Congrès International de l’UNIAPAC. Combiner profit et foi

Suzuki

ad popup


Logo

Nº 3097 du vendredi 4 janvier 2019

Congrès International de l’UNIAPAC. Combiner profit et foi

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Congrès International de l’UNIAPAC. Combiner profit et foi
    Ils sont venus en grand nombre aux XVIIèmes assises du Congrès international de l’Union internationale des Associations de Patrons chrétiens (UNIAPAC) qui s’est tenu à Lisbonne. Le Liban y a...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Ils sont venus en grand nombre aux XVIIèmes assises du Congrès international de l’Union internationale des Associations de Patrons chrétiens (UNIAPAC) qui s’est tenu à Lisbonne. Le Liban y a participé activement.

Le thème de la conférence de l’UNIAPAC, Les affaires comme une noble vocation, présentait de multiples problématiques pour des échanges d’expériences professionnelles vécues entre patrons chrétiens à la lumière de leurs efforts pour mettre en pratique l’enseignement social de l’Eglise en puisant leur force dans la Foi.
519 entrepreneurs et membres d’organisations catholiques en provenance de 36 pays ont pris part aux assises. 32 d’entre eux ont pris la parole en public pour témoigner de leur expérience dans leurs pays respectifs, réussissant à déclencher des interactions avec l’auditoire.
Les intervenants ont mis l’accent sur la possible combinaison entre faire des affaires, c’est-à-dire diriger son entreprise de manière à dégager des bénéfices et des profits, et vivre pleinement les valeurs chrétiennes. Cette possibilité devient réelle lorsque l’être humain est mis au centre de l’entreprise et de sa finalité.
Rolando Medeiros, président de l’UNIAPAC international a déclaré: «L’UNIAPAC vise à être une source d’inspiration et de support aux patrons souhaitant entamer un nouveau  parcours dans le cadre duquel ils auront une vue plus large de leur rôle au sein de la société et transcenderont les échéances de profits à court terme. Ainsi ils deviendront les architectes d’un bien commun et les promoteurs d’un nouvel humanisme dans leurs lieux de travail.»
Quant à Jean-Pierre Tavares, président d’ACEGE (Portugal), il a considéré que «si les patrons agissent en donnant un vrai sens de mission à leurs activités d’entreprise tout en étant convaincus que les affaires sont une noble vocation, ils seront capables de changer en mieux la société et d’inspirer les générations montantes pour agir de même».

Le Liban, une mission
«L’association Entrepreneurs et dirigeants chrétiens-Liban (EDC-Liban) est une initiative principalement communautaire», a pour sa part déclaré à Magazine Joe Hatem, président d’EDC-Liban. «Seul on va vite, ensemble on va plus loin», a-t-il dit avant d’ajouter, en insistant sur la dimension communautaire de l’EDC: «Tu n’as pas à demander ce que peut faire la communauté pour toi, mais demander ce que tu peux faire toi pour ta communauté». «L’EDC prépare l’avenir dans la fidélité du message du Christ qui est un appel de la foi à la fraternité au-delà des différences pour une culture du vivre ensemble», a-t-il souligné. Reprenant les paroles de l’un des panélistes, il a affirmé que l’homme travaillera 8 heures par jour pour une bonne rémunération; il travaillera 12 heures pour un bon patron, 24 heures pour une bonne cause.

Joe Hatem a saisi cette occasion pour faire la lumière sur le rôle de «pays message» qui a été imparti au Liban par le pape Jean-Paul II. Le président d’EDC-Liban a rappelé au monde, surtout au monde économique représenté dans la salle, que «le Liban dans toutes ses composantes culturelles et religieuses, dont la composante chrétienne, continue d’avoir un rôle à jouer dans ce Proche-Orient meurtri».
«Après une guerre fratricide de plus de quinze ans, les Libanais ont décidé de vivre-ensemble, chrétiens et musulmans. Dans chaque chrétien il y a un musulman et dans chaque musulman il y a un chrétien», a-t-il dit, rappelant par la même occasion que «les entrepreneurs chrétiens du Liban, bien que devenus minoritaires et capables de s’expatrier aisément, sont résilients et continuent d’œuvrer au sein de leurs entreprises respectives pour le bien-être d’une société multiconfessionnelle». M. Hatem a fait valoir que la présence chrétienne au Proche-Orient continue d’inspirer le respect d’autres religions et sert d’exemple pour une ouverture vers des cultures universelles.Aussi faut-il rappeler à ce niveau que l’UNIAPAC a une position fortement inspirée par les paroles de Jean-Paul II: «Du point de vue de la foi et de la charité, aller vers l’autre ne se limite pas à lui communiquer ce que nous avons compris du Seigneur, mais c’est aussi recevoir le bien qu'il lui a été donné à découvrir».

Au service de l’Homme
Lors de la séance inaugurale, Mgr Bruno-Marie Duffé a introduit la 5ème édition du livre intitulé La vocation du dirigeant d’entreprise: Une réflexion. Il a notamment abordé les obstacles au service du bien commun qui existent au sein des activités des entreprises, prenant plusieurs formes comme la corruption, l’absence de règles de droit, les tendances à la cupidité, une mauvaise gestion des ressources, la division la plus importante pour un dirigeant d’entreprise étant «la division intérieure». C’est que la séparation entre la foi et les activités quotidiennes peut entrainer des déséquilibres et évoluer vers le culte de la réussite matérielle.     

