Z100. Montrer le monde tel qu’il est

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Nº 3097 du vendredi 4 janvier 2019

Z100. Montrer le monde tel qu’il est

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    Z100. Montrer le monde tel qu’il est
    Deux jeunes tchèques, Tomáš Vanourek et  Lukáš Socha, ont entrepris un voyage itinérant à travers une trentaine de pays. Sur les traces du duo d’explorateurs tchèques Jirí Hanzelka et Miroslav Zikmund 60 ans...
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Deux jeunes tchèques, Tomáš Vanourek et  Lukáš Socha, ont entrepris un voyage itinérant à travers une trentaine de pays. Sur les traces du duo d’explorateurs tchèques Jirí Hanzelka et Miroslav Zikmund 60 ans avant eux, ces deux amis d’enfance ont réalisé leur rêve et le partagent en temps réel sur les réseaux sociaux. De passage au Liban qu’ils ont sillonné pendant une semaine, Magazine les a rencontrés.
 

Ce jour-là, dans l’enceinte de l’ambassade de la République Tchèque à Baabda, Tomáš Vanourek et  Lukáš Socha nous reçoivent très simplement autour d’une tasse de café. Les deux jeunes hommes aux airs d’Indiana Jones des temps modernes se connaissent depuis l’enfance. «Nous avons passé toute notre vie ensemble … en fait on ne se rappelle même pas la première fois que nous nous sommes rencontrés car ce devait être au berceau!», lance Tomáš d’un ton amusé. Passionnés de voyage et ayant chacun vécu dans différentes parties du monde au gré de leurs études,  ces deux ingénieurs de formation ont souhaité mettre en commun leurs expériences et découvrir ensemble des endroits du globe encore inexplorés. «Nous voulions faire quelque chose de différent, pas seulement partir un mois en voyage puis revenir. Personne depuis soixante ans n’avait entrepris un tel voyage comme celui d’Hanzelka et Zikmund, il fallait donc essayer».
C’est ainsi que leur projet prend forme de partir sur les traces des deux explorateurs ayant sillonné 114 pays entre 1959 et 1964. Ces deux aventuriers ramenèrent des films, des photographies et des récits de voyages qui firent rêver les habitants de la Tchécoslovaquie de l’époque, isolés dans un bloc de l’Est complètement hermétique au reste du monde.  Avec la bénédiction de Miroslav Zikmund (aujourd’hui âgé de 99 ans), Tomáš et  Lukáš partent sacs au dos avec certes la même idée en tête, mais dans un contexte mondial pour le moins différent.
 
Reconnecter avec le monde
Au fil des échanges, une question émerge. Ce projet, si courageux soit-il,  n’est-il pas moins aventureux par rapport à celui entrepris il y a 60 ans par Zikmund et Hanzelka, dans un tout autre contexte mondial (lendemain de la Seconde guerre mondiale, Guerre froide, expansionnisme soviétique…) et sans les nouvelles technologies d’aujourd’hui? Pour les deux compères, si la mobilité des citoyens est aujourd’hui plus facile et les technologies plus avancées, l’authenticité du contact humain se raréfie, voire se perd totalement. «Aujourd’hui, tout semble plus facile aux yeux des gens. Tout le monde est joignable partout 24h/24, en une heure on peut être loin de chez soi ou en une minute partout grâce à cette boîte magique qui nous emmène où on veut (Lukáš  désigne son Iphone). Ce que nous essayons de faire, c’est retrouver le vrai contact, ce vrai ressenti quand on rencontre quelqu’un ou quand on débarque dans un pays. Avec les nouvelles technologies, on a l’impression que le monde est à portée de main mais en réalité elles rendent les gens très distants les uns des autres et je pense que le contact véritable est nécessaire», constate-t-il. Pour Tomáš, il est important de montrer le monde tel qu’il est, au-delà des clichés que certains peuvent avoir en tête. «Notre mission, c’est de montrer le monde dans son ensemble aux citoyens de la
République Tchèque et je pense que le meilleur exemple reste le Liban. Beaucoup de personnes dans notre pays, lorsqu’ils pensent au Liban n’y voient que les guerres, les ruines et une région dangereuse. Pourtant, le Liban et les autres pays de la région sont les meilleurs et les plus étonnants que nous ayons visités jusqu’à maintenant. Nous nous y sommes sentis très en sécurité». Le jeune homme pointe aussi la responsabilité des médias de masse qui diffusent en boucle des informations à caractère anxiogène. «Ils montrent trop souvent ce qui ne va pas et pas ce qui va très bien, en particulier dans les pays arabes ou musulmans. En République tchèque, tout le monde pense que le Liban est dangereux. Même nous, pour être honnêtes, nous le pensions au début mais nous avons été très agréablement surpris en arrivant ici».  Ce qu’ils retiennent du Liban? Un pays cosmopolite, surprenant par ses contrastes aussi bien sociétaux que géographiques. «Ici, on peut voir des femmes voilées côtoyer d’autres au style très européen et il n’y a pas de problème. Les chrétiens et les musulmans vivent côte à côte (…) et en une journée on peut aller à la montagne et redescendre à la plage!». 
Au bout de huit mois de voyage, les deux aventuriers ne sont pas au bout de leurs surprises. Après la Russie, l’Inde, le Japon, la Birmanie, Israël, l’Indonésie ou l’Autriche, ils rentreront en République Tchèque et y organiseront entre autres, une exposition de photos à Pilsen, le 14 février 2019. Tomáš et  Lukáš espèrent célébrer ce jour-là les 100 ans de Miroslav Zikmund et lui offrir pour l’occasion 100 clichés pris tout au long de leur voyage.

Marguerite Silve

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Éditorial
En retard… comme toujours

Le retrait américain de Syrie et le début de la normalisation des relations avec un régime que la moitié de la planète voulait voir disparaitre marquent la naissance d’un nouveau Moyen-Orient, bien différent de celui qu’annonçait Condoleezza Rice en 2006. Au Levant, la Russie est une puissance de premier plan et l’Iran un acteur incontournable. Sans se soucier d’expliquer à leur opinion publique les raisons de leur brusque revirement, des Etats arabes qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars pour faire tomber le régime du président Bachar al-Assad se bousculent aux portes de Damas pour rouvrir leurs ambassades. Les Emirats arabes unis seront suivis, dans les semaines à venir, par d’autres pays arabes et européens. L’heure est au pragmatisme. Le retournement des pires ennemis de la Syrie s’explique par le souci de ne pas laisser le terrain libre à la Turquie et à l’Iran. Mais ce retour est celui des vaincus, même s’ils espèrent engranger quelques dividendes politiques en participant à la reconstruction du pays. Il est cependant peu probable qu’ils obtiennent en contrepartie des milliards qu’ils feront miroiter ce qu’ils n’ont pas réussi à arracher par la force des armes. Le retour des Arabes à Damas permettra tout au plus au régime syrien d’élargir ses marges de manœuvres vis-à-vis de ses alliés. Mais il ne les lâchera jamais, et ceux qui ne l’ont pas encore compris se fourvoient.Dans ces changements dramatiques qui s’accélèrent, le Liban est, une nouvelle fois, à la traîne. Pourtant, il est le mieux placé pour cueillir les fruits de l’après-guerre. Le consensus politique interne nécessaire pour entamer une normalisation avec Damas fait défaut et l’absence d’un tel accord freine toute initiative. Au lieu de miser sur sa position privilégiée, aussi bien sur les plans politique que géographique, pour jouer le rôle d’intermédiaire entre la Syrie et les pays arabes, il se mure dans un attentisme stérile. Beyrouth finira par normaliser ses relations avec Damas lorsque tous les Arabes l’auront fait. Il arrivera alors en retard et n’obtiendra que les miettes d’un immense marché estimé à des centaines de milliards de dollars.L’attitude d’une partie de la classe politique est incompréhensible. Au lieu de faire primer l’intérêt national, certains adoptent des postures idéologiques d’un autre âge, au risque de laisser échapper une occasion que le monde des affaires attend avec impatience. Les banques libanaises sont les seuls établissements bancaires étrangers présents en Syrie; le savoir-faire libanais est très apprécié et recherché au pays des Omeyyades; les relations des Libanais avec le monde entier sont demandées; les ports du Liban peuvent jouer le rôle de hub pour un marché syro-irakien de 60 millions de personnes, sans compter la Jordanie et les pays du Golfe. Sur un plan politique, le retour des réfugiés syriens sera plus facile et plus rapide s’il est organisé, sans complexes, avec les autorités syriennes.Il n’est pas nécessaire d’être un génie de la politique ou un grand stratège pour comprendre ces vérités de la Palice. Il faut juste être libre d’esprit et réellement indépendant.


 Paul Khalifeh
   

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