement de tactique. Il a lui aussi entamé une nouvelle étape de son parcours politique. La première étape, en 1992, a été son entrée sur la scène politique libanaise avec sa participation aux élections législatives. La deuxième, en 2005, a marqué sa participation au pouvoir exécutif, avec, pour la première fois, des ministres nommés au gouvernement. En 2018, le Hezbollah entame la troisième étape: la conquête de l’administration publique.


 Paul Khalifeh
   

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