 

Les objectifs de l’EDC
L’association Les entrepreneurs et dirigeants chrétiens du Liban (EDC) a pour objet de réunir tous les entrepreneurs, responsables et dirigeants chrétiens du Liban, en collaboration avec les associations des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens des autres pays du monde autour des points suivants:
- Harmoniser leur foi et leurs croyances avec leur activité.
- Contribuer à définir et répandre le «Liban Mission» ouvert à tous dans un esprit démocratique, et comme un exemple à suivre dans sa capacité de faire cohabiter et dialoguer les cultures et les religions au sein d’un creuset national dépassant les différences religieuses et politiques.
- Contribuer à définir une vision économique et sociale au service de l’homme, se basant sur les libertés, l’égalité des citoyens dans l’exercice de leurs droits et devoirs, la liberté d’entreprendre et le renforcement des valeurs de responsabilité et de transparence.
- Encourager les actions, les recherches et les initiatives visant à répandre cette culture humaine dans leurs activités et leurs professions ainsi que parmi les jeunes en quête d’intégration sociale et professionnelle, et dans les divers milieux socioéconomiques.
- Développer les notions de citoyenneté et de solidarité, en préparation de la prise de contrôle par les jeunes de leur destin, et comme un moyen privilégié de renforcer leur foi en leur avenir.

Liliane Mokbel (A Lisbonne)

 

 

RECTIFICATIF
Dans la version papier de cet article consacré au Congrès International de l’UNIAPAC à Lisbonne, une coquille s’est glissée malencontreusement concernant l’acronyme des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens -Liban. Il fallait écrire EDC - Liban et non  UDC- Liban comme publié. Le nom de Jean-Pierre Tavares, président d’ACEGE (Portugal), a été omis. Nous vous prions de nous excuser pour cette erreur.

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
En retard… comme toujours

Le retrait américain de Syrie et le début de la normalisation des relations avec un régime que la moitié de la planète voulait voir disparaitre marquent la naissance d’un nouveau Moyen-Orient, bien différent de celui qu’annonçait Condoleezza Rice en 2006. Au Levant, la Russie est une puissance de premier plan et l’Iran un acteur incontournable. Sans se soucier d’expliquer à leur opinion publique les raisons de leur brusque revirement, des Etats arabes qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars pour faire tomber le régime du président Bachar al-Assad se bousculent aux portes de Damas pour rouvrir leurs ambassades. Les Emirats arabes unis seront suivis, dans les semaines à venir, par d’autres pays arabes et européens. L’heure est au pragmatisme. Le retournement des pires ennemis de la Syrie s’explique par le souci de ne pas laisser le terrain libre à la Turquie et à l’Iran. Mais ce retour est celui des vaincus, même s’ils espèrent engranger quelques dividendes politiques en participant à la reconstruction du pays. Il est cependant peu probable qu’ils obtiennent en contrepartie des milliards qu’ils feront miroiter ce qu’ils n’ont pas réussi à arracher par la force des armes. Le retour des Arabes à Damas permettra tout au plus au régime syrien d’élargir ses marges de manœuvres vis-à-vis de ses alliés. Mais il ne les lâchera jamais, et ceux qui ne l’ont pas encore compris se fourvoient.Dans ces changements dramatiques qui s’accélèrent, le Liban est, une nouvelle fois, à la traîne. Pourtant, il est le mieux placé pour cueillir les fruits de l’après-guerre. Le consensus politique interne nécessaire pour entamer une normalisation avec Damas fait défaut et l’absence d’un tel accord freine toute initiative. Au lieu de miser sur sa position privilégiée, aussi bien sur les plans politique que géographique, pour jouer le rôle d’intermédiaire entre la Syrie et les pays arabes, il se mure dans un attentisme stérile. Beyrouth finira par normaliser ses relations avec Damas lorsque tous les Arabes l’auront fait. Il arrivera alors en retard et n’obtiendra que les miettes d’un immense marché estimé à des centaines de milliards de dollars.L’attitude d’une partie de la classe politique est incompréhensible. Au lieu de faire primer l’intérêt national, certains adoptent des postures idéologiques d’un autre âge, au risque de laisser échapper une occasion que le monde des affaires attend avec impatience. Les banques libanaises sont les seuls établissements bancaires étrangers présents en Syrie; le savoir-faire libanais est très apprécié et recherché au pays des Omeyyades; les relations des Libanais avec le monde entier sont demandées; les ports du Liban peuvent jouer le rôle de hub pour un marché syro-irakien de 60 millions de personnes, sans compter la Jordanie et les pays du Golfe. Sur un plan politique, le retour des réfugiés syriens sera plus facile et plus rapide s’il est organisé, sans complexes, avec les autorités syriennes.Il n’est pas nécessaire d’être un génie de la politique ou un grand stratège pour comprendre ces vérités de la Palice. Il faut juste être libre d’esprit et réellement indépendant.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Combien ça coûte: un enterrement chrétien ou musulman
La cherté de la vie. Un sujet qui est au centre de tous les débats ces dernières années. Or, aujourd’hui, ce qui vient prendre le dessus, c’est la cherté de…

Santé

Infection à papillomavirus humain. Faut-il vacciner ou pas?
Depuis plusieurs années, le vaccin contre l’infection à papillomavirus humain (HPV) est conseillé aux jeunes filles comme aux jeunes garçons,…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved